Samedi 23 octobre 2021
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Célia, nounou expatriée auprès de French Nanny London, nous raconte son métier

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 11/09/2021 à 10:54 | Mis à jour le 11/09/2021 à 11:13
Photo : Celia de French Nanny avec un enfant
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Après les premiers échanges avec l’agence French Nanny London, la curiosité de notre rédaction est piquée. Nous rencontrons donc Célia, une nanny londonienne qui nous relate en détail le métier et ses particularités.

 

Propos recueillis par Luther Beaumont et Marie Benhalassa-Bury.
 

Quand avez-vous entamé votre carrière ? Quelles en étaient les motivations ?

J’ai commencé en tant que fille au pair en arrivant à Londres il y a 2 ans tout pile pour parfaire mon anglais. Je suis intervenue pendant 1 an et demi, de septembre 2019 à mars 2021, au sein d’une famille française. Je suis donc restée en Angleterre durant tous les premiers confinements, avec la singularité que nous nous trouvions tous à la maison. Les parents télétravaillaient, mon accompagnement des enfants à domicile leur a donc permis de vivre décemment cette nouvelle façon d’opérer professionnellement. J’aurais pu rentrer en France, mais j’ai fait le choix de rester en leur compagnie et de continuer de m’occuper de leurs enfants. Un véritable lien s’est créé, du fait de la nature de la fonction mais aussi de la pandémie. Bien évidemment, il restait difficile de vivre dans une famille qui n’est pas la mienne, mais cela illustrait notre entente : pas même une dispute au compteur ! Ma situation demeure rarissime, la plupart des nannies et au pairs que je connais étant rentrées en France avec la première vague de Covid, par choix ou parce que les familles veillaient elles-mêmes sur leurs enfants malgré leurs emplois. Quel était votre degré d’expérience dans la profession avant cette aventure ? J’ai 22 ans et j’ai toujours travaillé avec les enfants. J’avais obtenu mon BAFA en 2017, puis exercé différentes fonctions liées à la petite enfance : centres aérés, colonies de vacances, babysitting…
 

Quel âge ont les enfants dont vous vous occupez habituellement ?

En tant qu’au pair, il est impossible de s’occuper d’enfants de moins de deux ans. Par contre, la personne au pair peut être nécessitée jusqu’à l’âge de l’autonomie, qui bien entendu diffère selon l’enfant : j’ai une collègue qui travaillait dans une famille où l’aîné avait 14 ans révolus. J’étais moi-même avec des enfants de 5 et 8 ans. Je suis ensuite devenue nanny, et les âges devenaient alors plus variables : Cassandre et Jacques, les enfants que je garde en ce moment, ont 10 mois et 3 ans.
 

Comment avez-vous rejoint French Nanny London ?

J’ai quitté une famille en tant qu’au pair en mars 2021. Une fois mon préavis présenté en février, je postule tout de suite sur Indeed. Fanny me contacte alors, et me dégote immédiatement un nouveau foyer avec lequel je ne suis restée qu’un mois en tant que live in nanny. Bien que tout se soit bien passé avec la famille, la situation live-in ne me convenait finalement pas. Fanny m’a aidé à trouver très rapidement une nouvelle famille, en live out cette fois-ci, au sein de laquelle j’exerce toujours. Les forces de French Nanny London, résident selon moi dans l’encadrement sans faille que l’agence offre : l’agence m’a non seulement aidé à trouver un travail mais m’a aussi écoutée et accompagnée pendant ma recherche.
 

Comment avez-vous vécu la transition de au pair à nanny ?

Je comparerais ça à une promotion ! Être Nanny est désormais un véritable métier pour moi, qui j’espère me servira de tremplin pour réaliser mon rêve de toujours : devenir psychologue pour enfants, dans le cadre de ma reprise d’études.
 

Avez-vous une prédilection particulière dans l’exercice de votre métier ?

Avec ma licence de psychologie, et ayant passé mon BAFA en amont de mon expatriation, je me découvre des facultés pour l’apprentissage du français aux enfants en bas âge. S’il nous faut parfois parler anglais, la transmission de la langue française est au cœur de notre mission. Il y a une grande demande de la part de familles françaises, ou du moins binationales. En effet, les enfants sont souvent inscrits dans des nurseries sur place, où ils y apprennent l’anglais, et les parents recommandent par conséquent la pratique du français à la maison afin de mieux équilibrer ce bilinguisme.
 

Combien de langues parlez-vous ?

Je parle le français, l’anglais et l’espagnol.
 

Cette expérience à l’étranger a-t-elle changé votre façon de concevoir le métier ?

Je ne connaissais pas du tout ce métier ! Il faut comprendre qu’être nanny diffère de la fonction de babysitter. J’ai tout appris sur place et me suis surtout découvert un goût prononcé pour l’aspect linguistique de ce job. J’en apprécie aussi l’organisation quotidienne. Mes horaires actuels s'étalent de 7h à 8h30 et de 16h à 20h avec plus d’heures le mercredi. Le déroulement de mes journées s’avère particulier mais pratique : entre 9h et 15h30, je dispose d’un certain temps libre pour faire du sport, étudier, déjeuner entre amis, me reposer… Et puis, à mes yeux, passer du temps avec les enfants est plus une partie de plaisir qu’une source de pénibilité.
 

Il doit quand même y avoir des difficultés, émotionnellement, entre les cris, les pleurs des petits… ?

Je ne ressens pas mon métier comme une contrainte. Je dois admettre avoir été très chanceuse quant aux enfants que j’ai gardés puisqu’ils étaient relativement sages. Bien sûr, le job comporte toujours son lot de pleurs et de sautes d’humeur… Mais il est essentiel de rappeler qu’un enfant ne fait pas de caprice sans raison. Il comprend bien plus que ce qu’on imagine, surtout si on leur parle beaucoup. Je communique donc un maximum et tente systématiquement de comprendre l’origine réelle des pleurs !
 

Nous ne pouvons concevoir qu’il n’y ait tout de même pas eu des souvenirs marquants, des moments de joie particuliers voire des petits tracas inhérents à l’activité…

Je vous le concède : il m’est arrivé un petit moment de panique ! Un épisode qui n’a duré qu’une trentaine de secondes ou le petit que je gardais avait emboîté le pas à un véritable sosie de ma personne ! La femme me ressemblait comme deux gouttes d’eau, c’était très surprenant…

Quant aux moments de joie, ils sont multiples. Je me souviens surtout des départs en vacances des enfants durant lesquels je recevais des vidéos adorables, des petits messages… La famille avec laquelle j’avais noué des liens très solides – nous sommes toujours en contact ! – m’a même déjà emmené en vacances avec eux. À mon départ, ils m’ont offert un joli livre-photos collectant les moments passés ensemble…. La conclusion que je tire de tous ces épisodes est celle de l’abandon de la peur, certainement universelle, d’être une mauvaise mère. Je me rends compte que mes qualités maternelles s’appliqueront à ma propre progéniture, c’est encourageant !

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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