

Au royaume de Sa Majesté, David Cameron est-il plus populaire que ses rivaux sur la Toile ? Pour le savoir nous avons comparé le nombre d'abonnés des principaux leaders politiques du pays, mais aussi leur influence sur les réseaux sociaux. Et à ce petit jeu le vainqueur est...
(crédit : AFP)
Les hommes politiques britanniques ont souvent un ?il braqué outre-Atlantique sur l'allié américain. En matière de politique 2.0, ce sont bien leurs deux yeux que les membres de la classe dirigeante du Royaume-Uni devraient braquer sur le Président de la nation à la bannière étoilée. Du haut de ses quelque 21 millions d'abonnés sur le site de micro-blogging Twitter, Barack Obama est un modèle du genre. Mais si les politiciens britanniques ne lui arrivent pas à la cheville, qui s'en sort le mieux entre David Cameron, les frères Miliband, le fantasque Boris Johnson ou encore Nick Clegg ?
Qui a la plus grande communauté d'abonnés sur la Toile ?
À tout seigneur, tout honneur. Le Prime minister David Cameron n'est pas un accroc de Twitter, le réseau social en vogue sur lequel les chefs d'Etat des quatre coins du monde se précipitent pour lisser leur image auprès de leur électorat et communiquer sur leur programme. Le locataire du 10 Downing Street n'affiche que 17 tweets sur son compte. Un maigre total. Mais son statut de chef d'Etat lui assure évidemment une visibilité conséquente. Bilan : un peu plus de 134.000 abonnés. À titre de comparaison, 482.000 personnes "follow" le compte de François Hollande. La page Facebook de David Cameron est, quant à elle, suivie par 172.000 fans.
Et ses rivaux ? Le maire de Londres Boris Johnson, son principal challenger au sein de la majorité, est le vrai boss sur le social network. Le fantasque et extravagant conservateur rassemble de loin la plus large communauté virtuelle avec 511.000 followers sur Twitter et 220.000 fans sur sa page Facebook. Particulièrement apprécié pour son sens de l'humour décapant, Boris Johnson n'est pas avare de formule tranchante sur Twitter. Ainsi en réponse à Mitt Romney qui décria la préparation de l'organisation des Jeux Olympiques de Londres comme "déconcertante" lors d'une visite en juillet, le maire de la ville lâcha ce tweet : "Evidemment, c'est plus facile d'organiser les JO au milieu de nulle part" (en référence aux Jeux d'hiver de Salt Lake City de 2002 dont Romney dirigea le comité d'organisation).
Du côté du Labour Party, Ed Miliband, est particulièrement actif sur le site au petit oiseau bleu. Son compte affiche 2141 tweets au mardi 23 octobre. Et 168 958 internautes suivent son profil. Une performance notable qui témoigne d'une vraie stratégie sur le Web de la part de l'étoile montante des Travaillistes. Réputé pour être un geek, - la presse britannique décrit son bureau comme digne du centre informatique de Cap Canaveral - Ed Miliband est friand de coup d'éclats sur le Web. En septembre dernier, il fit preuve d'une grand sens de l'autodérision en répondant avec humour à des utilisateurs de Twitter qui avait placé le mot-clé #FuckLabour en tête des thèmes de discussion sur le site de micro-blogging. Son aîné, et grand rival David Miliband dans la course à l'investiture du parti pour les prochaines législatives, fait moins bien que son frère sur la Toile, avec "seulement" quelque 102.000 followers et 10.186 "like".
Enfin, si l'on tourne la tête en direction des Libéraux-Démocrates, la troisième force politique du royaume de Sa Majesté, Nick Clegg, son leader et Deputy Primer Minister en exercice, se défend bien. Sur Twitter, le "faiseur de roi" des dernières élections compte près de 94.000 abonnés et son compte est actif, avec 974 tweets. À noter que Nick Clegg signe les messages qu'il rédige lui-même de la lettre "N". Un effort de transparence que ne font pas ses rivaux.
Qui a la plus grande influence ?
Pour déterminer qui de David Cameron, les frères Miliband, Boris Johnson ou Nick Clegg a la plus grande popularité sur le Web, la course aux abonnés ne suffit pas. Penchons-nous donc sur le score Klout, une application qui permet de mesurer l'influence de chaque internaute grâce à une batterie de critères (par exemple le nombre de messages retweetés ou de mentions sur Twitter). Si Klout n'est pas un outil parfait, il s'agit du logiciel de mesure d'influence de référence.
À ce petit jeu là, David Cameron obtient un score de 79 ? l'échelle d'influence étant notée sur 100, score maximal. Pour ressortir le jeu des comparaisons, Barack Obama obtient une note de 99. Sans doute le score le plus élevé sur Klout. L'auteur de ces lignes n'ayant en tout cas jamais vu de ses yeux un "100". Boris Johnson, gratifié d'un score de 87 est le number one. Les internautes relayent ses propos sur les réseaux sociaux plus qu'aucun de ses concurrents. Dans la famille Miliband, David obtient un "67", et son cadet Ed un gratifiant "85". Signe que son compte Twitter - qui est le réseau social comptant le plus dans la notation de Klout - est géré de manière intelligente et stratégique par son équipe de communication et lui-même. Enfin, Nick Clegg obtient lui aussi un score de 85, qui le place à égalité avec le leader du Labour Party.
On le voit donc à travers cette brève analyse, le nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux n'est pas forcément l'unique signe d'influence sur la Toile. Et suivant ces règles, David Cameron arrive seulement en quatrième position de la course politique 2.0 loin derrière Boris Johnson et les leaders des deux partis rivaux des Torries. "David Cameron a-t-il besoin de recevoir des leçons d'Obama sur Twitter ?", s'interrogeait d'ailleurs le site Social Media Intelligence le 10 octobre.
De son côté, Nick Clegg est en tout cas celui qui obtient le meilleur rapport nombre d'abonnées/influence. Un signe avant-coureur du résultat du prochain scrutin législatif ?
Bonus : La vidéo buzz de Nick Clegg
L'humour et la transparence sont deux qualités essentielles face à la liberté de ton des internautes sur les réseaux sociaux. Nick Clegg a réussi à allier ces deux qualités pour transformer un couac en buzz. Alors que la vidéo dans laquelle il s'excusait de ne pas avoir tenu sa promesse de ne pas augmenter les frais universitaires a été massivement détournée par des internautes, le leader des Libéraux-Démocrates a décidé d' "officialiser" ce remix et de reverser les gains à une ?uvre caritative. Retournement de situation réussi...
Camille Belsoeur (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 25 octobre 2012

























