

À l'heure où le cinéma français connait un succès retentissant à l'étranger, French Cinema London veut s'inscrire comme l'un de ses acteurs incontournables en Grande-Bretagne. Émission mensuelle, reportages ou interviews, la société de production ne se fixe "aucune limite". Rencontre avec son co-fondateur, Joe Soufflet

À 31 ans, Joe Soufflet a la bougeotte. Il ne le dément pas. Avec French Cinema London, l'entrepreneur n'en est pas à son coup d'essai. Un fanzine à 17 ans, différents business développés dans la restauration, l'évènementiel ou encore les vêtements, Joe est un "touche à tout". Alors quand sa femme Caroline Bodin, journaliste, lui fait part de son envie de renouer avec le cinéma, son premier amour, l'idée ne fait qu'un tour. "On s'est assis l'un en face de l'autre et on a commencé à rêver. En un quart d'heure, French Cinema London était né", explique-t-il.
Installer la marque
Un an plus tard, la société de production est en avance sur ses temps de passage. En douze mois, French Cinema London s'est forgée une véritable crédibilité dans un secteur de niche : parler du cinéma français en anglais. "C'est quelque chose qui n'existait pas en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, les sociétés de production, les distributeurs, les cinémas, les chaines de télévision mais aussi bien sûr les acteurs nous connaissent", assure Joe. Frapper aux portes et se faire un nom a été la première étape. L'interview de Jean Dujardin, réalisée sur le tapis rouge du BFI Festival en octobre 2011 a boosté la notoriété de la marque. Depuis, Eric Cantona ou encore Catherine Deneuve ont complété la collection.
Deuxième étape : structurer une société qui multiplie les projets. L'émission mensuelle "Side Angle", co-produite par Gale Force TV, en fait partie mais ce n'est pas tout. "Notre force est de produire des programmes prêts à être diffusés. Il y a Side Angle mais aussi des interviews, du reportage, des "1min30" ou des "5min". Nous avons aussi réussi en un an à constituer un stock d'images d'archives assez conséquent. Nous sommes donc prêts à répondre à une multitude de demandes", prévient Joe.
Un réseau sur lequel s'appuyer

Avec Caroline, ils ont constitué une équipe prête à aller sur le terrain dès qu'une opportunité se présente. Entre Londres, l'Écosse, Paris ou encore le sud de la France, une dizaine de jeunes journalistes free-lance collaborent avec French Cinema London. "Le but est que tout le monde ait l'opportunité de s'éclater dans ce projet. Grâce à French Cinema London, des jeunes journalistes ont accès à des évènements, des festivals et des interviews et chacun a ainsi l'opportunité de se faire une place", explique l'entrepreneur. Ce dernier accorde d'ailleurs une grande importance à la notion de réseau, une des clés de la réussite selon lui. D'un projet à l'autre, il peut s'appuyer sur des gens de confiance tout en les faisant profiter de chacune des nouvelles opportunités qui se présentent. Mais attention, les contacts ne tombent pas du ciel : "Il faut se les créer soi-même et surtout prouver qu'on les mérite". L'entreprenariat vu par Joe, c'est aussi une histoire d'amitié. Pas besoin d'une "signature au bas d'un contrat". "Une bonne poignée de mains et une franche discussion" suffisent à savoir si une collaboration est possible.
Londres, capitale européenne de l'entreprenariat
Cette vision et ce goût de l'entreprenariat, Joe l'attribue à son enfance passée dans les quartiers difficiles en banlieue parisienne. "Si personne ne peut m'offrir la chance de faire quelque chose que j'aime, alors je dois trouver le moyen de le faire par moi-même", résume-t-il. À 17 ans, bac en poche, il applique "sa devise". Il arrête les études et commence à travailler dans la restauration. Quelques années plus tard, c'est le départ sur la Côte d'Azur et l'ouverture d'un premier restaurant avec un ami…Les prémices d'un parcours d'entrepreneur déjà bien rempli.
L'autre secret de Joe : ne pas avoir peur de l'échec. "Sur 15 idées, peut-être que seulement la moitié d'une va fonctionner mais peu importe. Il faut les explorer à fond", explique le natif du Val-de-Marne. Un leitmotiv qu'il est possible d'appliquer à Londres. "Ici, on a le droit de se tromper. Il suffit de reconnaitre ses erreurs et on peut se relever aussi vite", décrit Joe. Les Britanniques sont "plus ouverts" et voient "le verre à moitié plein". Un optimisme qui rend les choses plus faciles. Une différence avec la France visible dans les mentalités mais aussi dans les statuts. Monter son entreprise en Grande-Bretagne prend "une idée, 20 minutes et 18£". "Si tu ne gagnes pas d'argent, elle ne te coûte rien. Tu peux donc prendre ton temps", renchérit-il. Londres, un paradis pour les entrepreneurs ? "On parle du rêve américain, mais ici, c'est le rêve européen". À 2h30 de Paris…
Après avoir soufflé sa première bougie en grande pompe la semaine dernière, French Cinema London poursuit sa route. Vers où ? "Le chapitre de l'introduction est terminé. Nous sommes en train d'écrire les péripéties et encore très loin de prévoir une conclusion…", assure Joe. Une chose est certaine : lui comme French Cinema London continueront à explorer toute les pistes.
Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 1er octobre 2012
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