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Pourquoi Reform UK, le parti d’extrême droite britannique, chute t-il dans les sondages?

En recul ces derniers mois dans les sondages d’opinion après une ascension spectaculaire, le parti de Nigel Farage semble payer des affaires financières et une popularité d’Andy Burnham un poil plus forte que ces prédécesseurs à Downing Street. Une tendance analysée avec Pauline Schnapper, professeur de civilisation britannique contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle.

Après une nette montée en puissance entre 2024 et début 2026, le parti d'extrême droite de Nigel Farage voit sa dynamique ralentir dans les sondages d'opinion.Après une nette montée en puissance entre 2024 et début 2026, le parti d'extrême droite de Nigel Farage voit sa dynamique ralentir dans les sondages d'opinion.
Entre scandales financiers et popularité d'Andy Burnham un peu plus importante que ses prédécesseurs à Downing Street, le camp de Nigel Farage voit sa dynamique quelque peu ralentir.
Écrit par Jules Cottalorda
Publié le 23 octobre 2026

À l’heure où l'extrême droite progresse à vitesse grand V dans le monde entier, se retrouvant même aux portes du pouvoir en France, Reform UK, issu de l’UKIP puis du Parti du Brexit, s’est progressivement imposé dans le paysage politique britannique. Aux élections générales de 2024, il obtient 14,3 % des voix et cinq sièges. 

Porté par l’impopularité du gouvernement travailliste et le mécontentement d’une partie de la population, le parti a ensuite progressé dans les sondages, jusqu’à dépasser ponctuellement les conservateurs et les travaillistes. The Tories, le parti conservateur, avait même vu plusieurs figures de son camp rallier Reform UK ces dernières années, à l’image de l’ancienne ministre de l’Intérieur Suella Braverman. 

 

 

Pour Reform UK, le Brexit en rampe de lancement

Depuis quelques années, Reform UK profite de la défiance envers les partis traditionnels pour s’imposer comme une force majeure du débat public. « C’est un parti populiste qui profite du désenchantement généralisé vis-à-vis de la classe politique d’une part, et des difficultés économiques d’autre part », analyse Pauline Schnapper, professeure de civilisation britannique contemporaine à l’Université Sorbonne Nouvelle.

Selon elle, si le Brexit a longtemps cristallisé le mécontentement chez l'électorat britannique d’extrême droite et a contribué au décollage de Reform UK, c’est désormais l’immigration qui se place en première préoccupation des partisans du mouvement. 

Au-delà de ce discours anti-immigration et d’une forte opposition au « wokisme », le parti cultive une image de proximité avec le peuple, à l’image de son chef Nigel Farage.

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Des scandales financiers et soupçons de corruption pour expliquer cette baisse dans les sondages ?

Mais après avoir cartonné dans les sondages, durant sa spectaculaire montée en puissance entre 2024 et 2026, Reform UK a perdu entre quatre et cinq points d’intentions de vote ces derniers mois. Selon les instituts, son score est passé de 25-30% début 2026 à environ 20% ces dernières semaines. « Les scandales liés au financement du parti et des soupçons de corruption ont notamment contribué à fragiliser cette dynamique », explique Pauline Schnapper. L’assez bon niveau de popularité du Premier ministre Andy Burnham peut également être un élément de réponse.

Où seraient alors passés ces électeurs du parti de Farage ? « Le nombre d’électeurs de la droite britannique n’a pas forcément changé, mais c’est la répartition de ces voix potentielles entre le parti conservateur et Reform UK qui a évolué », observe Pauline Schnapper. 

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Les élections générales de 2029 : la grande incertitude

Après ce moment de flottement, quel avenir politique est destiné à Reform UK ? Les prochaines élections générales, prévues en 2029, constitueront le prochain test majeur, à moins qu’une dissolution du parlement ne précipite un vote anticipé.

Le scrutin britannique, majoritaire à un tour, complique la tâche des « petits partis. » À l’image des dernières élections de 2024, Reform UK pourrait donc être pénalisé si ses voix sont toujours dispersées sur le territoire du Royaume-Uni. « Mais ce constat vaut jusqu’au moment où un petit parti cesse d’être un petit parti » reprend Pauline Schnapper, pragmatique. 

Il y aura aussi la question du vote utile, appelé vote tactique outre-Manche, qui pourrait également jouer en défaveur du parti d’extrême droite. « La présence dans le scrutin de Reform UK, qui est encore rejeté par une majorité de la population, pourrait pousser certains électeurs à choisir le vote utile pour pouvoir le battre.»

Mais ces scénarios semblent encore bien loin. « On est dans l’incertitude complète vis-à-vis de ce qu’il pourrait se passer en 2029 » affirme Pauline Schnapper.  « Les sondages, comme chacun le sait, ne donnent qu’une idée de l’état de l’opinion à un instant présent, et ne disent rien de ce qui peut se passer dans plus de deux ans, au cours d’un scrutin réel.»

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