Le programme “Women in Tech” de la French Tech London vient de clôturer sa 4ème édition par une soirée mémorable à la Résidence de France. Entre les ateliers intensifs organisés à la HEC House et les échanges inspirants qui ont rythmé la journée, nous avons rencontré celles qui font bouger chaque jour les frontières de l'innovation.


À Londres, l'entrepreneuriat féminin s'est structuré autour d'une communauté soudée avec une expertise technique. Mathilde Bacholle, directrice du programme, et son équipe ont réussi leur pari en imposant un style beaucoup plus concret avec une volonté de transmettre des savoir-faire utiles. “Il y a deux ans, j'ai pris l'engagement d'avoir un impact plus fort”, confie Mathilde, expliquant que le projet de conférences et d’ateliers "Women in Tech" a évolué pour dépasser le cadre des discussions inspirantes et devenir un véritable accélérateur de compétences.
La French Tech à Londres : l’influence française de la tech rayonne depuis 10 ans
Suite à cette volonté, des workshops techniques se sont installés tout au long de la matinée, soutenus par leur partenaire HEC House. Ce lieu, situé au cœur de la capitale britannique, permet de mettre en lien les nouvelles et les anciennes générations d’entrepreneures. Le but est de créer un pont entre les expériences des fondatrices expérimentées et l’énergie des nouvelles arrivantes de la French Tech.
Des outils concrets pour passer un cap à Londres
L’objectif de ce programme est de donner aux fondatrices les clés pour affronter les réalités et les obstacles spécifiques de l’entrepreneuriat. Le thème des ateliers évolue d’une édition à l’autre. Cette année, les entrepreneures parlent de sujets très actuels comme le déploiement de l’intelligence artificielle, mais aussi de la gestion du conseil d’administration, un aspect stratégique souvent délaissé lors du lancement d'une startup. “Nous donnons à nos entrepreneures le plus d'outils possible”, explique Hélène Alunni, l'une des organisatrices, soulignant que l'événement affiche complet, même les jours de grève nationale, preuve de l’envie d'apprendre de cette communauté.
L'idée est de préparer ces femmes à développer leur entreprise et qu’elles ne soient pas prises au dépourvu face à des investisseurs qui connaissent les ficelles du métier. Savoir structurer son conseil, choisir ses membres et oser dire “non” face à des exigences injustifiées lors des négociations est crucial. “Pour que tout le monde puisse s'exprimer librement, nous appliquons la “Chatham House Rule”, ce qui permet de se dire les choses sans que rien ne sorte de la pièce” explique Mathilde, précisant que c'est ce qui permet cette entraide “sans filtre” entre les participantes.
Oser se lancer et bien s'entourer
Le paysage de la tech londonienne est riche de femmes qui ont osé quitter leur confort pour monter leur propre projet et créer quelque chose de nouveau. Yasmina Slimani, fondatrice d'Elisyan Wealth Ventures, en est l'exemple parfait. Après 17 ans dans le monde de la gestion d'actifs, elle a lancé une application financière privée pour les expatriés. “Si vous avez cette boule au ventre, il est temps de se lancer”, conseille-t-elle, rappelant que la peur de regretter doit toujours l'emporter sur la peur d'échouer.
Yasmina Marie Slimani met la Fintech au service des citoyens du monde
Dans un secteur tout aussi impressionnant, Annelise Souiler, co-fondatrice de Neobe Therapeutics, montre bien ce que la “Deep Tech” française peut apporter à Londres. Scientifique de formation, elle développe une technologie de rupture utilisant des bactéries reprogrammées pour traiter les tumeurs cancéreuses résistantes. Pour elle, il est difficile de se lancer seule. “Trouver un bon associé est essentiel, l'autre est là pour te booster quand c’est plus dur”, affirme-t-elle, mettant en avant les compétences complémentaires qui permettent d’emmener l'entreprise vers la réussite. Une force qu'elle partage avec ses proches : “Quand ils nous disent “maman, tu montes ta compagnie”, nous savons que c'est difficile, mais ils sont tellement heureux”.

La force du réseau de la French Tech face aux obstacles
Aurélia LeFrapper, à la tête d'Alethica, qui automatise la gestion des requêtes financières complexes via l'IA, insiste sur la force du collectif pour tenir sur la durée. La persévérance passe par l'action et le collectif. “Le réseau fait tout, ce n'est jamais une perte de temps”. Grâce à son réseau, elle a découvert ce programme et a gagné le concours de pitch de la French Tech pour assister au salon VivaTech. “La meilleure façon de lancer un business, c'est de le faire”, assure-t-elle, rappelant que l'apprentissage se fait sur le terrain.
“les “non”, ce sont juste des “oui” en attente”
Cette capacité à transformer un obstacle en opportunité est partagée par toutes, de Barbara Belvisi, qui travaille à faire pousser des jardins sur la lune avec Interstellar Lab, à Betty Bonnardel-Azzarelli, qui accompagne des projets de “Deep Tech” et développe Farmer Charlie une solution d’agriculture connectée par satellite. Hélène Alunni résume, “les “non”, ce sont juste des “oui” en attente”. À Londres, la French Tech ne se limite plus à mettre des gens en relation, elle a créé un vrai groupe soudé où, comme le rappelle Mathilde, “la tech ne relève pas seulement de la compétitivité, elle est aussi affaire de culture et de collaboration. C’est ce à quoi donne accès le programme que nous avons créé.”
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