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Un an après la hausse des frais de scolarité à Londres, le combat continue

Un an après avoir interpellé Emmanuel Macron sur la TVA britannique de 20 % appliquée aux frais de scolarité, le Collectif indépendant des parents du lycée français Charles-de-Gaulle dresse le bilan. Si la hausse des frais a été limitée cette année, les parents dénoncent une augmentation de près de 96 % en dix ans, de nouvelles charges liées à l’AEFE et l’absence de réponse politique sur la TVA. Après les lettres et le lobbying, plusieurs recours sont désormais engagés devant la justice administrative.

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Dans leur lettre ouverte, les parents d'élèves estimaient déjà que les frais avaient doublé en dix ans : de 6 348 livres en 2015 à 12 310 livres pour un élève du secondaire à la rentrée 2025.
Écrit par Ewan Petris
Publié le 17 septembre 2026

“Un an plus tard, rien n’a changé.” Le 8 juillet 2025 le Collectif indépendant des parents du lycée français Charles-de-Gaulle (CIPL) choisissait la lettre ouverte pour interpeller Emmanuel Macron. Le président français était attendu, à l’occasion du 37e sommet franco-britannique. Le moment parfait pour aborder le sujet chaud du moment : la TVA britannique de 20 % appliquée aux frais de scolarité.

 

Parents d'élèves à Londres : “Nous payons trois fois pour l'éducation de nos enfants”

 

Pour rappel, depuis le 1er janvier 2025, le Royaume-Uni soumet à la TVA au taux normal de 20 % les prestations d’éducation et d’hébergement fournies par les écoles privées. Le dispositif ne fait pas de distinction selon la nationalité des élèves ou le caractère international de l'établissement.

 

Dans sa lettre, le CIPL rappelait la situation particulière de Charles-de-Gaulle : un établissement en gestion directe de l’État français, installé sur le terrain de l’ambassade de France à Londres. À l’époque, les parents demandaient à Emmanuel Macron d’intervenir auprès de son homologue britannique. Un an plus tard, la taxe est toujours là. Et la question, elle, s’est élargie : “L’été 2025, quand le président était venu, il nous avait renvoyés vers son ministre des Français de l’étranger”, raconte Guillaume, membre du collectif. Il s’agissait de Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger. 

 

Dans un entretien accordé avant le 37e sommet, celui-ci avait d’ailleurs indiqué que les questions liées à l’augmentation des coûts et des frais de scolarité seraient abordées avec les parents et la direction du lycée.

 

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“Forcé de constater qu’un an plus tard, rien n’a changé”

Le collectif dit avoir poursuivi les échanges avec les représentants de l’État au fil de l’année suivante, mais la question de la TVA n’a pas trouvé d’issue politique : “On continue assez fortement à penser que c’est une vraie et véritable injustice d’avoir cette TVA”. Une situation que les parents considèrent d’autant plus difficile à comprendre qu’elle concerne, selon eux, un établissement dont la très grande majorité des élèves sont français.

 

“Quand on regarde de plus près, les arguments avancés ne tiennent pas”, estime Maxime, parent d’élève et membre du CIPL. Le gouvernement britannique invoque la lutte contre la concurrence déloyale avec les écoles britanniques. Un argument contesté par le collectif pour Charles-de-Gaulle, où presque 80 % des élèves seraient français. Il propose donc de différencier les élèves selon leur nationalité : “Si on prend une nationalité française, on peut l’exclure de la TVA. Et on peut payer la TVA aux enfants qui ne sont pas de nationalité française.”

 

Une solution qui, selon le CIPL, existe déjà dans certains établissements français à l’étranger, avec des tarifs différenciés entre familles françaises et étrangères. Pour les parents, la question reste donc simple : pourquoi faire endurer cette taxe aux familles françaises qui scolarisent leurs enfants dans un établissement relevant du réseau éducatif français à l’étranger ?

 

lycée français charles de gaule ceremony

 

De 6 000 à plus de 12 000 livres, en 10 ans

 

La TVA n’est qu’une partie de l’équation. Le véritable sujet est désormais celui de l’évolution du coût global de la scolarité. Dans leur lettre ouverte de juillet 2025, les parents estimaient déjà que les frais avaient doublé en dix ans : de 6 348 livres en 2015 à 12 310 livres pour un élève du secondaire à la rentrée 2025, soit une hausse de 94 %. Un an plus tard, le CIPL avance un chiffre encore légèrement supérieur sur une période de dix ans : +96 %.

 

“L’argument préféré de la direction de l’AEFE, est de dire que les augmentations ont suivi l’inflation. Ce n’est pas vrai. L’inflation n’est même pas un tiers de ça.” Cette année, les frais auraient augmenté d’environ 2 %. Une hausse que les représentants des parents ne minimisent pas, mais qu’ils mettent en perspective avec les années précédentes.

 

“On nous a dit que nous étions très chanceux par rapport à d’autres établissements qui avaient des plus 10%, plus 15 % d’augmentation”, rapporte le CIPL. Le problème, pour le collectif, est précisément là : regarder uniquement la hausse d’une année donnée ne permet plus de comprendre la situation actuelle : “On a constitué un trésor de guerre à force d’augmentations très fortes.” Aujourd’hui, selon les représentants du CIPL, une famille doit compter autour de 12 000 à 14 000 livres par enfant, selon le niveau et la situation.

 

Une classe de sixième en moins au lycée français Charles de Gaulle

 

“Le lycée français Charles-de-Gaulle doit fermer une classe de sixième” assure le collectif, et cette fermeture constitue un signal à prendre au sérieux, selon eux. “Il s’agit du moment où les familles décident si elles s’embarquent pour six ans, avec un coût qui va forcément peser de plus en plus.”

 

La situation ne peut cependant pas être analysée sans prendre en compte l’évolution de la communauté française à Londres. “Les familles qui sont à Londres, restent désormais pour un temps très court”, détaille le groupe. D’autres, installées depuis longtemps au Royaume-Uni, font face à un choix différent : rester dans le système français malgré les coûts, ou quitter le réseau, ce qui signifie aussi renoncer à une continuité éducative et culturelle. “Ces familles nous disent […] qu’elles ont fait un sacrifice pour garder la continuité d’éducation de leurs enfants. Mais si des familles françaises finissent par sortir du système éducatif français à l’étranger, les conséquences pourraient se faire sentir bien au-delà de la scolarité. Le coût, pour la France, est capital.”

 

Un réseau éducationnel français qui coûte de plus en plus cher, à tout point de vue

 

Pour les parents, le réseau français à l’étranger n’est pas qu’une école payante, mais aussi un lien avec la France : “si c’est un trésor, alors il faut arrêter de le massacrer.” Or les charges s’accumulent : TVA, pensions civiles, contribution à l’AEFE… Une hausse des coûts que les établissements répercutent sur les familles. “On crée de nouvelles taxes à droite et à gauche qui, finalement, ne savent plus très bien ce qu’elles financent.” 

 

La contestation dépasse désormais Londres. Le collectif a engagé plusieurs recours, notamment un avec plusieurs autres établissements à l’international, contre la TVA et la contribution à l’AEFE : “Désormais, on se tourne devant la justice mais les procédures durent entre 12 et 24 mois”.

 

Pas de victoire, mais pas d’abandon

 

Un an après leur mobilisation, les parents ne constatent donc aucun changement sur la TVA. Mais ils estiment avoir installé le sujet dans le débat public et élargissent désormais leur combat. Pour Guillaume, la question dépasse le statut du lycée français à l’étranger : “Il ne faut pas cesser de faire la lumière”

 

Derrière la TVA, c’est une question plus vaste qui se pose : jusqu’où les familles françaises à l’étranger peuvent-elles encaisser le coût d’un réseau que la France présente elle-même comme un outil de rayonnement ? Pour les parents mobilisés, une chose est désormais claire : le rapport de force ne pourra évoluer que si toute la communauté française se mobilise.

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