

Si Twitter a eu pendant un moment ses #jeudiconfessions, au petitjournal.com de Londres, nous avons nos #jeudisecrets. Et c'est reparti pour un tour, sous ce soleil du mois de juin. Cette fois, nous partons à la découverte d'un sujet plus précis : malgré son succès et sa renommée internationale, il y a toujours des choses à découvrir sur le plus célèbre des détectives anglais, Sherlock Holmes.
(source photo : Mike Quinn - l'ombre de Sherlock veille sur Baker Street)
Nos pas nous ont porté jusqu'au 221b Baker Street. Nul besoin de vous expliquer ce que cela implique : notre sujet du jour sera bien son habitant, Sherlock Holmes. Bien entendu, il est difficile de passer à côté du phénomène-détective, surtout pour les habitants de la capitale britannique. Quant à ceux qui viennent visiter Londres le temps d'un week-end, nombreux sont ceux qui se pressent au musée érigé en son honneur à Baker Street.
Des adaptations par dizaines
Sherlock Holmes, aujourd'hui, c'est Robert Downey Jr au cinéma, Benedict Cumberbatch en détective des temps modernes à la télé anglaise, ou Jonny Lee Miller dans la version américaine, Elementary. Difficile de compter toutes les adaptations faites au héros de Sir Arthur Conan Doyle, qu'il s'agisse du cinéma, de la littérature, du théâtre ou de la télévision. Pour autant, certaines se démarquent et sortent du lot? Parlons un peu de la dernière en date, Elementary. Innovation majeure, puisque Watson devient une femme, sous les traits de Lucy Liu ? l'ange de Charlie, en effet. Dans un premier temps, nous aurions pu croire qu'il s'agissait de mettre en scène la romance entre Holmes et Watson, dont une grande partie de fans cherche des signes dans toute ?uvre de Conan Doyle. Or, les producteurs ont d'ores et déjà déclaré qu'il serait trop "facile de les mettre ensemble", et que cela n'était pas le but. Bon, passons à la suite alors.
Sherlock Holmes n'est pas ce qu'il semble être
On ne présente plus Sherlock Holmes, détective étrange, voire adepte des drogues à ses heures perdues. En 1881, il rencontre John Watson, docteur envoyé en Afghanistan pendant la guerre anglo-afghane (1879-1880). Ce dernier deviendra alors le témoin de ses enquêtes, et narrateur de ses histoires. C'est d'ailleurs dans Une étude en rouge, paru en 1887, que le duo fait sa première apparition.
Le mythe Sherlock Holmes, c'est aussi une certaine image, renvoyée par des symboles ; la pipe et le chapeau, la loupe, mais surtout le fameux "élémentaire mon cher Watson !". Or, Holmes n'a jamais prononcé ces termes côtes à côtes dans une aventure écrite par Conan Doyle. Pourtant, elle est utilisée dans le premier film parlant consacré à Sherlock, Le retour de Sherlock Holmes, en 1929, et dans la série radio américaine Les nouvelles aventures de Sherlock Holmes, diffusée entre 1939 et 1947.

Londres, berceau des aventures du détective
Londres est et restera le berceau des aventures du détective : c'est pourquoi il est possible de retracer plusieurs endroits dont Conan Doyle s'est inspiré pour les aventures de Sherlock. Et comme d'habitude, notre source d'inspiration à nous, c'est Londres, balade au fil des ombres, d'Eric Simon. Il y retrace plusieurs lieux dont le détective aura foulé le sol au cours des 60 ouvrages (4 romans et 56 nouvelles) qui composent la collection officielle de Sherlock Holmes.
Tout d'abord, éloignons nous de Baker Street pour aller admirer la reproduction du salon du détective, qui prend place du côté de Trafalgar Square, dans le pub Sherlock Holmes ? autrefois connu comme étant le Northumberland Hôtel. Vous y trouverez également la tête phosphorescente du chien des Baskerville? C'est pourtant à Piccadilly Circus que Watson entend pour la première fois parler d'Holmes, dans Une étude en rouge, à The Criterion. La plaque qui rappelait cet événement aurait pourtant été volée dans les sixties. C'est au laboratoire de chimie du St Bartholomew Hospital qu'ils se croiseront enfin. Sherlock a aussi un frère, que l'on connaît sous le nom de Mycraft. Bien différent de son frangin, ce dernier est membre du Diogenes Club, qui se retrouve dans le quartier de Pall Mall.
Continuons de suivre le détective, cette fois dans Le signe des quatres, à Whapping High Street, où il dévoilera le nom des coupables. Puis remontons vers St John's Wood, quartier en apparence paisible qui abrite pourtant la Femme ? avec un F majuscule, puisqu'elle représente selon Sherlock la femme idéale -, Irène Adler, à Briony Lodge sur Serpentine Avenue. Personnellement, je cherche encore où cet appartement se trouve. Mais après tout, Adler étant la reine du déguisement et de la cachette, ceci paraît presque normal. Un autre détour nous amène aux souterrains de la City, vers Threadneedle Street. Toujours d'après Eric Simon, Conan Doyle aurait déclaré que c'est dans "l'une de ces caves que le docteur Watson place, dans une cassette, les récits des enquêtes de son ami Sherlock Holmes".
Maintenant, la grande question est de savoir si les adaptations qui rendent hommage au détective et à son associé reproduisent fidèlement les lieux présentés par Conan Doyle. Et bien? la surprise peut parfois être grande. Concentrons nous sur les dernières adaptations. Elementary se déroulant à New-York, il est possible de l'éliminer d'office. Quant à la série Sherlock, l'extérieur visible n'est pas le 221b Baker Street, mais bien le 187 North Gower Street ? on imagine les problèmes pour tourner devant la porte originale. Même constat pour le fil de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr et Jude Law, puisque la maison du tournage est aussi celle utilisée dans Harry Potter comme habitat de Sirius Black. Certains se souviendront peut être que nous avons déjà présenté ce lieu comme étant à Claremont Square.
Mystère et boule de gomme
C'est ici donc que notre parcours s'arrête pour le moment, entre Islington et Finsbury. Il reste bien entendu de nombreux mystères à élucider sur le cas Sherlock Holmes, notamment sur quelques incohérences faites par Conan Doyle ? voulues, non voulues ? Quand Mary, la femme de Watson l'appelle James au lieu de John, doit-on y voir un sens caché ? Si les réponses se dévoilent un jour, comptez sur nous pour suivre cela de près. C'est élémentaire.
Cindy Jaury (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 12 juin 2014





















