Dimanche 17 octobre 2021
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Retours d’expats : un an de vie à Brighton

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 27/05/2021 à 12:04 | Mis à jour le 28/05/2021 à 13:55
Photo : Benoît Salvat
Vue d'ensemble du Pier de Brighton

Nous vous proposons, avec mon ami photographe Benoît Salvat, un retour en images sur notre épopée d’expatriés dans une ville balnéaire royale. J’avais en effet à cœur depuis mon arrivée dans cette rédaction de vous présenter un lieu dont je me suis éprise l’an passé : Brighton.

De l’humain qui la magnifie aux scènes du quotidien qui la composent, nous vous retranscrivons notre Brighton. Bienvenue dans l’intimité de notre vécu d’une année so british.

 

Les Seven Sisters

Presque dément de s’enthousiasmer à ce point d’un message reçu. Oui mais voilà, le fameux texto est celui de cet autre expatrié déjà familier des lieux. Celui-là même que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam, et qui pourtant rassure, tel un pied à terre. Que voulez-vous, c’était aussi ma première au Royaume-Uni :

« On a rencontré un français qui peut nous emmener aux Seven Sisters en voiture, il reste une place pour toi »

À peine le temps de rencontrer les hôtes de ce AIRBNB dans lequel nous passons tous les premières nuits de notre expatriation, de faire cette promenade concise de satisfaction dans la ville, et de se plonger dans la bonne nuit de sommeil pour compenser celle sans fermer l’œil d’avant le départ. Dès le lendemain, je me retrouvais sur les emblématiques falaises crayeuses désirées par n’importe quel être humain de passage à Brighton.

Le français en question, c’est le photographe que je vous présente au travers de ces lignes. Malgré la timidité ambiante du premier jour, et bien aidés par ces musiques au travers desquelles nous nous présentons, nous commençons à percevoir à quelques encablures la magnificence à venir. Souffle coupé par le panorama des falaises et, ensuite, par celui proposé en leur sommet. L’envergure des lieux déboussole, la beauté est telle que même les habitués locaux ne se lassent pas d’entretenir leurs souvenirs de ces « sept sœurs » jonchées sur la Manche, à qui l’érosion devrait un jour procurer une nouvelle-née. Une virée là-bas est ainsi, croyez-nous, un gage de “zénitude” absolue.

 

Vue au bord des falaises Seven Sisters
Photo : Benoît Salvat

 

Le Pier

Notre petit groupe de français est désormais d’ores et déjà très soudé, hors de question de fréquenter le Pier séparément. Elles ne sont que deux jetées classées Grade I au sein de tout le Royaume-Uni, dont cette effigie du patrimoine de Brighton !
Ne tentez pas d’esquiver « The Palace of Fun », c’est peine perdue. La régression nostalgique obligatoire qui en découle est réconfortante.
Nous nous cotisons et gagnons, à trois… un crayon, me semble-t-il. Les cheveux au vent et une fois la frustration écartée, nous nous délectons des vues saisissantes sur la mer et sur le centre-ville depuis l’extrémité du ponton, sans omettre le design si pittoresque de ce petit complexe.

 

Une petite montagne russe sur la jetée de Brighton
Photo : Benoît Salvat

 

Vue d'ensemble du Pier de Brighton
Photo : Benoît Salvat

 

Entre deux leçons à la fac, nos promenades hautes en couleur…

Car la couleur, tout comme la mer, est omniprésente à Brighton. Fresques cachées dans des ruelles étroites, maisons mitoyennes avec pour chacune, sa teinte bien à elle… Pour contrer le mauvais temps britannique (quoique Brighton bénéficie de l’un des taux d’ensoleillement parmi les plus élevés du pays), rien ne vaut cette pléthore de coloris présents dans tous les recoins de la ville, laquelle est d’ailleurs célèbre pour ses bâtiments arc-en-ciel !

Aussi n’avons-nous cessé d’observer tout au long de l’année l’évolution des teintes lumineuses encore inconnues la veille, ou de dénicher cette énième maison pas comme les autres parsemée de lilas… Et sans cesse, le turquoise des jolies barrières qui séparent les rues centrales de la mer.

 

Des maisons de couleur pastel à Brighton avec un arbre en fleurs rouges au premier plan
Photo : Benoît Salvat

 

Un homme se promène avec des tables de terrasse à côté et une immense tour derrière lui
Photo : Benoît Salvat

 

L’i360

Sur la photo ci-dessus, cette tour immense dans l’arrière-plan recouverte d’un « donut » ascendant, c’est le bien nommé British Airways i360. Une construction très prisée de tous les touristes curieux de la vue procurée sur l’ensemble de la ville… mais qui déplaît fortement aux jeunes que nous y avons rencontrés !
« Moche », « des millions qui auraient pu être dépensés pour aider les sans-abris », « une tour phallique » ( ! ), la nouvelle génération de Brighton ne tarit pas d’éloges sur cette tour qui fut érigée en 2016.
À mon tour de vous demander, chers lecteurs : qu’en dites-vous ? Pensez-vous, à titre personnel, qu’elle gâche la jolie baie de Brighton ?

Vous reprendrez bien un peu de bord de mer ?

Parce qu’elle est partout, fait office de point de repère pour tous les habitants de la commune. Même dans nos modestes logements d’étudiants, Benoit et moi-même en étions tout proches. Le bruit des vagues berce le quotidien de chacun. Il n’existe pas de saison durant laquelle vous n’apercevrez pas un ou deux exaltés qui s’y baignent sans vergogne. L’homme en solitaire sur son paddle sur la photo consacre cet amour du grand bleu, même en plein mois d’octobre.

 

Un homme sur son paddle dans la mer, à l'arrière-plan une vue de la ville en début de soirée
Photo : Benoît Salvat

 

Un homme se promène au bord de mer en mangeant une barbe à papa
Photo : Benoît Salvat

 

Ce mangeur de barbe à papa illustre quant à lui le symbole du courage anglais. Car ce que vous ne percevez pas derrière sa gloutonnerie, c’est le danger ubiquiste des mouettes les plus coriaces que j’aie jamais rencontrées.

Petite histoire : À notre arrivée sur le campus de notre Université, nous fûmes conviés à une réunion d’informations avec une foire aux questions. On pouvait voter pour la question la plus pertinente, à laquelle l’association estudiantine répondait ensuite.
La grande gagnante ? « Une mouette s’est infiltrée dans ma chambre et a volé mon petit-déjeuner. Comment puis-je le récupérer ? ».

Ne sous-estimez pas l’appréhension de la mouette pour votre intégration dans la ville… Pour démontrer votre appartenance à la ville, et ne pas passer pour le touriste mal intégré, il vous faut vous débarrasser au moins en apparence de sa peur, face à leur leur agressivité pourtant légendaires. Dans mon cas, mauvaise nouvelle : je n’y serais jamais parvenue !

Afin d’éviter les réminiscences de ce stress post-traumatique, je m’abstiendrai de poursuivre sur ces véritables ennemis publics et ne retiendrai plutôt que le goût des barbes à papa, emblématiques de ces petits plaisirs d’enfant que vous prodigue à foison la ville, et la vision de cet homme que le froid ne découragera certainement pas de déguster quoiqu’il en coûte sa friandise en longeant la mer.

Le chic de Brighton : “chacun fait c'qui lui plaît”

Qu’il fait bon vivre en ce fief de l’extravagance à l’anglaise. Encore plus libérée que Londres, tout le monde peut y être ce que bon lui semble. Toutes les minorités de genres et de sexualités s’entrecroisent pour un vivre ensemble traduisant d’une mixité au bord de l’utopique. Rien ne choque : les bras vous sont grands ouverts.

Aisément, nous nous sommes mélangés avec les locaux sans trop de préjugés de leur part, si ce n’est le traditionnel “baguette?”. La libération des mœurs et la célébration des singularités sont partout.

L’exubérance veille au grain. Tous ces aficionados de mode m’ont fait comprendre que l’originalité est, en fait, un art à part entière que nous nous devons de cultiver précieusement.

Le manteau de fourrure bob assorti et le regard perçant qui semble crier haut et fort que « rien n’est trop beau pour moi ! »… Ou encore le trois pièces, chaînette à la poche, au look Peaky Blinders fracassé par un parapluie efféminé à souhait… Rien ne serait trop audacieux pour Brighton City !

 

Une dame avec un manteau de fourrure regarde l'objectif
Photo : Benoît Salvat

 

Un homme en costume à carreaux sous la pluie, face à l'objectif
Photo : Benoît Salvat

 

Ainsi nous souhaiterions que ces quelques photographies vous contamineront avec l’envie de découvrir ou de retourner dans la ville qui prospère « entre mer et collines », mais aussi entre ses couleurs, sa chaleur et son extravagance qui nous manquent chaque jour. Nous n’avons pu vous offrir qu’un résumé de tout ce qu’elle a à offrir, il ne manque plus que vos propres photos. 

 

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Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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