

L'annonce a été faite il y a quelques semaines par Nicolas Petrovic, directeur général d'Eurostar, dans le Financial Times. Genève, Marseille, Lyon, Amsterdam? Dix nouvelles destinations au départ de Londres vont être proposées. Objectif : concurrencer l'aérien
(Crédit : Eurostar)
Le but de la compagnie, détenue à 55% par la SNCF, est clair : prendre des parts de marché au trafic aérien à destination des grandes agglomérations d'Europe occidentale. Eurostar, qui dessert déjà Paris et Bruxelles (mais aussi Avignon et les Alpes à certaines périodes de l'année) devrait donc d'ici cinq ans desservir une dizaine d'autres villes, parmi lesquelles Amsterdam, Cologne, Lyon, Genève, Francfort ou encore Marseille. "Un quart de nos passagers effectue une correspondance pour atteindre sa destination finale, autant desservir ces villes directement", explique Nicolas Petrovic. Les trajets seront donc directs, sans arrêt dans les gares intermédiaires, pour ne pas concurrencer la SNCF sur le territoire français.
Le trajet Londres ? Amsterdam devrait durer 4 h15, et Londres ? Francfort environ cinq heures. C'est bien sûr plus long qu'en avion, mais l'avantage sera d'arriver directement en centre-ville, et non pas dans un aéroport en dehors de la ville. C'est donc clairement un match train contre avion.
Concurrencer la Deutsche Bahn
Si le groupe Eurostar entend ainsi concurrencer l'aérien, un autre objectif se cache derrière cette annonce. La Deutsche Bahn, une compagnie ferroviaire allemande, veut elle aussi lancer une liaison entre Londres et l'Allemagne en passant par le tunnel sous la Manche. Cela devrait être réalisé en 2015 avec trois destinations : Bruxelles, Francfort et Cologne. Le groupe allemand a d'ailleurs obtenu en janvier dernier l'autorisation d'emprunter le réseau français via sa filiale Euro cargo rail. Pour Eurostar, détenu à 55% par la SNCF, à 40% par London Continental Railways et à 5% par la SNCB (Société nationale des chemins de fer belges), il était donc temps de réagir et de proposer une offre similaire.
(Crédit : Eurostar)
En attendant 2017, on fait comment ?
Cinq ans, c'est long. Pourquoi un délai si important ? La réponse est simple : il reste à régler la question du montant des péages entre les pays concernés, et résoudre les contraintes techniques. Les rames Eurostar ne sont pour le moment pas homologuées pour emprunter les réseaux allemand et hollandais. Et il faut mettre en place de nouveaux dispositifs de sécurité, exigés par le gouvernement britannique, dans les gares françaises concernées. Pour les habitants de Lyon ou Marseille, la solution reste donc pour le moment de passer par Paris, ou de se rendre à Londres par avion. La compagnie Ryanair, par exemple, dessert les trois aéroports de Londres au départ de Béziers, Nîmes, Marseille, Perpignan, Poitiers, Toulon, Tours et Rodez. Il faut compter environ 70 livres pour un aller-retour en moyenne saison. EasyJet et CityJet offrent des possibilités différentes. Autre solution, moins chère : le voyage en car. Mais là, encore, impossible d'éviter le passage par Paris si vous venez de Province. Eurolines propose des allers-retours Paris- Londres entre 20 et 100 euros, selon les périodes. D'autres compagnies, comme Megabus, offrent le même trajet à des prix similaires. Comptez neuf heures de trajet tout de même.
En résumé, pour le moment, la solution la plus pratique reste le train. Option choisie l'an dernier par 9,7 millions de passagers, selon les chiffres fournis par Eurostar. Et les ventes de billets sont en nette hausse (+7% sur le premier trimestre, +30% rien que pour le mois de juin), malgré un contexte économique difficile. La compagnie Eurostar devrait afficher un bilan exceptionnel cette année. Jubilé d'Elizabeth II, jeux olympiques? Londres est la destination la plus en vue de 2012.
Marlène Vitel (www.lepetitjournal.com/londres) mercredi 13 juin 2012



















