Le gouvernement britannique a donné son feu vert à la construction d’une grande ambassade chinoise à Londres, mardi 20 janvier, et ce, malgré une vive opposition locale et politique. Ce choix suscite pas mal d'interrogations au sein même du Parlement mais surtout, il relance le débat sur la sécurité, l’espionnage et la relation délicate entre Londres et Pékin.


C’est confirmé, il y aura bien une nouvelle ambassade de Chine, sur le site de l’ancienne Monnaie royale, à deux pas de la Tour de Londres et du quartier d’affaires de la City. Le projet, à l’étude depuis 2018, est controversé depuis plusieurs mois et alimente de vives inquiétudes sécuritaires.
Steve Reed, ministre du Logement et des Communautés locales, a signé le document entérinant l’autorisation. Le lendemain, une association de riverains opposée au projet a annoncé son intention de “déposer un recours en justice”, une démarche qui pourrait retarder le lancement des travaux.
Le casse-tête géopolitique pour Keir Starmer
Ce feu vert illustre toute la position délicate du Premier ministre travailliste, Keir Starmer. Le chef du gouvernement tente de réchauffer les relations avec Pékin, tout en reconnaissant publiquement que la Chine représente une “véritable menace” pour la sécurité nationale britannique.
Les opposants au projet, dont les habitants du quartier, des militants des droits humains ou encore plusieurs députés, redoutent avant tout les risques d’espionnage. Les inquiétudes ont été renforcées par des révélations de presse faisant état de “pièces secrètes” visibles sur les plans de la future ambassade, situées à proximité de câbles de communication sensibles desservant notamment la City. Face à ces critiques, le gouvernement se veut rassurant. “Les services de renseignement ont été impliqués tout au long du processus”, assure un porte-parole, évoquant des mesures destinées à “gérer les risques”.
Gagner des “avantages clairs en matière de sécurité”
Le gouvernement britannique assure “avoir pris ses précautions”. Dans une lettre citée par l’exécutif, les patrons du MI5 et du GCHQ reconnaissent que tous les risques ne peuvent être éliminés mais estiment que le regroupement de sept sites diplomatiques chinois en un seul apporterait “des avantages clairs en matière de sécurité”. Une analyse reprise par le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, qui affirme que les risques sont “gérés de manière appropriée”.
Un discours loin de convaincre les opposants. Le député conservateur Iain Duncan Smith dénonce une “décision désastreuse”, accusant Pékin d’espionnage, de cyberattaques et de violations des droits humains. Les militants pro-démocratie, eux, redoutent une intensification des opérations d’influence et d’intimidation.
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