Novitchok: le poison qui envenime les relations entre la Russie et May

Par Lepetitjournal Londres | Publié le 14/03/2018 à 13:42 | Mis à jour le 14/03/2018 à 13:49
Novitchok: le poison qui envenime les relations entre la Russie et May

Si l’histoire semble tout droit sortie d’un James Bond se déroulant durant la Guerre Froide, l’empoisonnement de l’ex-double espion russo-britannique se transforme en affaire d’État. Retour sur les péripéties de cette histoire qui a amené à un véritable conflit diplomatique entre le Royaume-Uni et la Russie et qui rappelle les heures sombres du KGB…

 

Tout a commencé le 4 mars 2018, quand Sergei Skripal, un ancien agent double travaillant pour la Russie et le Royaume-Uni, et sa fille Yulia sont retrouvés inconscients sur un banc, dans un centre commercial à Salisbury, au sud-ouest de Londres. Ils se font alors hospitaliser et les experts diagnostiquent un empoisonnement à l’ex-espion de 66 ans et sa fille. Un policier présent sur les lieux a également été empoisonné et se trouve lui aussi entre la vie et la mort.

Ce poison, le Novitchok, est un puissant agent innervant développé dans les années 1970-1980 par la Russie. Il serait cinq à dix fois plus puissant que le gaz sarin (utilisé par Bachar al-Assad contre ses opposants en Syrie) ou le VX (utilisé, d’après la diplomatie américaine, dans l’assassinat du demi-frère de Kim Jong-un). 

L’ultimatum et les menaces britanniques

Après consultation du Conseil de sécurité nationale, Theresa May a annoncé aux députés britanniques qu’il était « fort probable » que la Russie soit responsable de l’attaque contre les Skripal. Une attaque de citoyens « sur le sol britannique » que la Première ministre britannique juge « intolérable ».

May lie cette affaire à un contexte géopolitique plus large, où la Russie chercherait à élargir son influence sur l’Europe. Elle a notamment fait référence à l’annexion de la Crimée ou encore le piratage des sites du Ministère de la Défense danois ou du Bundestag allemand. Pour la porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères russe Maria Zakharova, il s’agit de « provocations », alors que toute cette affaire n’est qu’un « numéro de cirque pour le Parlement britannique ».

Mardi 13 mars, Theresa May a donc lancé un ultimatum jusqu’à mardi minuit à Vladimir Poutine pour qu’il justifie la présence de ce poison de fabrication militaire russe au Royaume-Uni. Boris Johnson, le ministre des Affaires Etrangères britannique, a convoqué l’ambassadeur russe mardi soir pour lui demander des explications.

Sans réponse de Poutine, qui a seulement demandé un échantillon du poison, la Première ministre britannique devrait déclarer aujourd’hui, mercredi 14 mars, des mesures contre la Russie. Aujourd’hui, le Royaume-Uni a également appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à se réunir pour une « mise à jour » de la situation.

La Maison Blanche a confirmé son soutien au gouvernement britannique, de même que le Président français Emmanuel Macron qui aurait affirmé sa volonté de « continuer à agir de concert pour répondre au comportement agressif russe ».

La Russie prévient de son côté le Royaume-Uni d’une « réaction russe de la même ampleur » en cas de sanctions britanniques.

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