Samedi 15 mai 2021

Covid-19 : Des “milliers” de cancers non diagnostiqués au Royaume-Uni

Par Stéphane Germain | Publié le 13/04/2021 à 18:38 | Mis à jour le 15/04/2021 à 11:15
Photo : Angiola Harry - Unsplash
Symbole du cancer

Des milliers de personnes présentant des symptômes de cancers ne sont pas allé consulter du fait de la pandémie. Pour les spécialistes, cette chute des examens oncologiques est une “bombe à retardement”.

 

Depuis la fin du mois de mars, plus de 350.000 personnes au Royaume-Uni n’ont pas été examinées d'urgence à l'hôpital en raison de la pandémie de COVID-19 malgré qu’elles présentent des symptômes de cancer” annonce de récents chiffres de l’institut Cancer Research UK. La dernière analyse du NHS England montre en effet que seuls 1,8 millions d’examens en cancérologie ont été pratiqués par les médecins généralistes entre mars de l’année dernière et janvier de cette année. Soit 16% de moins que l’année précédente sur la même période.

Cette diminution des consultations préventives et curatives constitue l’un des dommages collatéraux de la pandémie de Covid-19. Beaucoup de patients ont été conduits à ne pas tenir compte de symptômes plus ou moins bénins, et à ne pas consulter de peur de contracter le virus chez le médecin.

Les experts précisent que cette diminution “choquante” signifie que des milliers de cancers n’ont pu être pris en charge à temps. Ceci pourrait provoquer un “retour en arrière” dans l’espérance de vie face à cette maladie, un scénario inédit depuis des décennies. “Les services oncologiques ont été durement affectés par la crise du Covid-19 (...) Nous sommes très préoccupés pour les personnes présentant des symptômes et qui ne se présentent pas à nous” confie Michelle Mitchell, cheffe exécutive de Cancer Research UK.

 

"Help us, help you"

Le Secrétaire d’Etat à la Santé, Matt Hancock, et Peter Johnson, le directeur du service d’oncologie du NHS ont tous deux confié être “alarmés” par la situation au journal The Times. Chris Thomas, chercheur à l'Institute for Public Policy Research (IPPR), affirme que la chute des consultations depuis le début de la pandémie représente une “bombe à retardement pour les cas de cancers” et annonce “une décennie de perturbations pour les services de santé”, à moins que des mesures soient prises urgemment.

En réponse à cette situation, le NHS a lancé la campagne “Help us, help you” en prévention aux réticences que pourraient rencontrer les personnes à se faire traiter durant la pandémie. Aussi, une campagne nationale encourage fortement les personnes présentant des symptômes de cancer du poumon à se présenter au plus vite. Les communications associées rappellent notamment que le symptôme principal de ce cancer est la toux, et que si une personne présente ce symptôme depuis plus de trois semaines et n’est pas positive au Covid-19, alors elle devrait se présenter immédiatement chez son médecin traitant.

Unanimement, les experts de santé et les membres du gouvernement rappellent que les cancers doivent être diagnostiqués dès que faire se peut pour être soignés au mieux. Dans cette optique, les citoyen.nes britanniques sont invité.e.s à aller consulter au moindre doute, et ce malgré la pandémie de Covid-19.

 

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Stéphane Germain - Journaliste

Stéphane Germain

Étudiante en Master 2 Nouvelles Écritures Médiatiques à Nantes. Journaliste et inlassable curieuse.
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