Édition internationale

AVORTEMENT – Peut être bientôt du nouveau en Grande-Bretagne

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Avorter chez soi sans avoir besoin de se rendre dans une clinique ou un hôpital, c'est possible? En tout cas, c'est ce que demande une organisation de charité britannique, la BPAS, qui veut modifier la loi de 1967 obligeant les femmes à se rendre dans un l'hôpital pour recevoir les pilules abortives

[IMAGE : © Wendy Hope /Corbis]

Début janvier, l'autorité de régulation des médicaments au Royaume-Uni [Medecines and Healthcare Products Regulatory Agency] a révélé que 584 femmes britanniques sont tombées enceintes contre leur gré entre 1999 et 2010, alors qu'elles s'étaient fait poser un implant contraceptif "Implanon". Ce petit bâtonnet long de 4 centimètres et d'une épaisseur de 2 millimètres est censé libérer continuellement pendant trois ans un progestatif. Cette polémique ravive la question des grossesses non désirées en Grande-Bretagne, où la régulation des avortements pourrait bien changer dans les prochains mois.

24 semaines, délai trop long pour les Anglais?


[IMAGE : © Ragnar Schmuck/fstop/Corbis]
Au Royaume-Uni, l'Abortion Act de 1967 légalise l'avortement sous un délai maximum de 24 semaines. Ce laps de temps est le plus long d'Europe et peut être prolongé sous indication médicale. Fixé en 1990, plusieurs hommes politiques ont tenté de le raccourcir sans succès, tel  David Cameron qui avait réaffirmé un mois avant d'être nommé Premier ministre sa volonté d'abaisser la limite. Il avait alors déclaré " Je pense que la façon dont les sciences médicales et les technologies se sont développées dans les dix dernières années implique qu'une limite maximum de 20 ou 22 semaines serait plus judicieuse ". Quoiqu'il en soit, la dernière fois que les parlementaires ont été confrontés à un vote sur la question, ils ont refusé majoritairement de raccourcir ces 24 semaines.

Des pilules abortives à domicile
La pilule utilisée pour les avortements est la RU 486 ou mifépristone. Elle est vendue sur le marché

britannique depuis 1991 et a été utilisée par 76.500 femmes en Grande-Bretagne en 2009. Elle nécessite une première dose suivie d'une seconde deux jours plus tard afin de provoquer des contractions et favoriser l'élimination de l'embryon. Au Royaume-Uni, les doses doivent être obligatoirement administrées dans un hôpital ou une clinique. Cependant, la British Pregnancy Advisory Service (BPAS) vient de remettre en question cette interprétation de la loi de 1967. La plus grosse organisation à but non lucratif prend en charge chaque année quelques 55.000 femmes en les conseillant et en leur pourvoyant des " services de qualité et à prix abordable pour empêcher ou terminer des grossesses non désirées par moyens contraceptifs ou avortement ". La BPAS souhaite permettre aux femmes désirant avorter de prendre les pilules chez elles, au lieu de se déplacer dans un hôpital à plusieurs reprises. Le Département de la Santé ainsi que plusieurs députés conservateurs s'opposent à cette requête qui sera examinée par la Haute Cour le 28 janvier prochain.

[IMAGE : © Roy McMahon/Corbis]

Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 28 janvier 2011

Plus d'infos:
Visiter le site de la BPAS ici

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Publié le 28 janvier 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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