Un an après l’Eaton Fire, qui a frappé le nord-est de Los Angeles, le Lycée International de Los Angeles (LILA) a retrouvé un fonctionnement normal. Mais l’épreuve a profondément transformé sa communauté. Pour Lepetitjournal.com, Leslie Galerne, directrice des inscriptions et du marketing au LILA, revient sur la mobilisation exceptionnelle des familles, l’impact de l’incendie et le renforcement des liens entre les différents campus.


« En janvier 2025, environ 35 familles de la communauté du LILA ont perdu leur maison, du jour au lendemain », confie Leslie Galerne avec émotion. Dès les premières heures qui ont suivi l’incendie, la solidarité s’est organisée à une vitesse remarquable. Face à l’urgence, un document Google Sheets collaboratif est créé pour centraliser les besoins et les offres d’aide. « En moins d’une heure, plus de 100 familles proposaient spontanément des services, un hébergement, des vêtements ou un soutien logistique », se souvient Leslie Galerne. Très rapidement, un centre de dons a été mis en place au LA River Studios, à Atwater Village, près du campus de Los Feliz. En seulement quelques heures, un entrepôt entier a été rempli de vêtements, chaussures et fournitures de première nécessité. Une mobilisation d’une ampleur rare, qui a marqué durablement les esprits.

Dans les jours qui ont suivi le drame, cette solidarité s'est prolongée au sein de l’organisation même de l’école. Sur le plan pédagogique, l’équipe s'est mobilisée pour garantir la continuité scolaire, considérée comme un pilier essentiel pour les enfants. Les élèves du campus de Pasadena, campus le plus touché, ont été temporairement accueillis sur le campus de Burbank, afin d’éviter toute rupture dans leur parcours éducatif. « Maintenir une routine a été fondamental pour offrir aux enfants un sentiment de stabilité, alors que tout s’effondrait autour d’eux », souligne la directrice des inscriptions et du marketing. Des assemblées encadrées par un psychologue ont également été mises en place pour permettre aux élèves et aux familles de verbaliser le traumatisme et d’entamer un processus de reconstruction collective.
Quatre membres de la direction sur six ont perdu leur maison dans l'incendie
Sur le plan administratif, le soutien s’est révélé tout aussi déterminant. Le directeur financier de l’établissement, qui a dû lui-même accompagner sa fille qui a perdu sa maison lors des incendies, dans les démarches auprès des assurances, a décidé de mettre cette expérience au service de la communauté. Fort de ce vécu, il a guidé de nombreuses familles dans leurs démarches d’assurance, souvent complexes et chronophages. Cette entraide prend une dimension particulière lorsque l’on sait que quatre membres de la direction sur six ont eux-mêmes perdu leur maison dans l’incendie. La directrice intérimaire du LILA en 2024 et 2025, Anneli Harvey, a elle aussi perdu sa maison.
C’est dans ce contexte de mobilisation générale que l’ampleur des dégâts est apparue. Le campus de Pasadena a été le plus durement touché. Si le bâtiment scolaire n’a pas été détruit, il a subi d’importants dommages causés par les vents violents, la suie et la fumée, rendant toute reprise immédiate impossible. Le campus est resté fermé près de trois semaines, le temps d’effectuer les vérifications nécessaires et d’assurer la sécurité des lieux.
L'école se prépare à la commémoration du premier anniversaire de l'Eaton Fire
Aujourd’hui, tous les campus du LILA fonctionnent normalement. Avant la réouverture du campus LILA de Pasadena, des tests de sécurité chimique ont été réalisés afin de garantir un environnement sain pour les élèves et le personnel. Si la stabilité opérationnelle est revenue, l’établissement continue néanmoins d’accompagner les familles encore engagées dans un long processus de reconstruction, qu’il s’agisse de démarches d’assurance ou de relogement.

L’école se prépare également à la commémoration du premier anniversaire de l’Eaton Fire, un moment de mémoire mais aussi de reconnaissance du chemin parcouru. « Cette épreuve a profondément transformé notre manière de fonctionner », observe Leslie Galerne. Elle a notamment donné naissance au concept de « One LILA », une unification renforcée des quatre campus autour d’une identité commune.
Les liens entre familles françaises, américaines et internationales se sont renforcés
Au-delà des murs de l’établissement, l’incendie a révélé la force du tissu communautaire du LILA. Les liens entre familles françaises, américaines et internationales se sont resserrés, confirmant le rôle central de l’école dans la vie des expatriés. « Pour beaucoup de familles éloignées de leur pays d’origine, le LILA est devenue une famille de substitution », confie-t-elle. Un an après l’incendie, le Lycée International de Los Angeles ne se définit plus seulement comme un établissement scolaire, mais comme un lieu de résilience collective, capable de se mobiliser de façon exceptionnelle en temps de crise. Une leçon de solidarité et d’humanité qui dépasse largement le cadre éducatif.
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