Entre les déclarations d’Andy Burnham et le “welcome back” d’Emmanuel Macron, la petite musique d’un retour de la Grande-Bretagne dans le giron européen se fait entendre ces derniers jours. Si un rapprochement économique est souhaité par le Premier ministre britannique, une réintégration du Royaume-Uni à l’Union européenne est encore une perspective lointaine. Voici pourquoi.


« Happy to see you again, Europe ? » Nous n’en sommes pas encore là, mais des signes de rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Europe sont de plus en plus visibles ces dernières semaines. Cette volonté britannique de se tourner à nouveau vers ces anciens camarades de l’Union européenne avait déjà été évoquée par Andy Burnham et Emmanuel Macron lors de leur première entrevue officielle à Downing Street, le 3 septembre.
France-Royaume-Uni : le temps du rapprochement ?
Une tactique politique derrière les propos de Andy Burnham ?
La semaine passée, les deux responsables politiques ont remis une pièce dans la machine par déclarations interposées. Quand le Premier ministre britannique, qui a toujours été favorable au projet européen, déclarait que le Royaume-Uni devait « envisager différentes options pour sa future relation avec l’Union européenne, y compris un retour au sein de l’UE », le président français répondait dans un « welcome back » affirmant que cette volonté de réintégration serait « une très bonne nouvelle pour le Royaume-Uni et les européens ». Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, y allait aussi de sa petite phrase, promettant que l’Espagne « ouvrirait de nouveau les bras à un peuple frère ».
Forcément, la question d’un grand retour du Royaume-Uni dans l’Union Européenne, qu’il a quitté il y a dix ans, se pose pour la première fois avec autant d’intensité. Mais est-elle vraiment à prendre au sérieux ? « Je pense que les déclarations d’Andy Burnham font davantage référence à une stratégie politique nationale » analyse Sébastien Maillard, conseiller spécial de l’Institut Jacques Delors, qui travaille notamment sur les relations Europe/Royaume-Uni. « Le Premier ministre britannique cherche certainement à récupérer l’électorat du centre et à se créer une position un peu spéciale en vue des élections générales de 2029 ».
« C’est compliqué, et je pense que c’est beaucoup trop tôt pour en parler »
Sébastien Maillard, spécialiste des relations Royaume-Uni - Union européenne au sujet d'un retour de la Grande-Bretagne dans l'UE
L’intention du leader du parti travailliste serait alors de préparer les conditions d’une campagne de 2029 tournée vers cette question européenne. Impossible donc d’envisager entre-temps un retour du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne ? « C’est compliqué, et je pense que c’est beaucoup trop tôt pour en parler » explique Sébastien Maillard. « Déjà, le processus de réintégration à l’UE est long, très long, et puis il y a la question de l’adhésion de la population britannique. L’opinion a certes évolué dans les sondages en défaveur du Brexit, mais il n’ y a pas encore d’unanimité sur la question ».
La nécessité d’un débat avec le continent au sujet de la monnaie et de l’espace Schengen rendrait aussi le processus de retour assez complexe.
Le Canada et les États-Unis accélérateurs d’un retour britannique dans l’UE ?
Malgré ces difficultés, les britanniques pourraient avoir intérêt à accélérer l’opération : « La situation aux États-Unis rentrera également en ligne de compte » indique Sébastien Maillard. « Si Trump continue d’être virulent et que le Canada se rapproche de l’Europe, peut être que cela jouerait en faveur d’un retour des Britanniques dans l’UE ».
La “special relationship” entre le Royaume-Uni et les États-Unis se fissure-t-elle ?
Tout cela sera à surveiller, avec notamment le sommet Canada-UE prévu à Montréal fin octobre. En attendant un potentiel come-back, un rapprochement économique pourrait s’opérer entre le Royaume-Uni et l’Europe : « Cette option est intéressante pour le Royaume-Uni qui doit s’occuper de son industrie » analyse Sébastien Maillard. Dans ce sens, le retour britannique dans le programme Erasmus + est déjà prévu pour 2027.
































