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Accusé de viols, Benjamin Mendy décrit à son procès comme « un prédateur sexuel »

Le procès de Benjamin Mendy a débutéLe procès de Benjamin Mendy a débuté
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Écrit par Colin Porhel
Publié le 16 août 2022, mis à jour le 16 août 2022

Au troisième jour du procès du footballeur français, jugé pour viols, tentative de viol et agression sexuelle, le procureur Timothy Cray a dépeint un système terrifiant mis en place par le joueur et son coaccusé, Louis Saha Matturie, pour profiter de jeunes femmes « vulnérables ». Suspendu par son club de Manchester City, Benjamin Mendy risque désormais la prison à perpétuité.

 

« L’affaire est simple. Ça n’a pas grand-chose à voir avec le football. C’est un autre chapitre d’une histoire très vieille : des hommes qui violent et agressent des femmes car ils pensent détenir le pouvoir et croient pouvoir s’en tirer sans conséquences » : en ouverture de sa plaidoirie, lundi, le procureur Timothy Cray a tenu à replacer un procès ultra médiatisé sous l’angle judiciaire. Agé de 28 ans, Benjamin Mendy – qui nie l’ensemble des faits qui lui sont reprochés – comparait à Chester, dans le nord de l’Angleterre, pour huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle sur sept femmes entre 2018 et 2021.

 

Première à prendre la parole, l’accusation, représentée par Timothy Cray, a décrit avec des détails parfois glaçants la façon dont le défenseur de Manchester City profitait de sa notoriété et de sa richesse pour abuser sexuellement de femmes « vulnérables ». À l’époque, Benjamin Mendy vit « une période de succès et jouit d’une vie de privilégié. Les portes des restaurants et des boîtes de nuit lui étaient ouvertes, les gens voulaient être avec lui », rapporte le procureur. Mais outre la simple description des faits reprochés au Français, le procureur a surtout cherché à mettre en évidence l’existence d’un système rôdé dont aurait profité le footballeur.

 

Une porte au verrouillage spécial

Également assis dans le box des accusés, Louis Saha Matturie (qui ne possède aucun lien avec l’ancien international français), employé par Benjamin Mendy, était chargé de « trouver des jeunes femmes et de créer des situations où celles-ci pourraient être agressées et violées sexuellement », a affirmé le procureur. « Ensemble, ils s’étaient convaincus que le consentement libre et éclairé aux relations sexuelles des femmes qui entraient dans leurs orbites n’avait tout simplement pas d’importance. (…) Pour eux, ces femmes étaient jetables : des choses à utiliser pour le sexe, puis à jeter », a-t-il ajouté, en qualifiant les deux hommes de « prédateurs sexuels ».

 

Au cœur du système décrit par Timothy Cray, une pièce dont la porte, une fois verrouillée, ne peut s’ouvrir que de l’intérieur. Une sorte de « panic room » dont seul Benjamin Mendy connaît le moyen de la déverrouiller. « Il y a eu des viols dans cette pièce », a avancé le procureur, citant des témoins. Les accusés « savaient très bien ce qu’ils étaient en train de faire », a-t-il encore assuré, estimant qu’ils étaient « prêts à franchir la limite » du consentement « encore et encore ».

 

Des femmes parfois violées plusieurs fois le même soir

Parmi les victimes présumées des deux hommes, une d'entre elles aurait été violée lors d’une fête au domicile du footballeur en juillet 2021. Celle-ci se serait réveillée à plat ventre sur un canapé, avec l’ordre de « ne pas bouger » pendant l’acte non consenti. Timothy Cray a également raconté comment une autre femme aurait également été violée dans la « panic room » après avoir été privée de son téléphone, en marge d’une fête organisée en août 2021. Celle-ci aurait ensuite été emmenée dans la salle de cinéma de la villa par Louis Saha Matturie, qui aurait profité de l’absence de témoins pour abuser d’elle. Après avoir appelé un taxi, l’homme aurait ensuite raccompagné la jeune femme chez lui, avant de la violer une troisième fois.

 

« Les actes que les accusés ont commis ensemble montrent une indifférence cruelle à l’égard des femmes qu’ils poursuivaient. Dans leur esprit, et cela ne pourrait pas être plus clair, le flot de femmes qu’ils amenaient chez eux n’existait que dans un but sexuel », selon Timothy Cray. Une description des faits glaçante, alors que le procès devrait encore durer plus de trois mois. Placé sous contrôle judiciaire en janvier dernier après quatre mois passés en prison, Benjamin Mendy et la défense s’exprimeront dans les prochains jours.

 

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