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« Ici, l’humeur des gens varie selon les résultats de leur équipe »

Par Jonathan Grimmer | Publié le 29/08/2019 à 03:21 | Mis à jour le 30/08/2019 à 11:32
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En poste depuis juin 2018, le Français Damien Comolli a entamé ce mois-ci sa seconde saison en tant que directeur sportif du prestigieux club de football de Fenerbahçe. Après une première année compliquée, les choses se présentent aujourd’hui sous un jour plus favorable, avec deux victoires lors des deux premières journées de championnat. Pour Lepetitjournal d’Istanbul, il évoque son travail, son parcours et la ferveur qui entoure le ballon rond en Turquie.

 

Quel est le rôle d’un directeur sportif ?

Comme son nom l’indique, il consiste à gérer tout ce qui à trait au sportif au sein du club. A savoir le recrutement, le centre de formation, relationnel entre l’entraîneur et les joueurs, la gestion de l’équipe médicale ou encore la rédaction des contrats. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de clauses qu’ils comportent pour un footballeur. En revanche, je n’ai pas mon mot à dire sur la tactique de l’entraineur, ou sa façon de mener les entraînements.

Durant votre carrière, vous avez travaillé à Saint-Etienne, Arsenal et Liverpool. Comment avez-vous atterri au Fenerbahçe ?

J’étais conseiller d’ Ali Koç pendant sa campagne pour la présidence du club (car au Fenerbahçe, à l’instar de clubs le Real Madrid ou le FC Barcelone, le président est élu par les supporters). Quelques temps avant son élection, il m’a proposé ce poste dans le cas où il sortirait vainqueur.

Vous avez occupé des fonctions similaires à Saint-Etienne et Liverpool. Votre travail au Fenerbahçe est-il différent ?

Pour les tâches quotidiennes non. En revanche, la ferveur qui entoure le football en Turquie est saisissante. Je suis toujours surpris de voir à quel point l’humeur des gens varient en fonction des résultats de leur équipe. C’est quelque chose que je n’avais connu qu’à Liverpool. J’ai conscience que mon travail influe la vie de millions de gens. Mais c’est une pression que j’ai l’habitude de supporter.

Fenerbahçe a également la réputation d’être un club populaire. Comment prenez-vous ce paramètre en compte ?

Les valeurs du club sont le respect, l’honnêteté et la combativité. C’est important de les respecter. Ainsi dans le recrutement par exemple, on choisit des joueurs dont on sait que ça va bien se passer sur le terrain mais également en dehors.

Le défenseur français Adil Rami s’est engagé cette semaine avec Fenerbahçe. Faut-il s’attendre à voir une colonie de joueurs francophones à Fenerbahçe tant que vous serez à direction sportive du club, à l’instar de ce qu’a fait Arsène Wenger à Arsenal par exemple ?

Non, ma nationalité ne va pas influencer notre recrutement. Certes, je suis à l’origine de la venue d’Adil Rami. Mais cela ne veut pas dire que l’on va faire venir une majorité de joueurs francophones à Fenerbahçe. Aujourd’hui, il n’y en a que deux : Adil Rami donc, et le marocain Nabil Dirar.

La Turquie est un pays de football. Pourtant, aucun joueur turc n’a jamais fait partie de l’élite mondiale. Comment l’expliquez-vous ?

En Turquie, les clubs consacrent trop peu d’argent à la formation. C’est une des choses que j’ai changées quand je suis arrivé au Fenerbahçe. Nous avons doublé le nombre d’entraineurs pour les équipes jeunes, créé une cellule de recrutement ou encore en mis en place un suivi psychologique et scolaire pour les joueurs du centre de formation.

 

Propos recueillis par Jonathan Grimmer

jonathan grimmer lepetitjournal istanbul journaliste

Jonathan Grimmer

Diplômé de l'IPJ Paris-Dauphine, passionné de littérature et d'échecs, j'ai pris la responsabilité de l’édition d’Istanbul de lepetitjournal.com en avril 2019 après avoir travaillé deux ans en France pour divers titres de la presse écrite.
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