Édition internationale

France-Royaume-Uni : le temps du rapprochement ?

Alors qu’Emmanuel Macron et Andy Burnham se sont rencontrés pour la première fois la semaine passée, le contexte international tend à rapprocher les deux voisins, qui semblent prêts à mettre de côté les tensions des dernières années. Défense, immigration, économie : il existe de nombreux intérêts communs qui font d’un réchauffement de ces liens une nécessité.

"Je suis ici avec la volonté et l'engagement de nous rapprocher toujours davantage" a déclaré Emmanuel Macron à Andy Burnham lors de son déplacement à Londres."Je suis ici avec la volonté et l'engagement de nous rapprocher toujours davantage" a déclaré Emmanuel Macron à Andy Burnham lors de son déplacement à Londres.
Alors qu’Emmanuel Macron et Andy Burnham se sont rencontrés pour la première fois la semaine passée, le contexte international tend à rapprocher les deux voisins.
Écrit par Jules Cottalorda
Publié le 11 septembre 2026

Entre Paris et Londres, la relation a connu des jours meilleurs. Brexit, crise des sous-marins australiens avec l’affaire AUKUS en 2021 : ces dernières années ont largement entamé la confiance entre les deux pays.

« La relation France-Royaume-Uni est depuis très longtemps faite de hauts et de bas », rappelle Benjamin Delombre, nouveau correspondant de France Télévisions au Royaume-Uni depuis deux mois. Selon lui, la confiance avait donc déjà été « quelque peu ébranlée » par le Brexit, notamment après les négociations menées côté européen par le Français Michel Barnier. « Il y a ce sentiment ici, au Royaume-Uni, que l’Union européenne (UE) a voulu lui faire payer cette sortie », explique-t-il.

Mais le contexte international semble aujourd’hui favoriser un rapprochement entre les deux voisins. Les deux pays, qui restent alliés malgré la sortie britannique de l’UE, ont tous deux intérêt à maintenir un dialogue étroit. La visite d’Emmanuel Macron au Royaume-Uni, les 2 et 3 septembre, est venue illustrer cette volonté. Reçu par Andy Burnham à Downing Street, le président français a affirmé être « ici avec la volonté et l’engagement de nous rapprocher toujours davantage ». Les deux dirigeants ont notamment échangé sur la défense, l’Ukraine, l’économie, mais aussi sur la question migratoire.

Après la tapisserie de Bayeux, migrants, UE et Ukraine au menu des premiers entretiens Burnham-Macron

 

Guerre en ukraine, incertitude américaine : la défense, un enjeu majeur

Face aux incertitudes autour de la politique américaine, Paris et Londres ont renforcé leur coopération militaire. Les deux pays sont les seules puissances nucléaires d’Europe et disposent de forces armées importantes.

En 2025, ils ont notamment signé une nouvelle déclaration de défense, destinée à approfondir leur coopération militaire et nucléaire. La guerre en Ukraine et les interrogations sur l’engagement américain en Europe renforcent encore cette nécessité de travailler ensemble. La France et le Royaume-Uni partagent notamment la volonté de renforcer la sécurité européenne et de soutenir l’Ukraine.

Pour Benjamin Delombre, la politique de Donald Trump joue également un rôle dans cette évolution. « Le Royaume-Uni s’interroge sur sa relation spéciale avec les États-Unis et pourrait se tourner davantage vers la France », estime-t-il. Londres chercherait ainsi à renforcer ses liens avec ses partenaires européens.

 

La Manche, dossier sensible entre la France et le Royaume-Uni

Reste un sujet particulièrement explosif : la question migratoire. Les traversées clandestines de la Manche à bord de petites embarcations sont devenues un enjeu politique majeur au Royaume-Uni. Depuis plusieurs années, Paris et Londres tentent de renforcer leur coopération pour lutter contre les passeurs et empêcher les départs depuis les côtes françaises.

Un nouvel accord conclu en avril 2026 prévoit notamment un renforcement des moyens français sur le littoral, avec un financement britannique pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros : « Cette question des migrants est très prégnante et très sensible au Royaume-Uni, peut-être même plus qu’en France », souligne Benjamin Delombre. Les discussions portent également sur l’accord « one in, one out », qui permet au Royaume-Uni de renvoyer en France certains migrants arrivés par petites embarcations en échange de l’accueil de demandeurs d’asile par des voies légales. Prolongé jusqu’au 1er octobre 2026, son avenir fait aujourd’hui l’objet de nouvelles négociations entre Paris et Londres.

 

Malgré le brexit, les échanges commerciaux franco-britanniques persistent 

Le Brexit n’a pas supprimé les échanges commerciaux entre les deux pays. La France reste l’un des principaux partenaires économiques du Royaume-Uni. En 2025, les échanges de biens et services entre les deux pays représentaient environ 104 milliards de livres.

Mais la sortie britannique de l’Union européenne a compliqué ces échanges, avec davantage de formalités douanières et de contraintes pour les entreprises. Les exportateurs doivent notamment composer avec de nouvelles procédures, ce qui peut peser particulièrement sur les petites sociétés.

Le Royaume-Uni cherche aujourd’hui à améliorer ses relations avec l’Union européenne, sans pour autant revenir sur sa décision de quitter l’UE : « Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, est plutôt favorable au projet européen. Il a émis le souhait de voir le Royaume-Uni revenir dans l’UE avant la fin de sa vie. » Même si le retour britannique dans le giron européen n’est pas pour demain, pour Benjamin Delombre, la tendance se confirme : « Il y a sans doute un rapprochement entre les deux pays. »

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