Depuis l’ouverture du tunnel sous la Manche, Eurostar reste le principal opérateur des liaisons ferroviaires entre Londres et le continent. Mais le marché pourrait bientôt changer de visage. Avec l’arrivée annoncée de nouveaux concurrents, il sera peut-être bientôt possible de rallier Londres avec Paris, Bruxelles ou Amsterdam à bord de trains circulant toutes les quinze minutes.


Eurostar assure actuellement environ 25 allers-retours par jour depuis la gare londonienne St Pancras. Selon des estimations relayées par Politico, ce nombre pourrait atteindre 55 dans les prochaines années, soit près de quatre départs par heure. De quoi rendre les trajets vers l’Europe continentale beaucoup plus fréquents, mais aussi stimuler la concurrence sur les prix et les services.
Virgin Trains a déjà obtenu l’autorisation du régulateur britannique pour exploiter jusqu’à 20 allers-retours quotidiens vers Paris, Bruxelles et Amsterdam. La compagnie souhaite lancer ses premiers trains en 2030. Mais avant cela, elle doit d’abord recevoir l’autorisation de franchir le tunnel sous la Manche et franchir d’autres étapes réglementaires.
Trenitalia France annonce une nouvelle liaison Paris-Londres en 2029
De nouvelles lignes ferroviaires depuis Londres dès 2029 ?
Trenitalia prépare également son arrivée sur le marché. La compagnie ferroviaire souhaite lancer ses trajets dès 2029, avec une dizaine d’allers-retours par jour. Elle a commandé 19 trains à grande vitesse à Hitachi Rail pour un investissement d’environ deux milliards d’euros. Une partie de cette flotte doit notamment servir au futur service entre Paris et Londres, dont le lancement en 2029 a été confirmé par le groupe FS Italiane au début du mois d’août. L’investissement comprend la construction des trains ainsi que leur maintenance et leur support technique à long terme.
« Cette commande représente une étape stratégique pour le groupe FS » a déclaré Gianpiero Strisciuglio, PDG et directeur général du groupe FS Italiane. « Elle renforce notre présence en France, un marché clé pour notre croissance internationale. Les nouveaux trains et le nouveau centre de maintenance de Maisons-Alfort Pompadour sont également des éléments clés pour le lancement de la liaison Paris-Londres, un projet central dans la vision de la “Métropole de l'Europe”, c'est-à-dire un réseau à grande vitesse intégré reliant les principales villes européennes de manière toujours plus étendue. »
Les 19 rames ne seront toutefois pas exclusivement affectées à la liaison Londres-Paris. Elles doivent également permettre de renforcer les services existants de Trenitalia France entre Paris et Lyon, Paris et Milan et Paris et Marseille, tout en constituant une partie de la flotte destinée au futur service vers Londres.
Mais le projet reste dépendant des capacités disponibles dans les gares et sur les réseaux européens. À St Pancras, les espaces réservés aux voyageurs internationaux sont déjà très sollicités, notamment en raison des contrôles frontaliers. Il faudra donc aussi dégager des créneaux en France, en Belgique et aux Pays-Bas.
Concurrencée, Eurostar veut se diversifier
Trenitalia a déjà commencé à préparer les infrastructures nécessaires à ces futures liaisons ferroviaires. La compagnie développe notamment un nouveau centre de maintenance à Maisons-Alfort Pompadour, en région parisienne. L’investissement dépasse 80 millions d’euros et le site doit être opérationnel d’ici la fin 2029. Il doit notamment permettre d’assurer la maintenance des futurs trains à grande vitesse circulant entre Paris et Londres via le tunnel sous la Manche.
Eurostar, de son côté, entend défendre sa place qui en faisait l’incontournable du tunnel sous la manche. La compagnie envisage une commande pouvant atteindre 50 nouvelles rames, qui lui permettraient d’augmenter ses fréquences et de desservir de nouvelles villes, comme Francfort ou Genève depuis St Pancras.


































