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Maël de Calan veut incarner la nouvelle droite républicaine

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Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 novembre 2017

Challenger dans l'élection pour la présidence du parti Les Républicains, Maël de Calan sera présent mercredi 15 novembre à Londres. Tout comme son concurrent, Laurent Wauquiez, le jeune homme espère reconquérir les voix des expatriés français en proposant une droite plus modérée que l'actuel président de la région Auvergne Rhône-Alpes.

Pourquoi venir à Londres : est-ce dans un esprit de reconquête voire de conquête d'adhérents ?

Il y a une élection les 10 et 17 décembre prochains pour choisir le président du parti Les Républicains : je suis ici pour faire connaître la ligne que je porte avec les élus qui m’entourent, celle d’une droite qui cherche des solutions plutôt que des slogans. La seule qui pourra demain faire gagner la droite et permettra aux Républicains d’être à nouveau utiles à la France. Je ne me reconnais pas dans une ligne contestataire et clivante qui consiste à s’opposer à tout de manière pavlovienne. Je ne me résigne pas à la scission d’une droite libérale et humaniste et d’une droite gaulliste et conservatrice. Ce serait une profonde erreur stratégique qui nous condamnerait durablement à la marginalité politique. Je viens expliquer qu’une alternative est possible à ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce que propose Laurent Wauquiez. Qu’être de droite ne se résume pas à pousser par principe tous les curseurs au maximum pour verser dans la contestation, l’euroscepticisme et le souverainisme économique. On peut discuter de la ligne politique ou de la stratégie des Républicains, mais nos valeurs européennes, libérales et républicaines ne sont pas négociables.

En quoi les électeurs/expatriés de Londres sont si importants ?

On dit que Londres est devenu la sixième ville française, imaginez-vous que le candidat à la présidence du principal parti d’opposition fasse campagne sans aller à Nice, Nantes ou Lille ? Plus sérieusement, je crois que les Français de Londres sont particulièrement exposés aux dangers qui nous guettent si nous versons dans le populisme, ils voient se profiler avec angoisse les conséquences désastreuses du choix qu’on fait les britanniques. Je pense qu’ils sont particulièrement sensibles à la ligne et au message que je porte dans cette élection, déterminante pour l’avenir d’une opposition gouvernementale crédible si on veut éviter de faire un jour le même genre de saut dans le vide.   

Que venez-vous leur dire ?

Je veux leur dire que je porte les couleurs de cette droite ouverte et rassembleuse. Une droite attachée à l’Europe même quand elle doit se réformer. Une droite libérale, attachée à la réforme économique du pays, même quand elle est impopulaire. Une droite girondine, attachée aux libertés locales. Une droite sociale, qui veut donner du travail aux Français plutôt que des subventions. Une droite ferme sur les questions de sécurité, d’immigration et de lutte contre l’Islam radical.

Quelle est votre position sur le Brexit ?

Se laisser aller aux démons démagogiques n’est jamais sans conséquence. Aujourd’hui, nous assistons à un spectacle pathétique où les politiques britanniques sont incapables de solder la décision du peuple et s’enferrent dans une voie sans issue vouée à l’échec des négociations. Les dégâts potentiels d’un hard Brexit sont incalculables et plongeraient à coup sûr le Royaume-Uni dans une crise des plus graves. Je constate en revanche que du point de vue européen la possible sortie britannique a le mérite de renforcer l’unité des 27 autres Etats membres en rendant plus concrète notre appartenance à l’Union. Elle est l’occasion d’illustrer tout ce que l’Europe apporte chaque jour à ses citoyens.

Et sur l'Europe en général ?

Je ne fais pas partie de ceux qui résument l’Europe à ses défaillances et encore moins de ceux qui qualifient la construction européenne de « plus grand échec politique du 20e siècle » (Laurent Wauquiez, ndlr). Quel reniement des engagements pris et des efforts réalisés pour unifier des nations jadis ennemies ! Comme si ne comptaient pas les résultats spectaculaires de ce magnifique projet : une période de paix sans précédent ; la création d’une vaste zone commerciale de plus de 500 millions d’habitants ; l’institution de la libre circulation des personnes ; surtout, la création d’une monnaie unique se substituant à celle des dix-neuf pays qui l'ont adoptée, garantissant ainsi la stabilité des prix. Mais ne soyons toutefois pas naïvement béats !

Ses défaillances existent : la réciprocité insuffisante dans les règles du commerce international ; l’absence de coordination des politiques budgétaires et fiscales nationales qui déstabilise l’Euro ; la grande naïveté dont les Européens ont fait preuve en matière de contrôle de l’immigration; l’inexistence d’une politique étrangère et de défense commune. Je pense simplement qu’il est possible d’y remédier sans pour autant bouleverser l’architecture institutionnelle actuelle. Laissons aux inconscients les grands projets d'une refondation idéalisée.

Ils veulent que l’Europe change ? Que nos responsables politiques changent d’abord. Qu’ils prennent conscience que la construction européenne a un prix : le courage. Celui, pour les gouvernements, de prendre collectivement des décisions que le bon sens commande mais qu’il est parfois difficile d’assumer seul face à l’opinion publique nationale. La France ne doit pas fuir ses responsabilités. La France ne peut pas porter une politique à courte vue. Pour que la France sache faire face aux enjeux de demain, c’est l’Europe des frontières, l’Europe sociale, l’Europe de l'éducation, de la recherche qu’il faut s’attacher à bâtir. Notre famille politique doit y participer ; à nous de construire l'Europe que nous voulons !

Comment expliquez-vous qu'une grande majorité des expatriés français en UK, historiquement situés à droite sur l'échiquier politique, aient donné leur voix au candidat Macron lors de la présidentielle ?

Il est arrivé aux expatriés français, la même chose qu’à une majorité de Français : ils se sont détournés d’une droite qui est devenue le fantôme d’elle-même à force de se rétrécir. Nous avons d’abord commis l’erreur de couper les ponts avec nos alliés au terme d’une chasse aux sorcières suicidaire contre les centristes lors de la primaire, puis nous nous sommes coupés d’une partie de nos électeurs en étant excessifs sur beaucoup de sujets, et enfin nous nous sommes coupés des Français en défendant l’indéfendable sur le plan éthique et moral. 

Le résultat a été sans appel. Les Français ont dit « non » à cette droite, préférant confier leur destin à un ancien conseiller et ministre de François Hollande qui, à défaut d’avoir un bilan ou un projet, a compris cette profonde aspiration au changement radical chez une large majorité de Français. L’adhésion à Macron est selon moi le dernier stade d’un mal plus profond dont souffre la droite et il me fait dire que la défaite que nous avons connue cette année vient de plus loin, elle ne peut avoir les affaires comme seule cause. Après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, la droite n’a pas su se reconstruire dans l’opposition : à la guerre des chefs a succédé les scandales, au moment où nous aurions dû tirer les leçons de nos dix années d’exercice du pouvoir. 

Si nous persévérons dans cette voie, alors la droite poursuivra sa marginalisation et finira par disparaître de la scène politique française, laissant la place à la gauche archaïque de Jean-Luc Mélenchon, aux progressistes d’Emmanuel Macron et l’extrême-droite de Marine Le Pen. Personnellement je ne m’y résigne pas, je n’accepte pas que mon parti qui a recueilli le triple héritage des gaullistes, des libéraux et des démocrates-chrétiens se contente de propositions démagogiques  ou de promesses fantaisistes. Nous devons impérativement renouer avec les Français. Les convaincre que notre seul souci est de redresser le pays afin d’améliorer leur niveau et leur cadre de vie. Réformer ce qu’il faut, conserver ce qui vaut, telle doit être notre maxime.

Mercredi 15 novembre de 18 à 22h, The Wesley Euston Hotel & Conference Venue, 81-103 Euston Street, NW1 2EZ

métro : Euston Square

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Publié le 14 novembre 2017, mis à jour le 15 novembre 2017
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