La Cité des Anges se prépare à accueillir certains matchs du plus grand Mondial jamais organisé par la FIFA, à l’été 2026. Et c’est une Française, Ludivine Roosebeke, qui orchestre les opérations commerciales à LA, l’une des 16 villes hôtes en Amérique. Un rebondissement dans sa carrière impressionnante, après 10 ans passés au cœur de la machine des JO de Paris 2024. Rencontre avec une passionnée.


Le compte à rebours est lancé. Dans six mois, du 11 juin au 19 juillet 2026, les États-Unis, le Mexique et le Canada vibreront au rythme de la 23ᵉ Coupe du monde de football. Avec 48 équipes au lieu de 32, plus de 100 matchs répartis sur trois pays et 16 villes hôtes - dont Los Angeles -, l’événement s’annonce comme « le plus grand jamais organisé » par la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) s’enthousiasme Ludivine Roosebeke. La Française occupe un poste clef dans l’organisation du Mondial à Los Angeles, où elle a posé ses valises il y a un an et demi : c’est elle qui est responsable du marketing et des partenariats au Sofi Stadium, à Inglewood. Celui-ci sera rebaptisé le « Los Angeles Stadium » pendant la durée de la Coupe du monde, précise-t-elle.
Cette mission stratégique, la Française en parle avec autant de précision que de passion. « La FIFA est basée à Zurich. Pour cette édition du Mondial, elle a établi une filiale de 500 personnes à Miami, qui contrôle toutes les opérations, avec deux succursales, au Mexique et au Canada. Elle a aussi mis en place une petite équipe dans chacune des 16 villes hôtes, avec un ou deux collaborateurs par métier. Aujourd’hui, nous sommes 25 personnes à Los Angeles, mais au moment du tournoi, ce seront plus de 2000 personnes qui travailleront à LA en comptant les volontaires » explique-t-elle. Spécialiste du marketing sportif international depuis 20 ans, elle orchestre toute la planification et la livraison des opérations commerciales de l’événement, à l’échelle du stade de Los Angeles, où elle se rend une fois par semaine.
« C’est exceptionnel quand je vois les yeux des enfants ou des adultes qui brillent ! »
« Je m’occupe de tout ce qui touche aux partenaires commerciaux, aux sponsors de la FIFA et aux programmes de concessions », détaille-t-elle. Un « périmètre large », qui implique « beaucoup de relationnel ». Cela inclut les fan zones, la visibilité des partenaires « aussi bien dans le stade que dans les hôtels des joueurs ou sur les sites d’entraînement », les programmes jeunes (les enfants qui accompagnent les joueurs, qui ramassent la balle ou qui portent les drapeaux), les contrats food and beverage et les opérations “money can’t buy”.... « Elles sont portées par les partenaires pour offrir des expériences uniques à leurs invités, comme aller sur le bord du terrain pendant les hymnes, ou sur le terrain à la mi-temps, indique Ludivine Roosebeke. Le fait d’offrir ces expériences à des clients, des consommateurs ou des employés, cela n’a pas de valeur. C’est exceptionnel quand je vois les yeux de ces enfants ou de ces adultes qui brillent ! »

Ces expériences « waouh » dont la FIFA a le secret constituent une différence majeure avec l’univers olympique, où il n’y a pas de publicité sur le terrain. Un univers que Ludivine Roosebeke connaît par cœur. Avant d’atterrir à Los Angeles - où elle a suivi son mari, directeur financier chez Louis Vuitton pour les États-Unis - elle a œuvré pendant 10 années intenses au cœur de la machine des Jeux Olympiques de Paris 2024. Passer des JO à la Coupe du monde de foot n’a donc rien d’un saut dans l’inconnu. « C’est une continuité, d’autant plus que quand je suis arrivée dans ma première mission d’un mois sur la Coupe du monde des clubs, j’ai retrouvé le même vocabulaire que dans le monde olympique. Il faut dire que beaucoup de personnes passent d’un événement à l’autre. Et la FIFA participe aussi à l’organisation des Jeux », rappelle-t-elle.
Dix années au coeur de la machine des JO de Paris 2024
Diplômée de l’ESSEC et spécialisée en relations internationales, Ludivine Roosebeke a consacré 20 ans d’une carrière hors normes aux plus grands événements sportifs mondiaux : Coupe du monde de football 2010, Coupe du monde de rugby, Roland Garros, Tour de France, avant de rejoindre le CIO (Comité International Olympique) à Lausanne puis le comité de candidature de Paris 2024 en 2015… qu’elle n’a plus quitté pendant dix ans. Arrivée dès les tout premiers jours de la candidature parisienne, elle a connu « trois vies en une » : la phase de candidature, la structuration du comité d’organisation, puis la livraison de l’événement.
Directrice des partenariats des Jeux de Paris 2024, elle a piloté une machine colossale de plus de 85 partenaires, avec 1,3 milliard d’euros de budget entre les mains. « Paris 2024 restera marqué par la volonté d’ouvrir les Jeux, de les rendre accessibles et de laisser une trace », souligne-t-elle avec fierté. Elle évoque les nombreuses « expériences » ouvertes aux fans (courir le marathon pour tous, porter la flamme olympique…), la cérémonie d’ouverture sur la Seine devant 300 000 spectateurs, les sites des épreuves au coeur de la ville, la parité femmes-hommes - « pour la première fois il y avait le même nombre d’athlètes hommes-femmes » - le succès des Jeux paralympiques et l’engagement fort en matière environnementale, avec la division par deux de l’empreinte carbone par rapport aux éditions précédentes.
La révélation des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996
Pour Ludivine Roosebeke, cet amour du sport remonte à son enfance à Croix dans le Nord de la France. « Mon papa était passionné de sport, et m’emmenait voir le RC Lens jouer quand j’étais haute comme trois pommes », se souvient-elle. À la maison, on lit L’Équipe et les grands rendez-vous sportifs rythment les étés, des championnats du monde d’athlétisme aux Jeux olympiques. À l’âge de sept ans, la victoire du cavalier Pierre Durand aux JO de Séoul en 1988, est un souvenir fondateur. Adolescente, elle suit Barcelone 1992 avec ferveur, avant de vivre une révélation aux Jeux d’Atlanta en 1996, auxquels elle assiste sur place : « Je suis rentrée et j’ai dit à mes parents : c’est pour ça que je veux travailler. »
Une vocation qui l'amène aujourd’hui à Los Angeles. Son arrivée s’est faite « avec beaucoup de joie et d’enthousiasme » dans cette ville qu’elle connaissait déjà. « On adore aller marcher à la montagne ou à la plage, on trouve notre bonheur, confie-t-elle. On sort énormément. J’aime aller voir du sport, aller à des concerts, voir des musées ou des maisons d’architecte. On a un agenda rempli par tout ce que la ville peut offrir. » Elle apprécie aussi l’accueil de la communauté française locale, où elle a très vite rencontré « des personnalités ouvertes, généreuses et intéressantes ».
Et après 2026 ? Les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 sont forcément dans un coin de sa tête. « Il ne faut jamais dire jamais », sourit-elle. Pour l’heure, Ludivine Roosebeke se concentre sur le défi colossal du Mondial. Si vous voulez assister à des matchs aux États-Unis, on vous dit dans cet article comment acheter vos places.
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