SOCIETE - Mères adolescentes en GB : un triste record

Par Lepetitjournal Londres | Publié le 29/03/2010 à 00:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 14:45

Réduire de moitié le nombre de grossesses de mères adolescentes d'ici 2010, tel était l'objectif du Gouvernement Travailliste en 1998. Aujourd'hui les chiffres révèlent un échec de taille : leur taux n'a baissé que de 13%. Bilan sur un phénomène enlisé dans la société britannique

Une jeune maman et son enfant / Elisabeth Blanchet

Affolé par un taux de grossesses de mères adolescentes en moyenne quatre fois plus élevé que dans les autres pays européens et détenant la deuxième place au palmarès mondial derrière les Etats-Unis, Tony Blair arrivait au pouvoir en 1997 avec un objectif de taille : réduire le taux de moitié d'ici 2010.
L'échéance est arrivée et malgré les 246 millions de Livres Sterling déjà dépensés depuis 2001 pour atteindre son objectif, le gouvernement fait face a un échec cuisant. Les chiffres officiels de l'année 2008 viennent en effet d'être dévoilés : le nombre de grossesses de mères adolescentes âgées de  15 à 17 ans a seulement baissé de 13,3% entre 2001 et 2008 (4,04% des 15-17 ans sont tombées enceintes en 2008 contre 4,66% en 2001). Pire, en 2007, leur nombre - en légère régression depuis 2002, s'est de nouveau mis à augmenter (4,2% contre 4,1% en 2006).

Pourquoi ?
Mais qui sont-elles, ces filles ? Et comment expliquer qu'un tel phénomène perdure ainsi au XXIème siècle dans un pays aussi puissant que le Royaume-Uni ? Certains partagent l'avis du leader du parti conservateur britannique, David Cameron, qui parle d'une "Angleterre brisée", d'une perte de vitesse des valeurs familiales, d'un nombre de plus en plus important de familles mono-parentales... Il est certain que ces " teenage mothers " sont majoritairement issues de classes sociales d'origine ouvrière. Ce sont les régions défavorisées du nord-est et du nord-ouest de la Grande-Bretagne qui comptent le plus de mères adolescentes. Elles sont souvent les filles de mères qui elles aussi les ont eues très jeunes. C'est une sorte de cercle vicieux en lien avec la pauvreté et un système de classes sociales toujours très ancré et en vigueur au Royaume-Uni : quand on naît dans une classe sociale, on y reste. Les chiffres confirment cet état de fait : Il y a en effet huit fois plus de grossesses chez les moins de 18 ans issus de milieux ouvriers et défavorisés que chez les moins de 18 ans issus d'autres catégories sociales.

Le matraquage de campagnes publicitaires de vêtements sexy destinés à des groupes d'âges de plus en plus bas, l'internet et les sites pornos mais aussi une éducation sexuelle inexistante ou inappropriée sont les autres explications formulées par les experts. On reproche en effet à l'éducation sexuelle à l'école d'être trop descriptive. Pour y remédier, les Anglais se tournent désormais vers le modèle hollandais qui aborde l'éducation sexuelle en mettant l'accent sur les émotions, les relations entre les gens, l'attention et le respect qu'on porte aux autres. Tout un programme dans une société où le sexe constitue toujours un sujet tabou et embarrassant...

Elisabeth Blanchet (www.lepetitjournal.com - Londres) Lundi 29 mars 2010

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