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TÉMOIGNAGES – "Comment j’ai appris à parler turc…"

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 04/04/2017 à 22:04 | Mis à jour le 13/11/2017 à 03:14

Vous essayez d’apprendre le turc et vous désespérez de ne pas parvenir à faire trois phrases ? Pas de panique, lepetitjournal.com d’Istanbul a compilé pour vous des témoignages de français turcophones qui nous livrent leurs secrets d’apprentissage…

Parmi les expatriés francophones en Turquie, il y a ceux qui indiquent leur chemin, proposent un raccourci et discutent politique avec les chauffeurs de taxi. Le tout, en turc… Et puis il y a ceux qui peinent à commander un café sans sucre dans un restaurant. Si vous faites partie de la deuxième catégorie :

A- Pas de panique, vous n’êtes pas le/la seul(e) dans cette situation.

B- Le café sucré de temps en temps, ça ne peut pas faire tant de mal…

C- Il existe des solutions !

Vous voilà sûrement rassuré… Il ne reste plus qu’à trouver la méthode d’apprentissage qui vous convient. De nombreuses personnes choisissent la technique traditionnelle qui consiste à prendre des cours privés ou en groupe, en France ou directement en Turquie. C’est le cas de Constant, étudiant Erasmus à Istanbul qui souhaite travailler dans le domaine des relations diplomatiques. Arrivé en septembre dernier et sachant seulement "commander un thé et le prix" de ses achats, il peut désormais mener une conversation grâce à des cours suivis à l’école de langues Dilmer, où il s’apprête à valider le niveau B2, ce que l’on appelle généralement "le turc courant". Outre une assiduité aux cours, Constant préconise d’autres petites astuces : "J'écoute de la musique et la radio turques. Je vis aussi avec trois colocataires turcs, nous échangeons souvent ensemble, explique-t-il. Les discussions avec les chauffeurs de taxis sont souvent assez atypiques mais très gratifiantes. Dernière petite chose qui peut être assez drôle à faire, c'est d’écouter les conversations des personnes dans les transports en commun. Si cela peut paraître un peu voyeur, c'est tout de même assez intéressant de voir à quel point on comprend une conversation."

Etre en immersion

Si une langue se vit avant même de se parler, l’immersion accélère sans aucun doute l’apprentissage. Et ce n’est pas Gaëlle qui dira le contraire : "Peu après m’être installée en Turquie, en février 2010, mon futur mari turc, capitaine d’un bateau, est parti en mer pendant plusieurs mois. Je n’ai pas pu le suivre à cause d’une grosse grippe, je suis restée chez ses parents qui ne parlaient que le turc. Ma belle-mère me parlait en turc, m’expliquait, me montrait les objets, quand on cuisinait par exemple. Quand elle recevait des amies pour boire le thé, j’en profitais pour pratiquer la compréhension et l’expression. Je regardais aussi les informations, la télévision, les gros titres des journaux… Bien sûr, il m’est arrivé d’avoir des maux de tête en fin de journée ! Mais ça a été efficace puisqu’en trois mois, j’ai eu un niveau correct."

La française, installée à Bodrum, poursuit : "Je pense que si l’on a la chance d’être sur place, il faut aussi profiter des petits moments comme aller au marché pour pratiquer le turc. Les gens sont curieux en Turquie, donc ça pousse à la conversation ! Apprendre une langue en la vivant est beaucoup plus stimulant que de l’apprendre dans une salle de classe. On ajoute de l’affect à l’apprentissage et c’est plus efficace."

Comme Gaëlle, Bernadette a appris le turc après avoir rencontré son futur mari. C’était à l’été 1976, en Cappadoce : "Il est ensuite venu passer les trois mois d'hiver à Paris pour apprendre le français. Nous communiquions en anglais mais étions conscients de la nécessité d'apprendre la langue de l'autre, pour mieux saisir sa culture." Ayant une mémoire visuelle, Bernadette –aujourd’hui interprète agréée en Cappadoce-, commence par apprendre l’alphabet pour pouvoir lire, puisque la langue turque est phonétique :  "La première phrase que j’ai lu était la une du journal Hürriyet qui titrait ‘eşek oğlu eşek’ soit ‘âne fils d'âne’ Oh! Scandale ! C'est ainsi qu'un député en avait interpellé un autre à l'assemblée nationale", se souvient Bernadette. A ce moment, elle essaie alors de mémoriser quelques bases de conjugaison : "Je me revois dans le métro, récitant les pronoms personnels sujets et quelques verbes simples au présent."

"J’apprenais tous les mots de la même famille en même temps"

Elle poursuit : "Au printemps 1977, je suis revenue en Cappadoce pour faire la connaissance de sa famille et je me suis rendue compte que la grande majorité d'entre eux ne parlait que le turc. Les choses devenant sérieuses, à mon retour j’ai cherché des livres d’apprentissage car à l'époque il n'existait aucune méthode, pas même la méthode Assimil. J’ai trouvé la grammaire de la langue Turque, d’Alfred Morer, et une méthode en anglais. Je me suis dit ‘c'est maigre mais ça fera l'affaire’. J’ai commencé à travailler un peu chaque jour avec ça." Quelques mois plus tard, elle vient s’installer en Cappadoce : "Nous vivions dans la famille de mon futur mari. J’étais en bain d'immersion linguistique total : pas de satellite télé, pas d'internet, pas même de téléphone pour appeler la France et les lettres mettaient trois semaines pour arriver. Bien sûr, il n’y avait aucun cours de langue en Cappadoce…" Bernadette note alors systématiquement tous les nouveaux mots qu’elle rencontre, et les relis quotidiennement jusqu’à les mémoriser.

Chaque soir, elle s’efforce aussi à raconter sa journée en turc, à son futur mari : "Parfois, je mélangeais joyeusement les mots, comme tabak (assiette), kavak (peuplier) et kabak (courgette) et un jour, j’ai décrété fièrement ‘bugün kavak yedim’ (j'ai mangé des peupliers aujourd'hui) !", se souvient-elle. "La langue turque est une langue agglutinante qui fonctionne avec des préfixes et suffixes donc quand j'apprenais un nouveau nom, j'apprenais en même temps tous ceux de la famille en connaissant la signification des suffixes. Ainsi tuz (sel) donne tuzlu (salé)  tuzsuz (sans sel) tuzluk (salière)..." Avec ces différentes techniques, il a fallu trois mois à Bernadette pour comprendre la majorité des conversations, six mois pour s’exprimer de façon simple et un an pour parler le turc couramment. 

Regarder des dessins animés

Si vous n’avez pas la chance de pouvoir vivre en immersion en Turquie, vous pouvez regarder des séries télévisées. C’est la méthode qu’a choisi Melody : "Je prenais des cours de turc mais en rentrant chez moi, je n'avais personne avec qui le parler alors je regardais des séries télévisées et je notais sur une feuille les expressions que je ramenais à ma copine turque, le lendemain, pour qu'elle me corrige", explique Melody, qui a depuis épousé un Turc.

Variante des séries télévisées, la technique suivante pourra vous paraitre risible mais s’avère très efficace et vous sera souvent conseillé : regarder les dessins animés. "Je me suis mise à regarder des dessins animés pour petits enfants comme Caillou, puis pour un peu plus grands comme les films Disney, explique Mélanie. Sur Youtube, la série de Barbie (Barbie'nin rüya evi) est aussi très efficace car le vocabulaire est simple, les épisodes ne durent que 4 minutes environ, sont sincèrement drôles et peuvent tout à fait s'adresser à des adultes. Il y a énormément d'épisodes et l'avantage de cette mini série est d'être visible en anglais, français, turc et beaucoup d'autres langues. Je regardais donc parfois le même épisode en français, puis en turc, et ainsi de suite jusqu'à comprendre de mieux en mieux", poursuit Mélanie, qui conseille aussi de lire des livres pour enfants, des livres d’initiation au turc et d’utiliser le site Okumak.fr, qui propose de nombreux exercices.

Ne pas se décourager

Quelque soit la technique adoptée, la clé du succès est surtout de ne jamais se décourager, comme le conseille Bernadette : "Le turc est bien différent du Français et peut paraître difficile au premier abord. Mais il ne faut pas se décourager. En fait, il est plus facile que le français, possède beaucoup moins de mots et peu d'exceptions. On apprend une langue en la pratiquant. Demandez l'heure, votre chemin... Personne ne vous reprochera vos erreurs. Les Turcs aiment beaucoup parler et il est facile de communiquer avec eux alors, lancez vous!"

Propos recueillis par Solène Permanne (http://lepetitjournal.com/istanbul) mercredi 5 avril

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1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Jinou lun 29/01/2018 - 10:53

Bonjour, J'aimerai perfectionner la langue turque et pour ce faire j'aimerai trouver un ou une correspondant/e turc. Dans ma ville il n'y a malheureusement aucun turc. Merci de bien vouloir m'aider Jinou

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