

La Saatchi Gallery propose jusqu'au 17 avril une exposition des oeuvres de la nouvelle génération d'artistes britanniques sélectionnés par le célèbre galeriste Charles Saatchi. A découvrir, plus de 150 sculptures, peintures, installations et photographies
[IMAGES: Nadège Druzkowski] Anthea Hamilton The Piano Lesson
L'art contemporain britannique s'affiche à Londres. Alors que la Hayward Gallery propose actuellement un état des lieux de l'art britannique des cinq dernières années, la Saatchi Gallery n'est pas en reste. Dans sa dernière exposition intitulée Newspeak : British Art Now - Part II, la galerie présente les oeuvres d'une cinquantaine d'artistes récemment repérés par Charles Saatchi.
Prédilection pour la peinture et la sculpture
L'exposition fait suite à la première partie présentée en octobre dernier. Charles Saatchi, le premier à acheter les ?uvres d'artistes qui devinrent connus sous le nom de Young British Artists (YBA) comme Damien Hirst ou Tracey Emin, entend proposer les créations de la nouvelle génération d'artistes britanniques ou étrangers, ayant élu domicile à Londres. Au cours de l'exposition se dégage nettement la touche de l'ancien maître de la publicité dont la sélection tend à promouvoir des ?uvres chocs et ironiques. Prédilection est donnée à la peinture et à la sculpture tandis que les films et travaux vidéo ne sont pas représentés.
Une exposition de grande envergure
Steven Bishop Christian Dior - J'Adore (Mountain Goat)
Le titre de l'exposition fait référence à 1984, un roman de George Orwell dans lequel le Newspeak (le Novlangue) est la langue officielle d'Océania, un pays fictif. Son vocabulaire très réduit s'applique à restreindre l'étendue de la pensée. L'exposition recherche l'effet inverse et vise à montrer comment une nouvelle génération d'artistes ouvre et étend le vocabulaire visuel. Répartie dans douze salles sur trois étages, la sélection est d'une grande envergure, non seulement de par la taille des ?uvres présentées mais aussi de par leur qualité et la diversité des styles. Parmi les ?uvres phares, citons le travail de l'italien Maurizio Anseri qui s'articule autour de portraits d'antan recouverts d'intéressants motifs brodés. Toby Ziegler présente de grandes peintures colorées, élargissement monumental de modèles conçus initialement en numérique, tandis que Tom Elli dans un tableau de grand format, aux tons gris sombres, met l'accent, avec The Dogs, sur la banalité de l'accouplement de deux chiens regardant la mer. En photographie, la française Clarisse d'Arcimoles remet en scène des membres de sa famille. En choisissant de juxtaposer des portraits d'enfance à des scènes identiques mais habitées par des adultes, elle questionne le passage du temps. Les photographies d'Idris Khan, superposition de structures industrielles, ont la douceur et l'irréalité de dessins à la mine de plomb. Les sculptures de Steven Bishop comme Christian Dior J'Adore (Mountain Goat) voir photo ont un délicieux côté décadent. Quant à Swarm, l'installation de Tessa Farmer, elle ne manquera pas de susciter les plus vives curiosités : en suspension dans un aquarium, d'étranges créatures, sortes de chevaliers apocalyptiques, faits de résidus d'insectes et de plantes séchés chevauchent de véritables insectes desséchés dans une sorte de combat aérien interrompu.
Enfin, pour ceux qui ne l'ont pas encore découverte, l'installation de Richard Wilson intitulée 20:50 est toujours présente. Ce qui de prime abord ressemble à une parfaite réflexion des plafonds de la salle n'est pas un miroir mais un lac d'huile de pétrole recyclée. Une ?uvre impressionnante qui vous laissera pantois.
Nadège Druzkowski (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 24 mars 2011
Newspeak: Brtish Art Now - Part II
Saatchi Gallery
Duke of York's HQ, King's Road
Chelsea, London, SW3 4SQ
Jusqu'au 17 avril
Entrée libre
Plus d'infos : www.saatchi-gallery.co.uk

























