Pour la première fois, la dette publique britannique a franchi le seuil des 3 000 milliards de livres sterling. Un record annoncé ce mercredi 21 octobre 2026, à une semaine du budget d’automne. Entre hausse des intérêts de la dette, inflation et dépenses publiques difficiles à réduire, Londres doit trouver des solutions. Une situation qui fait par ailleurs écho aux difficultés budgétaires françaises.


Le Royaume-Uni atteint un nouveau seuil symbolique. Selon l'Office for National Statistics (ONS), la dette publique britannique s'élevait à 3 005 milliards de livres fin septembre, soit environ 94 % du produit intérieur brut (PIB). En six ans, elle a progressé de 2 000 à plus de 3 000 milliards de livres. À l'approche du budget du 28 octobre, ces chiffres renforcent la pression sur le gouvernement, qui doit concilier financement des services publics et maîtrise de l'endettement.
10.9 milliards d’intérêts en septembre 2026 : du jamais vu sur un seul mois au Royaume-Uni
En septembre, le gouvernement a emprunté 24,5 milliards de livres pour couvrir la différence entre ses recettes et ses dépenses. Sur les six premiers mois de l'exercice budgétaire, les emprunts ont atteint 97,8 milliards, soit 6 milliards de plus que prévu. Autre signal préoccupant : les intérêts de la dette ont représenté 10,9 milliards de livres sur le seul mois de septembre, un record pour ce mois depuis le début des statistiques comparables, en 1997.
La hausse des coûts d'emprunt et les tensions sur les prix de l'énergie, dans le contexte de la guerre en Iran, compliquent encore la situation. Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS, apporte toutefois une nuance : selon lui, la dette britannique continue d'augmenter en valeur absolue, mais son poids dans le PIB a légèrement diminué sur un an. Le problème reste néanmoins entier : l'État doit financer ses dépenses tout en consacrant des sommes croissantes au paiement des intérêts.
Le budget britannique du 28 octobre sous pression
Le ministre britannique des finances, John Healey, a promis de faire de la « discipline budgétaire » une priorité, alors que le Premier ministre Andy Burnham a déjà annoncé que des « décisions difficiles » seraient nécessaires. Des hausses d'impôts sont envisagées, alors que la réduction des dépenses sociales demeure un sujet politique particulièrement sensible.
De son côté, l'opposition conservatrice dénonce une mauvaise gestion des finances publiques. Pour Andrew Griffith, chancelier de l'Échiquier du cabinet fantôme conservateur, « le Parti travailliste a perdu le contrôle de l'économie.»
Pour le gouvernement, l'enjeu sera de rassurer les marchés sans pénaliser davantage les ménages et la croissance.
France VS Royaume-Uni : qui est le champion de la “dette” ?
Si les deux pays font face à un endettement conséquent, la France devance son voisin du Royaume-Uni dans cette comparaison entre mauvais élèves. Selon l'Insee, la dette publique française atteignait 3 595,5 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB. Elle pèse proportionnellement davantage sur l'économie de son pays que la dette britannique, estimée à 94 % du PIB fin septembre.
Les périodes de référence étant différentes, la comparaison doit rester prudente. Les deux pays partagent néanmoins le même défi : réduire leur déficit sans compromettre les services publics ni la croissance. Lorsque l'État dépense davantage qu'il ne perçoit de recettes, il doit emprunter, et la hausse des taux alourdit ensuite le coût de cette dette
































