Édition internationale

THE KING'S SPEECH – Le succès cinématographique britannique

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

The King's speech (en français, Le discours d'un Roi) n'en finit pas d'amasser les récompenses. Quelques semaines à peine après sa distribution au Royaume-Uni, le film a déjà reçu 26 prix et a été nominé 118 fois. Explications de ce succès réalisé par Tom Hooper et scénarisé par David Seidler

"Le Roi fait-il ce qu'il veut ou ce que le peuple attend de lui?" C'est la question rhétorique que pose le Premier ministre Stanley Baldwin au Duc de York et futur roi George VI, avant l'abdication de son frère Edward. Or, à la fin des années trente, ce que les Britanniques attendent de leur monarque, c'est un discours. Face à la montée du nazisme et à la gangrène hitlérienne qui se propage en Europe le Royaume-Uni doit prendre la décision d'entrer en guerre et l'annoncer aux citoyens. Cependant, le roi George ne semble par prêt à remplir ce rôle, non par manque de volonté mais par son incapacité à formuler ses phrases sans bégayer. The King's speech s'articule donc autour des prises de parole publiques et privée du roi bègue et de ses effort pour surmonter ce problème.

Un film centré sur trois personnages
Le casting rassemble trois excellents acteurs: Colin Firth interprète le roi voir photo [crédits: AFP] , Helena Bonham Carter sa femme, et l'orthophoniste australien est joué par un acteur de la même nationalité, Geoffrey Roy Rush. Le trio nominé ou récompensé au cours de plusieurs cérémonies anime d'un bout à l'autre le film qui est basé sur leurs relations. Le roi reçoit soutien et attention de la part de sa femme Lady Elizabeth Bowes-Lyon, pendant que celle-ci le pousse dans ses efforts. C'est notamment elle qui décide de faire appel à Lionel Logue, l'Australien orthophoniste. Enfin, le spectateur assiste plus particulièrement au lien qui se noue peu à peu entre le médecin et son patient, entre distance respectueuse, amitié et reconnaissance. Au cours des séances, les méthodes originales de Lionel poussent le roi à sortir de sa réserve et par conséquent, à se dévoiler.

L'Histoire perçue de manière intime
The King's speech n'est pas un documentaire, malgré la volonté de Tom Hooper et de David Seidler de coller le plus possible à la vérité. De nombreuses répliques sont directement tirées du journal de Lionel Logue conservé par son petit-fils, telles que le dernier échange entre l'orthophoniste et George VI. Cependant, cet aspect historique est reflété uniquement de manière intime et biographique. Il ne s'agit pas pour les auteurs de peindre la société britannique des années trente, ni de traiter avec le glamour habituel le quotidien de la famille royale. La plupart des scènes se déroulent en intérieur, dans les salles où le roi donne ses discours ou lors des séances de Lionel Logue. Le choix d'utiliser le gros plan ou le plan américain en abondance renforce cette impression de pénétrer dans la vie privée de Albert Frederick Arthur George, que sa femme et Lionel surnomment Bertie.

Un rythme continu, sans drame
A plusieurs reprises, des difficultés surviennent et le roi craque. Cependant, ces scènes ne sont pas des ruptures; elles se glissent sur le fil conducteur du film. Elles donnent un rythme au quotidien et montrent la difficulté continue pour le roi de faire face à son bégaiement. La bande originale très réussie appuie la cadence. Elle est composée par le Français Alexandre Desplat, nominé et récompensé pour de nombreuses musiques de films telles que The Queen, De battre mon coeur s'est arrêté ou encore Un Prophète. Les discours s'enchaînent mais ne se ressemblent pas, à vous de découvrir le déroulement du final!

Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) mardi 1er février 2011

The King's speech
118 mn
Au cinéma depuis le 7 janvier 2011
Plus de détails sur le site dédié au film: ici

 

lepetitjournal.com londres
Publié le 1 février 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.