Édition internationale

Des universités britanniques menacées de disparaître par manque d'étudiants étrangers

L’enseignement supérieur britannique rencontre des problèmes budgétaires très importants, particulièrement en raison de la diminution des étudiants internationaux liée au Brexit de 2020. Dans quelques années, certaines pourraient disparaître par manque de moyens et d’étudiants. 

vue d'un amphitéâtre d'une université avec des étudiants vue d'un amphitéâtre d'une université avec des étudiants
Écrit par La Rédaction
Publié le 21 août 2026


L’enseignement supérieur britannique souffre. The Observer mentionne que 24 universités au Royaume-Uni risquent l’insolvabilité au cours des 12 prochains mois. Le rapport de la commission parlementaire de l’éducation publié en mai 2026, révèle que plus de 50 établissements d'enseignement supérieur seraient déjà vulnérables.

Toujours selon le rapport de la commission parlementaire de l’éducation, 16 universités du groupe Russell Group ont affiché un excédent budgétaire sur l’année 2024-2025. Parmi elles, l'Imperial College London avec 141,9 millions de livres sterling d’excédent et Oxford avec 118,1 millions de livres sterling. Le rapport révèle que d’autres universités du pays enregistrent quant à elles un déficit, comme Nottingham avec 85,3 millions de livres sterling de déficit et Cardiff avec 33,4 millions de déficit. D’autres universités sont déficitaires comme Queen's de Belfast, Sheffield, Durham, Leeds, Cambridge et Newcastle. 


 

Les universités britanniques accueillent beaucoup moins d’étudiants étrangers depuis le Brexit   


Le nombre d’étudiants étrangers inscrits au sein des universités britanniques a considérablement diminué depuis plusieurs années. Le Brexit a joué un rôle prépondérant dans cette diminution. Ils sont moins nombreux à venir en Angleterre en raison de la difficulté pour obtenir un visa et de la forte concurrence des établissements à l’étranger. 

Selon les données de l’Agence des statistiques de l’enseignement supérieur (Hesa) britannique publiées en 2023, à la rentrée 2020, 66.680 étudiants de l’Union européenne (UE) s’étaient inscrits en première année de licence ou de master et doctorat. Ils n’étaient plus que 31.000 lors de la première année scolaire complète depuis la fin de la période de transition post-Brexit, en 2021-2022, selon Le Figaro étudiant. Une nouvelle baisse de 6% des étudiants internationaux inscrits dans des universités britanniques a été enregistrée entre les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025. 

Les petites universités du pays dépendent des frais d’inscription des étudiants étrangers, puisqu’ils paient jusqu’à près de 7 fois plus pour étudier au Royaume-Uni. Selon l'Office for Students (OfS), chargé de la réglementation de l'enseignement supérieur en Angleterre, sept établissements comptant plus de 3 000 étudiants sont menacés de faillite. « Notre rapport a mis en évidence une immense instabilité financière dans le secteur », a déclaré Helen Hayes, présidente de la commission parlementaire de l’éducation. « La baisse du nombre d'étudiants inscrits ne fera qu'aggraver la situation. » D’après elle, la fermeture d’une université « serait catastrophique pour l'économie locale ». 


 

La Grande-Bretagne domine toujours l’élite mondiale des universités en 2026


 

Les universités britanniques les plus réputées victimes d’une surpopulation 
 

En parallèle, les universités britanniques réputées font face à une crise de surpopulation. The Telegraph a mentionné un nombre record de nouveaux étudiants pour combler les problèmes financiers qu’ils rencontrent. Les universités aux frais d’inscription élevés et bien réputées ont accueilli près de 150 000 étudiants pour la rentrée 2026. Cela représente une augmentation de 40 000 étudiants en 10 ans. 

Contrairement aux universités intermédiaires, les établissements les plus réputés accueillent de nombreux nouveaux étudiants. Selon le média britannique, des experts affirment que les universités sont proches de dépasser leur capacité, avec pour conséquence que certains étudiants pourraient se retrouver assis par terre lors des cours. 

« Nous voyons de plus en plus de cas d’étudiants qui doivent s’asseoir par terre pendant les cours parce qu’il n’y a tout simplement pas de place, ou parce qu’ils ne sont pas admis dans leurs modules de premier choix, explique Dani Payne, responsable de l’éducation à la Social Market Foundation, interrogé par le Telegraph. Il y a aussi des étudiants qui vivent de plus en plus loin, et d’autres choisissent de vivre chez eux. » 



 

Augmenter les frais de scolarité pour sauver les universités britanniques 

 

L’ancien gouvernement de Keir Starmer avait prévu d’augmenter les frais d’inscription des établissements. Alors qu’il n’y avait eu aucun changement depuis près de 10 ans, l’ancien Premier ministre avait décidé d’augmenter ces frais de 1 000 livres en 4 ans. 

Ces frais sont passés de 9 250 livres (environ 10 800 euros) en 2024 à 9 535 livres (environ 11 100 euros) en 2025, puis à 9 790 livres (11 400 euros) pour la rentrée 2026 et enfin à 10 050 livres (soit 11 700 euros) pour l’année universitaire 2027-2028. 


 

La fusion des universités : une solution pour réduire les coûts 


Afin de réduire leurs dépenses, certaines universités pourraient avoir besoin de fusionner. Certaines l’ont déjà fait, comme les universités de Kent, dans le sud-est de l'Angleterre, et de Greenwich à Londres. Elles ont fusionné officiellement en août 2026 afin de réduire leurs coûts, tout en conservant leurs marques respectives. 

D’autres prévoient de suivre leurs exemples l’année prochaine comme le King's College London et l'université de Cranfield. La fusion de différentes universités permet d’éviter une suppression importante d’emplois.

 

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