

Lepetitjournal.com de Londres vous plonge au c?ur de la seconde Guerre Mondiale. Au cours de ces années, des milliers de Français ont combattu aux côtés de Charles de Gaulle et des Anglais. Voici leur histoire
(crédit : Brigitte Williams)
Ils s'appelaient Georges, Michelle, Eddy. Ils étaient communistes, juifs, francs-mâcons ou simples paysans. Quelles qu'étaient leurs opinions, tous se sentaient guidés par un même idéal : l'amour de la liberté doublé d'un fort sens de l'honneur.
Dans les mois qui suivent l'armistice de juin 1940, 10 000 Français n'hésitent pas à tout quitter pour rejoindre l'Angleterre. Ce pays symbolise alors le dernier îlot de résistance face à l'implacable armée nazie qui a déjà fait succomber une partie de l'Europe.
Au total, ils seront 20 000 Français à se rendre à Londres au cours de la seconde Guerre Mondiale. Le plus jeune a 12 ans, le plus âgé plus de 70. Les femmes constituent environ 15% des Gaulois partis en rébellion, selon Eric Simon, auteur de nombreux ouvrages et spécialiste de Londres. "Les Anglais trouvent admirables ces Français qui ont tout laissé derrière eux et sont prêts à se sacrifier", commente-t-il.
Un parcours du combattant
Malgré cette admiration, les premiers pas au sein de la Perfide Albion ne sont pas des plus faciles. La suspicion est de mise : les Britanniques se méfient des espions. Sitôt arrivé en Angleterre, l'exilé est enfermé et doit prouver par tous les moyens son identité et sa motivation sous peine d'y laisser la vie. Une fois cette formalité accomplie, le Français est intégré aux Forces Françaises Libres (FFL). Les quartiers généraux se situent à deux pas de Trafalgar Square, au 4 Carlton Gardens. De nos jours, deux plaques et une statue de Charles de Gaulle commémorent le lieu.
Constituées dès juin 1940 par le Général de Gaulle, les FFL rassemblent ceux qui refusent de subir la défaite. En août 1940, un accord franco-britannique mutualise les forces des deux pays. De Gaulle se voit reconnaître le commandement suprême de la force française, mais il s'engage à accepter les directives générales du commandement britannique. Par le biais des FFL, de Gaulle souhaite poursuivre le combat de la France. Il met en place les bases d'une armée et d'un Etat qui ont pesé dans la lutte contre les nazis.
De Gaulle et les Anglais, des rapports ambigus
Dans un premier temps, le général et sa famille habitent le Rubens hôtel. C'est en ce lieu que séjournent de nombreux adversaires au régime hitlérien, comme le Premier ministre et général polonais Wladyslaw Sikorsk.
Entre le dissident français et le Premier ministre Winston Churchill, les échanges ne sont pas des plus cordiaux. "Ils avaient tous deux de forts caractères et le général ne voulait rien lâcher !", commente Monsieur Simon. Lors du déménagement des de Gaulle dans un quartier résidentiel de Londres, l'accueil qui leur est réservé est plus chaleureux. Les habitants apportent des cadeaux et des paniers tricolores remplis de fruits au général et à sa famille.
Faire la fête pour oublier la guerre
La guerre, ses bombardements et son cortège de mauvaises nouvelles minent le moral de la population et des soldats, tout comme celui des volontaires français. Le besoin de s'abandonner et d'oublier le quotidien s'avère une nécessité. C'est à Soho que les Frenchies se retrouvent pour festoyer. Et parce qu'on est jeune et qu'on ne sait pas si l'on sera vivant demain, on fait beaucoup la fête. L'alcool coule à flots et les filles sont promptes à s'amuser. On vient boire une pinte au French, un célèbre bar qui existe encore, puis l'on s'offre un steak de cheval Chez Rose, un restaurant très fréquenté par les Français.
Le vendredi soir, le lycée français de South Kensington est le lieu de tous les débordements. C'est là que siègent les Forces Françaises Aériennes Libres. Une partie de l'établissement est également réservée à des occupations moins sérieuses. De grandes fêtes s'y tiennent au cours desquelles les aviateurs et les jeunes filles françaises et anglaises s'amusent sans se soucier du lendemain. On fume et l'on boit les cigarettes et le vin ramenés d'Algérie par de Gaulle. "Beaucoup de bébés ont du être conçus à South Kensington au cours de la guerre", sourit Eric Simon. Ils faisaient bien de s'amuser : près de la moitié des aviateurs des FFL périront au cours de leurs missions.
Une histoire toujours vivante
Après la guerre, 20 % des volontaires français restent en Angleterre. Beaucoup épousent des Anglaises. Par ailleurs, le pays est à reconstruire : les bombardements ont laissé derrière eux des champs de ruine.
Cette mémoire des FFL est toujours vivante grâce aux actions de la Fondation de la France Libre, énergiquement menées par sa déléguée de Londres, Brigitte Williams. "Ce moment d'histoire appartient à la France", rappelle-t-elle.
Julie Philippe (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 4 juillet 2012
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Pour en savoir plus sur les FFL, plongez-vous dans l'ouvrage d'Eric Simon dès sa sortie en septembre prochain : Londres, balade au fil de la France libre publié à Londres, parait chez Keswiock Editions en septembre 2012. Découvrez également la biographie de Georges Lepoittevin dans un livre intitulé Un péquenot chez la reine, aux Editions Ouest-France Lire aussi
C'est aux Carlton Gardens qu'une cinquantaine de Français civils et militaires ainsi qu'une poignée de Britanniques se sont réunis pour commémorer ensemble l'appel du 18 juin 1940 |























