Édition internationale

ÉLISABETH GUIGOU - "Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble"

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Ancienne ministre des Affaires européennes et actuelle responsable des questions institutionnelles européennes dans l'équipe de campagne de François Hollande, Élisabeth Guigou a rencontré jeudi les adhérents au Parti Socialiste de Londres. À l'occasion d'un entretien avec Lepetitjournal.com, la député est revenue sur les élections législatives dans la troisième circonscription mais aussi sur les difficultés actuelles que connaissent les relations franco-britanniques

(Crédits: AFP)

lepetitjournal.com : Quelles sont les raisons de votre venue à Londres ?
Élisabeth Guigou : Je suis venue à Londres pour un colloque franco-britannique qui a lieu depuis 25 ans mais j'ai avancé mon voyage pour pouvoir rencontrer essentiellement des responsables du Labour Party mais aussi des membres du gouvernement britannique actuel. J'espère que François Hollande pourra venir bientôt. C'est en tout cas dans ses intentions. Il a déjà été en Allemagne et en Italie et il espère pouvoir venir à Londres donc l'idée est aussi de commencer à voir comment cela pourrait se faire.

Comment s'est passée votre rencontre avec les adhérents au Parti Socialiste de Londres ?

Très bien. D'abord parce que Axelle Lemaire est une amie. Nous nous connaissons déjà depuis pas mal de temps. Je suis très heureuse qu'elle soit notre candidate. Elle a de bonnes chances dans une circonscription qui est difficile pour la gauche mais elle est jeune, combative avec une équipe dynamique et elle a face à elle des adversaires qui j'ai l'impression sont divisés. J'ai fait la connaissance autour d'elle d'une équipe de militants assidus, avec beaucoup de jeunes et c'est un atout formidable car il faut qu'on arrive à ce que les jeunes viennent voter. C'est pour nous évidemment un enjeu considérable.

Est-ce que c'est justement cela, une forte participation des jeunes, qui peut changer la donne dans une circonscription traditionnellement à droite ?
Sans doute que ça peut être un élément très important. Je pense aussi que l'issue de l'élection présidentielle aura un grand rôle. Là c'est un autre élément qui est peut-être favorable à notre candidate car pour l'instant on sent notre candidat dans une position avantageuse. Maintenant il faut être très attentif parce que les sondages sont des photographies à un moment donné et il est d'ailleurs probable que les écarts se resserrent entre la droite et la gauche. Il faut le savoir mais je crois que nous avons de très bonnes chances de réussir.

(Crédits: Simon Gleize) (Élisabeth Guigou aux cotés d'Axelle Lemaire et des militants PS de Londres)

C'est important que les Français de l'étranger soient enfin représentés par des députés ?
Oui, je pense que c'est important, parce que les Français vivent de plus en plus à l'étranger. C'est une bonne chose, je crois beaucoup à ces échanges et ces brassages. On s'internationalise de plus en plus et c'est très bien, mais en même temps ce n'est pas facile de mener une vie de citoyen quand on est à l'étranger donc ça peut être un bon moyen de rapprocher la politique du citoyen où qu'il soit. Il faut aussi que nos représentants des Français de l'étranger fassent entendre, dans cette période de crise donc de tentation de repli, d'ignorance des réalités du monde extérieur, cette voix là. C'est à dire que nous ne sommes pas seuls au monde, ni même en Europe et qu'il faut aussi tenir compte de la culture et des priorités des autres peuples.

Vous êtes en charge auprès de François Hollande des questions européennes. Que faut-il faire pour réchauffer les relations franco-britanniques après les dissensions qu'on a pu percevoir en décembre dernier ?

Moi qui ai vécu la période Mitterrand-Thatcher de près comme conseillère à l'Elysée et Ministre, je peux vous dire que à l'époque c'était très très difficile aussi et pourtant on a su trouver des terrains de coopération et d'entente, malgré des divergences profondes notamment sur la monnaie unique. Je pense donc que l'on peut et que l'on doit y arriver. Il ne faut pas que le Royaume-Uni soit à l'écart ou à l'extérieur de l'Europe. Nous avons beaucoup de choses à faire ensemble dans des domaines variés comme par exemple l'industrie, l'énergie, l'environnement, la défense, l'éducation, la recherche, l'innovation?Ceux sont des champs de coopération immenses et dans lesquelles on peut aussi avoir des initiatives communes au sein de l'Union européenne.

Est-ce que c'est aussi une des raisons de votre venue ? Préparer un éventuel "après Nicolas Sarkozy" ?

Oui bien sûr. C'est très important. Je sais qu'on a réussi par le passé. Par exemple, lorsque Tony Blair et Lionel Jospin étaient Premiers ministres, il y a eu l'accord de Saint Malo, une étape décisive dans l'Europe de la Défense. Il faut que l'on trouve des façons de maintenir la coopération, de faire en sorte que le Royaume-Uni ne soit pas durablement écarté. J'ai du mal à comprendre les raisons qui ont poussé le gouvernement britannique actuel à se mettre à l'écart comme cela en décembre. Il va donc falloir essayer de trouver avec nos interlocuteurs, principalement le Labour, mais aussi, si François Hollande est élu, avec le gouvernement conservateur en place, des moyens de maintenir et même renforcer la coopération franco-britannique sur un plan bilatéral et peut-être même, je le souhaite en tout cas, prendre des initiatives conjointes en Europe. Je pense que l'on peut trouver si l'on cherche.

Propos recueillis par Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 23 janvier 2012

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Publié le 23 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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