Anciennement connu sous le nom d’Europe Écologie les Verts, le parti Écologiste français basé au Royaume-Uni s’est récemment fait entendre avec son appel à manifester devant le siège d’Eurostar. Entre idées politiques et actions militantes, l’ancienne candidate de la NUPES aux législatives pour la région d’Europe du nord Charlotte Minvielle revient sur leurs actions et priorités au sein du groupe les Écologistes au Royaume-Uni.


Comment s'organisent et quelles sont les différentes actions des Écologistes au Royaume-Uni ?
Nous mobilisons régulièrement la communauté française sympathisante de nos idées écologistes, de justice sociale et d'égalité. Ils peuvent évidemment nous contacter, se mobiliser avec nous, signer nos pétitions.

Pendant les élections, nos mobilisations prennent la forme de grandes campagnes, de tractage, de propositions programmatiques, etc. Les élections européennes auront lieu en juin 2024 et nous allons nous mobiliser au Royaume-Uni pour essayer de faire voter les électeurs français présents ici. Le reste de l’année, nous organisons d’autres actions écologistes et militantes : fresques du climat, webinaires thématiques, galette des rois et autres activités parfois plus festives pour se retrouver.
Quel est le profil des membres des Écologistes au Royaume-Uni ?
Nous sommes tous et toutes des militants bénévoles qui faisons partie du groupe Royaume-Uni de la région administrative des Écologistes Hors de France. Nous avons aussi un salarié pour cette région qui nous soutient en période d’élection et dans nos communications notamment.
Derrière l’idée d’avoir des partis politiques à l’étranger, il y a la volonté de pouvoir réunir tous les Français ici et de les mobiliser en faveur de nos idées politiques.
Par le biais des Écologistes au Royaume-Uni, votre objectif est-il d’accompagner les Français expatriés dans cette zone géographique, ou vous concentrez-vous seulement sur les politiques nationales de la France ?
Nous représentons évidemment les Français au Royaume-Uni, et cela passe aussi par une mobilisation sur les sujets de politiques locales et nationales britanniques en collaboration avec le parti vert ici. Par exemple, en octobre 2021 avec les Écologistes au Royaume-Uni, nous nous étions opposés à la venue d'Eric Zemmour à Londres, doublement condamné pour incitation à la haine raciale. Lors du conseil municipal qui se tenait la veille de la venue d’Eric Zemmour, Zack Polanski, vice-président du parti vert d'Angleterre et du Pays de Galles, a pris la parole pour demander au maire de Londres Sadiq Khan de déclarer qu’Éric Zemmour n’était pas le bienvenue. Celui-ci avait alors déclaré “ceux qui souhaitent diviser nos communautés et inciter à la haine contre des gens à cause de leur couleur de peau ou de leur religion ne sont pas les bienvenus dans notre ville.”
Les vols low cost sont très compétitifs, mais émettent dix fois plus de CO2 que le train, donc nous voulons démocratiser et rendre plus accessible l’usage de ce transport.
Votre récente manifestation devant le siège d’Eurostar a-t-elle permis d’ouvrir de nouvelles discussions ?
Notre action fait suite à une mesure proposée lors de ma campagne législative de 2022. Nous avions mené un sondage auprès des citoyens de la circonscription inscrits sur la liste électorale consulaire auquel plus de 900 personnes avaient répondu. Sur le sujet de l’environnement, l’accès à une mobilité verte était leur première revendication. Les vols low cost sont très compétitifs, mais émettent dix fois plus de CO2 que le train, donc nous voulons démocratiser et rendre plus accessible l’usage de ce transport. Bien sûr, nous souhaiterions également que tous les tarifs d'Eurostar soient moins chers et que le kérosène soit taxé, mais une première étape très concrète serait d'avoir des tarifs jeunes et seniors sur les trajets Eurostar. Thalys proposait ces tarifs et malgré sa fusion avec Eurostar, ces tarifs ne se sont appliqués que sur les trajets qui étaient couverts précédemment par le Thalys ce qui est pour nous une injustice.
Suite à notre pétition qui a rassemblé plus de 1.000 signatures, nos tractages et notre manifestation devant le siège d’Eurostar, nous avons obtenu un rendez-vous avec le chef du service commercial et le chef des affaires publiques mi-décembre. Nous allons évoquer notre mesure phare : les tarifs jeunes et seniors, mais aussi le retour des tarifs Snap et la possibilité d’emmener son animal de compagnie avec soi.
Au Royaume-Uni, la législature actuelle sera dissoute le 17 décembre 2024 au plus tard, avec des élections prévues le mois suivant. Comment les Écologistes souhaitent s’impliquer dans cette campagne ?
Nous sommes nombreux à être impliqués au sein des partis verts locaux, dans nos quartiers et régions et nous nous soutenons mutuellement. Il y aura aussi les élections municipales en mai 2024 et à Londres notamment et nous serons présents pour la candidate verte.
Nous souhaitons évidemment qu’il y ait le plus de députés Verts à la House of Commons, et il y en a au moins quatre dans des positions favorables, notamment à Brighton et Bristol et espérons les voir élus.
Le nucléaire est un sujet très important en France pour votre parti, est-ce également le cas au Royaume-Uni ?
C'est tout aussi important ici et on s'y oppose tout autant. Il existe de nombreux risques au nucléaire : on enfouit les déchets et les laissons aux générations futures sans en connaître les conséquences, cela détruit l’écosystème… C’est également une catastrophe financière comme il est possible de le voir avec la centrale d’Hinckley Point dont la construction a des années de retard et devrait coûter 26 milliards de livres sterling, contre 18 milliards prévus en 2016. Et notre dépendance aux régimes autocratiques internationaux, comme nous le voyons avec le conflit ukrainien, met à mal notre souveraineté énergétique qui est fondamentale. En France, les nouveaux réacteurs nucléaires annoncés par le Président Macron ne seront pas disponibles avant au moins 2035, ce qui ne résout pas le problème de l’urgence climatique.

Bien sûr, nous pensons qu’il faut investir dans les énergies renouvelables, c’est essentiel de transitionner progressivement vers ces énergies et d’investir massivement. Le Royaume-Uni a beaucoup investi dans l’éolien, notamment offshore en Écosse, et le roi Charles III tient un discours important sur l’écologie. Mais le gouvernement conservateur investit toujours dans les énergies climaticides en offrant de nouvelles licences pour l’extraction pétrolière.
Vous avez récemment annoncé changer le nom du parti pour “élargir l’audience”. Est-ce aussi un souhait pour le groupe basé au Royaume-Uni ?
Effectivement, nous trouvons plus de cohérence avec le nom “les Écologistes”. Les citoyens ont tendance à nous appeler “les écolos” et d’autres partis européens s’appellent simplement “ECOLO” comme en Belgique ou encore “les Verts” en Allemagne. Même si nous avons décidé de changer notre nom pour être mieux identifiés, nous maintenons pour l’instant “Europe écologie les verts” dans nos communications. L’idée c’est d’avoir un parti plus ouvert qui rassemble toutes les personnes qui se retrouvent dans nos valeurs.
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