Édition internationale

PEKIN-PARIS-LONDRES – 14.500 km à vélo !

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

Les 80 cyclotouristes de Pékin-Paris-Londres sont arrivés tout sourire mardi 28 août à 16h au pied de Tower Bridge. Après 5 mois d'expédition en Asie et Europe, c'est avec joie et fierté qu'ils ont rendu leur vélo à la Fédération Française de Cyclotourisme après une dernière photo souvenir devant l'un des symboles londoniens

(Crédit : Elodie LLanusa)

 

En avril dernier, 80 courageux quittaient le stade olympique de Pékin pour se rendre, à vélo, jusqu'à Londres. Un périple de 14.500 km à travers 13 pays différents aux paysages parfois luxuriants, parfois désolés. Partis depuis la Chine, ils ont par la suite traversé le Kirghizistan, le Kazakhstan, la Russie, l'Ukraine, la Moldavie, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne, la France et pour finir l'Angleterre. Pour tous, le bilan de cette expérience est positif.

Des débuts assez difficiles
Bien sûr, il y a eu quelques galères au cours du périple. Outre les efforts physiques requis pour arriver au bout de chaque étape, les conditions d'hygiène parfois sommaires, la poussière, la chaleur, la neige, le froid ; entretenir des relations saines au sein d'un aussi grand groupe de personnes n'a pas toujours été aisé. "Il faut composer avec les caractères de chacun, explique Jean-Pierre, même quand ils ne sont pas 'fusionnables'". Un autre cycliste, Daniel, ajoute que les problèmes ont été plus importants au début mais que petit à petit, l'habitude, la patience et le partage de cette expérience peu ordinaire avaient finalement pris le dessus sur les différends. Pour d'autres, comme Jeannine, gérer un groupe de 80 personnes a été moins lourd que prévu. "C'est normal qu'il y ait des petites histoires. Il arriverait la même chose dans un groupe de 30, 20 ou 10. L'avantage quand on est si nombreux, c'est que chacun peut trouver chaussure à son pied". Mireille, elle, qui avait déjà réalisé l'exploit Paris-Pékin en 2008 en tandem avec son mari, a surtout été marquée par "un profil d'étapes très dur" dès le début de l'aventure. "Il y avait des montagnes, un changement d'alimentation, des conditions de vie plus précaires. Les organismes n'étaient pas encore préparés à tant d'efforts. Les premières semaines, il y a eu beaucoup de malades". Une situation qui ne s'était pas manifestée en 2008 puisque le départ avait été plus "cool", et "l'acclimatation plus progressive". "Dans Paris-Pékin, on avait commencé par ce qu'on connaissait déjà et quand nos corps ont été habitués à l'effort, à la privation, c'est là qu'on a attaqué les épreuves les plus dures", raconte Mireille. L'expédition jusqu'à Londres aura, quant à elle, connu plusieurs abandons et deux accidents importants (fractures du bassin).

(Crédit : Elodie LLanusa)

Une expérience réussie
A l'arrivée pourtant, c'est le même geste pour tout le monde. D'un revers de main, ils effacent leurs souvenirs désagréables pour se remémorer avec plaisir les moments les plus heureux. Le bonheur d'être arrivé gomme par magie tous les petits points négatifs de ces 5 mois. Le Kirghizistan, traversé pendant 10 jours en juin, est le coup de c?ur unanime. Les yourtes, les habitants accueillants, les paysages verdoyants ont fait la joie des cyclotouristes. Pourtant, c'est en traversant l'un des cols à 3 326 mètres d'altitude du pays que le groupe a rencontré une tempête de neige. Certains ont même dû trouver refuge dans les voitures balais pour la descente. A l'inverse, la Bulgarie n'a pas eu beaucoup de succès, considéré par certains comme "un pays peu joyeux, avec d'anciennes belles maisons qui semblent à l'abandon". Que les pays soient beaux ou sombres, les voyageurs reconnaissent la chance qu'ils ont eu de les traverser, de les découvrir dans ces conditions. "Nous avons jeté un regard sur des pays qui ne nous auraient pas attirés par ailleurs, confie Daniel, cette expédition nous a vraiment donné l'opportunité d'aller là où nous n'aurions jamais osé". Même si, à 80, on n'a pas toujours le temps de se poser pour en profiter...

Une organisation minutieuse
Si les participants ont financé par leurs propres moyens ce voyage de 5 mois, leur parcours a été grandement facilité par les soins de la Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT). Grâce aux chefs d'expédition comme Jean-Michel Richefort, les visas et autorisations de circulation ont été obtenus sans que les cyclotouristes n'aient à s'en occuper. "Dormir, manger, pédaler. C'est tout ce qu'on avait à faire ! C'est pas un gros avantage, ça ?", plaisante Mireille. Cela avait un prix : un agenda plutôt serré, un rythme souvent trop soutenu, des logements parfois spartiates. Mais qu'on se le dise, ils considèrent tous que le jeu en valait la chandelle !
A Paris, les 80 cyclotouristes ont été rejoints par deux nouveaux groupes. Une trentaine de jeunes emballés par un parcours Paris-Londres ainsi que 78 personnes appartenant à une association handisport, Arc en Ciel Aventures. Un beau clin d'?il pour cette épopée cycliste qui se termine à Londres la veille de l'ouverture des Jeux paralympiques. Jeudi, ils auront même la chance d'assister à certaines épreuves de cyclisme, natation, équitation, basket et judo. Vous pourrez ensuite les rencontrer à l'Institut Français à partir de 16h lors d'une réception en leur honneur.

Brunis par 5 mois en plein air, le visage radieux, tous les cyclistes étaient visiblement ravis de leur épopée et surtout "heureux" d'arriver au bout "en bonne condition". Si certains veulent en faire une aventure unique, d'autres s'imaginent déjà repartir. On leur souhaite bonne route !

Elodie LLanusa (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 29 août 2012

En savoir plus :

Fédération Française de Cyclotourisme (FFCT) : http://www.ffct.org

Vous pouvez suivre les aventures de Daniel et Jeanine sur leur blog

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Publié le 29 août 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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