Avec son caractère indépendant, son franc-parler et son engagement, le prince Philip a marqué l’histoire de la monarchie britannique. Dans son livre Philip, le dernier prince, la journaliste et romancière Stéphanie des Horts revient sur le parcours d’un homme qui, pendant plus de soixante-dix ans, a vécu dans l’ombre de son épouse, la reine Élisabeth II, tout en restant l’un de ses plus précieux soutiens.


Derrière la silhouette droite du prince Philip, toujours quelques pas derrière Élizabeth II lors des cérémonies officielles, se cachait une personnalité bien plus complexe. Marin, pilote, passionné de chevaux et engagé auprès de la jeunesse, le duc d’Édimbourg était évidemment perçu en premier lieu comme le mari de la souveraine. Pourtant, son histoire marquée par l’exil et une enfance mouvementée, est passionnante et éclaire sur l’homme qu’il est devenu.
Dans Philip, le dernier prince, publié aux éditions Albin Michel, Stéphanie des Horts s’intéresse à cette figure souvent méconnue du grand public. « Un prince sans royaume », résume-t-elle pour évoquer celui qui a quitté la Grèce avec sa famille alors qu’il n’était encore qu’un bébé. Son enfance est marquée par les séparations : sa mère, Alice, est internée alors qu’il est encore jeune, tandis que son père s’éloigne. Philip grandit alors entre plusieurs établissements, loin d’un foyer traditionnel.
Derrière le protocole royal, un tempérament indépendant
Cette jeunesse, loin d’être anecdotique, contribue à façonner un homme décrit par Stéphanie des Horts comme à la fois rebelle et sensible, même s’il dissimule volontiers ses émotions derrière un caractère impassible.
Pour la première fois depuis son décès, la Reine évoque publiquement le Prince Philip
Philip avait ses propres passions et engagements. Ancien officier de la Royal Navy, il s'investit dans de nombreux domaines, de l’aviation à la peinture, en passant par l’attelage et les initiatives en faveur de la jeunesse. En 1956, il fonde le Duke of Edinburgh’s Award, un programme qui encourage les jeunes à développer leur autonomie et leurs compétences.
Son caractère direct contrastait avec la réserve d’Élizabeth II, dont la fonction imposait une maîtrise constante. Selon Stéphanie des Horts, Philip était un homme capable de défendre ses idées et de ne pas se contenter d’acquiescer. Si la reine devait incarner la continuité de la Couronne, son époux pouvait donc, dans l’intimité, lui proposer un regard différent.
Plus de 70 ans aux côtés de la reine
Mariés le 20 novembre 1947, Élizabeth et Philip ont traversé ensemble les grandes étapes de la monarchie britannique. Lorsque la jeune souveraine accède au trône en 1952, Philip doit renoncer à sa carrière navale pour se consacrer à ses fonctions royales. Un changement profond, qui le place durablement dans une position bien spéciale, pour une vie pas comme les autres.
Le Prince Philip et la Reine Elisabeth II, un amour de toujours
Mais derrière cette posture officielle, son rôle auprès d’Élizabeth II dépasse largement celui d’un simple compagnon de représentation. « Pendant soixante-dix ans, elle s’est appuyée sur lui », souligne Stéphanie des Horts. Philip l’accompagne dans ses déplacements, la soutient dans ses engagements et participe à l’évolution de la monarchie, notamment en encourageant l’innovation et la modernisation de ses pratiques.
En 1997, à l’occasion de leurs noces d’or, Élizabeth II rend elle-même hommage à son mari, qu’elle décrit comme son soutien et son point d’appui. Une reconnaissance publique rare, qui témoigne de la place qu’il occupait dans sa vie, au-delà des obligations protocolaires.
Un homme qui a voulu garder la maîtrise de sa vie
Retiré de ses fonctions officielles en 2017, le prince Philip s’éteint le 9 avril 2021 au château de Windsor, à quelques semaines de son centième anniversaire. Ses funérailles, organisées en pleine pandémie, se déroulent dans un cadre restreint, la reine étant assise seule dans la chapelle Saint-Georges. Jusqu’à la fin, Philip avait tenu à organiser certains détails de ses obsèques, notamment en dessinant lui-même le Land Rover qui devait transporter son cercueil


































