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Nazim Gomri, l’itinéraire sans raccourci du cofondateur de TiraTwist à Los Angeles

De Paris à Hollywood, Nazim Gomri n’a jamais choisi la facilité. Entre portes claquées, trahisons entrepreneuriales et paris audacieux, le cofondateur de la marque de tiramisus TiraTwist incarne une génération d’entrepreneurs français qui ont appris à se construire sans filet à Los Angeles. Un parcours brut, sincère, loin du fantasme facile de l’American Dream, mais profondément inspirant.

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Nazim Gomri et son équipe présentent TiraTwist sur le plateau de Fox 11. © DR
Écrit par Marie Fiorin
Publié le 26 janvier 2026

 

Marcher trois heures et dix-sept minutes sous le soleil d'août, de Hollywood à Century City, en costume, sans téléphone ni argent, pour aller frapper à la porte d’une entreprise qui vous a pourtant dit non, voici le début de l’histoire américaine de Nazim Gomri. Arrivé à Los Angeles en 2013 pour une recherche de stage, il n’a rien à perdre et tout à apprendre. Cette scène, presque cinématographique, symbolise le parcours de cet entrepreneur franco-algérien, cofondateur de TiraTwist, aujourd’hui l’une des marques de tiramisu les plus visibles aussi bien en Californie qu’en France.

Né à Paris et diplômé d’une école de commerce française, complétée par une formation à UCLA une fois arrivé aux États-Unis, Nazim Gomri ressent très rapidement l’appel de l’entrepreneuriat. Il lance une première entreprise de pâtisseries orientales à Los Angeles, sans soutien financier, sans accès bancaire. Une expérience aussi formatrice que brutale, lorsqu’il découvre que ses recettes ont été copiées par une grande chaîne de magasins après y avoir distribué ses produits. Le choc est rude. Le burn-out aussi. Mais Nazim Gomri avance, apprend, tombe, se relève.

 

TiraTwist, un tiramisu revisité, sans café ni alcool

 

La nourriture reste son fil conducteur. « C’est la seule chose qui rassemble les gens, quel que soit leur background », confie-t-il. Après une parenthèse corporate écourtée par un licenciement abusif, qu’il remporte ensuite devant la justice, il replonge dans l’entrepreneuriat. Une nouvelle aventure prometteuse qui frôle l’explosion avec une entreprise valorisée à 9 millions de dollars, une levée de fonds à 20 millions envisagée… Avant que la confiance mal placée ne fasse tout s’effondrer.

 

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Les tiramisus à emporter TiraTwist ont séduit la National Football League américaine. © DR

 

C’est finalement aux côtés de son oncle, figure de la restauration rapide en France, que Nazim Gomri décide d’implanter TiraTwist sur le territoire américain à l’automne 2023. Distribué en France depuis 2010 sous la marque Misu, le concept consiste à revisiter le tiramisu. Un « tiramisu avec un twist », sans café ni alcool, pensé pour être moins sucré et moins calorique que les desserts traditionnellement commercialisés, sans jamais faire de compromis sur la qualité. Aux États-Unis, TiraTwist se décline en sept saveurs différentes, comme le salted caramel twist, le cookie cream twist ou le strawberry twist. Aujourd’hui, 80 % des ingrédients utilisés pour la version américaine sont identiques à ceux du produit français, un pari audacieux et assumé. 

 

 

TiraTwist s’invite à la télévision et fournit la NFL

 

Pensé sur un modèle « B to B », TiraTwist fournit des enseignes de restauration de Los Angeles, l'iconique Chinese Theatre, ou des événenements, comme The American French Film Festival, en novembre dernier. Le succès est tel que les tiramisus revisités s’affichent sur des billboards à Hollywood, s’invitent à la télévision, fournissent la NFL (National Football League), et se retrouvent en discussion pour des événements d’envergure, des Oscars au Super Bowl. Derrière cette ascension fulgurante, Nazim Gomri s’est armé de douze années de patience, de travail acharné et de relations construites une à une. Une réussite sincère qui rappelle que derrière chaque succès visible se cachent des années invisibles.

 

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Les tiramisus de Nazim Gomri s'invitent au Chinese Theatre de Los Angeles. © DR

Nazim Gomri ne croit d’ailleurs pas au mythe de l’American Dream. « Au début, c’est surtout un cauchemar », sourit-il. « L’American Dream vient bien après. Avant ça, il y a surtout beaucoup de solitude, de doutes et de travail ». À ceux qui rêvent d’entreprendre à Los Angeles, l’entrepreneur adresse un message sans filtre : ici, rien n’est donné, il faut se lancer, accepter l’échec, rester honnête, travailler sans compter, et surtout écouter son instinct. Mais pour ceux qui acceptent cette réalité, les États-Unis restent le pays du possible.

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