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Football : A la découverte du stade du Fenerbahçe

Par Pauline Robert | Publié le 12/11/2019 à 13:33 | Mis à jour le 12/11/2019 à 13:40
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Ce week-end, une vingtaine de membres de l'association francophone Istanbul Accueil ont eu le privilège de visiter le stade du club de football Fenerbahçe. Une activité rendue possible par le directeur sportif du club aux multiples titres de champions de Turquie, le niçois Damien Comolli. Reportage.

Il est environ de 11h30 quand, sous un beau soleil d'automne, les membres de l’association francophone Istanbul Accueil se rejoignent devant le Fenerium, la boutique officielle du club de Fenerbahçe. Une vingtaine de personnes de tous les âges se retrouvent dans une ambiance amicale où chacun évoque son opinion sur le ballon rond : supporters de Fenerbahçe, de l’OM, de Galatasaray, du PSG, ou même novices pour certains, l’événement les rassemble.

Ce samedi 9 novembre, l’association qui a pour mission d’accompagner les francophones expatriés dans leur nouvelle vie, organise une visite du stade dirigée par Damien Comolli, directeur sportif de l’équipe de foot. 

Ce Français en poste depuis juin 2018 arrive discrètement, certainement peu reposé du match de la veille (3-2 pour Fenerbahçe contre Kasimpasa), deux téléphones en main et accompagné de son bras droit Célina, qui assiste à la visite tout en restant connectée. Il explique avoir la responsabilité des recrutements et transferts de joueurs, de l’organisation et la composition du staff, de l’image du club. Un homme aux multiples responsabilités qui a quand même tenu à assister à la visite du début à la fin afin de donner un maximum de détails pour que chacun puisse imaginer la façon dont s’anime le stade les jours de match.

Intimider les adversaires

Le groupe passe d’abord devant le vestiaire des arbitres, dont on ne verra que la porte verrouillée : « Une porte que j’ai failli casser plusieurs fois cette saison », détaille-t-il avec un sourire jaune. Puis nous entrons dans le vestiaire de l’équipe adverse : « C’est la première fois que je viens ici », avoue-t-il. La pièce arbore le long des murs au-dessus de chaque siège, les véritables maillots des plus célèbres joueurs portés lors d’une rencontre contre le Fenerbahçe : Zidane, Beckham, Ibrahimovic, Hazard entre autres. Damien Comolli explique regretter les murs vides et blancs de ce vestiaire. « L’objectif est de le rendre plus intimidant, les travaux vont commencer à l'intersaison. » Il prend ensuite l’exemple des vestiaires dans les stades de Galatasaray ou de Besiktas dans lesquels les équipes adverses sont accueillies par une tête de lion dorée, ou par un aigle aux yeux perfides.

Le vestiaire réservé à Fenerbahçe est lui peint aux couleurs du club : le jaune et le bleu marine. Le logo dans les mêmes teintes est dessiné sur les murs et deux horloges affichent deux heures différentes : le bon horaire et 19h07, clin d’oeil à la date de fondation du club en 1907. Le directeur nous décrit au mieux l’atmosphère de cette pièce lors des rencontres : « Ca sent l’homme qui a transpiré, ici (en désignant la table centrale du vestiaire) c’est rempli de gourdes, de boissons énergisantes, de straps pour les blessures. Les joueurs sont regroupés en fonction de leur langue, avec leurs traducteurs pendant les débriefs du coach. »

Tensions

Dans la salle de conférence de presse, le directeur explique les relations du club avec les médias : « Nous avons une obligation contractuelle de parler à la presse avant et après chaque match. Si nous gagnons, nous devons fournir aux médias quatre joueurs, deux si on perd. C’est parfois compliqué de convaincre les joueurs de parler lorsque notre performance a été décevante… » 

Prochaine étape et non des moindre : le terrain. Si les déchets de la veille traînent encore dans les tribunes, les tondeuses sont déjà à l’oeuvre pour remettre en état le gazon. Le stade a une capacité d’accueil de 52 000 personnes, dont une partie réservée aux visiteurs, sécurisée par des barrières et un filet. Damien Comolli explique que les tensions entre les clubs nationaux sont parfois virulentes, notamment entre Fenerbahçe et Trabzon dont les rencontres sont très encadrées.

Atatürk

Lorsque nous quittons le terrain, le directeur sportif s’arrête devant les portraits des membres du conseil d’administration du club réunissant le foot, le volley et le basket. Quelqu’un fait remarquer : « Il n’y a que trois femmes… Et la parité ? » Damien Comolli répond : « Trois femmes cela n’est évidemment pas suffisant mais je crois que ce chiffre est quand même en progression. Cela n’est pas de mon ressort, mais j’essaie autant que possible de féminiser les équipes encadrantes. C’est vrai aussi qu’il n’y a pas d’équipe de foot féminin pour le moment ! Le club essaie de rendre le ballon rond moins masculin, je me souviens d’une fois où les supporters hommes avaient été sanctionnés et avaient pour interdiction d’assister à un match. Nous avons donc fait venir 40 000 supportrices pour remplir le stade ! »

Dernière étape : le musée retraçant l’histoire du club. L’occasion de rappeler, à la veille de la commémoration de sa mort, le lien particulier entre Mustapha Kémal Atatürk et Fenerbahçe. Une guide du club nous explique : « C’est le seul stade où on peut trouver un buste d’Atatürk, il ne faisait pas partie du club mais il a rendu visite à ses membres. » Lors de sa visite, le fondateur de la République turque se serait adressé aux sportifs : « Je ne vous demande pas d’être courageux, je vous ordonne d’être courageux. » La dimension militaire et politique du club fait partie intégrante de son histoire : après sa fondation en 1907, le club n’est pas reconnu officiellement par l’Empire, qui considère ce sport comme importé de l’Occident et de la Grande-Bretagne. Le support d’Atatürk était donc une façon de s’opposer au pouvoir impérial. Cela transparaît dans la doctrine du club : « L’objectif du club est de répandre la discipline mentale et physique à travers la Turquie, préparant notre jeunesse (...) militairement. »

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