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Derinkuyu, la plus belle ville souterraine de Cappadoce

Par Nathalie Ritzmann | Publié le 01/03/2017 à 23:05 | Mis à jour le 13/07/2020 à 19:46
Derinkuyu cappadoce

Outre ses extraordinaires paysages composés de tuf et de cheminées de fée ainsi que ses habitations troglodytes, la Cappadoce, région située en Anatolie Centrale, possède également quelques 200 villes souterraines. La plus grande et la plus belle est Derinkuyu, dont le nom signifie puits profond.

Installée sur pas moins de huit étages, elle est située à une trentaine de kilomètres au sud de Nevşehir en direction de Nigde et à 10 kilomètres de Kaymaklı, où se trouve aussi une ville souterraine réputée.

Derinkuyu

Derinkuyu

 

Derinkuyu est découverte par hasard en 1963. Un homme démolit un mur de sa maison et derrière celui-ci découvre une pièce mystérieuse. Il continue à creuser et apparaît alors un système complexe de tunnels avec bien d'autres chambres identiques à la première. Deux ans plus tard, environ 10 % de cette ville souterraine est ouvert au public.

Derinkuyu

Derinkuyu

 

De quand date-t-elle ainsi que toutes les autres ? Personne ne le sait de façon formelle, mais elle pourrait bien, d'après les spécialistes, remonter au VIIème ou VIIIème siècle av. J.-C. Les Hittites ont aussi visiblement occupé ces villes et se servaient des tunnels pour piéger les ennemis. De même, au vu des découvertes faites à Derinkuyu, il s'avère que les Romains se sont abrités là ainsi que les chrétiens durant l'Empire byzantin lors des invasions sassanide et arabe.

Un labyrinthe de centaines de pièces

Claustrophobes s'abstenir, en route pour une visite hors du commun qui vous emmène dans les entrailles de la terre à plus ou moins 85 mètres de la surface, en empruntant des escaliers et galeries qui n'en finissent pas, fort étroits et bas où il faut parfois se courber pour avancer.

Derinkuyu

Derinkuyu

 

Galeries et labyrinthes relient entre elles des centaines de pièces. Des pierres coulissantes d'1,50 à 2 mètres de diamètre, de 30 à 50 centimètres d'épaisseur et pesant plusieurs centaines de kilos, ferment les différentes entrées. Tout y est prévu pour vivre durant des semaines ou des mois : les étables, les espaces de stockage pour les vivres creusés dans la roche, les celliers, les cuisines, le lieu de fabrication du vin, les salons, les ateliers pour travailler...

La cheminée d'aération, d'une longueur de 55 mètres, assure la ventilation et permet également d'accéder aux puits. Ceux-ci ne sont pas accessibles de l'extérieur pour éviter que des personnes mal intentionnées ne viennent répandre du poison dans l'eau. Le chauffage est assuré par l'huile appelée "bezir yağ", fabriquée à partir de graines de lin.

Au 2ème étage, une école possédant une voûte en berceau - rare dans les villes souterraines - accueillait les missionnaires.

Le 7ème sous-sol abrite un lieu de culte et un étage en-dessous un cimetière. On ne faisait pas qu'y vivre, parfois on y mourrait...

La population locale trouvait ainsi refuge en ces lieux insolites lorsqu'elle était menacée par des envahisseurs. Dix milles personnes pouvaient occuper cette ville le temps nécessaire.

Il semblerait qu'un tunnel de 8 kilomètres dont l'accès fait encore l'objet de recherches aujourd'hui relierait Derinkuyu à sa voisine Kaymaklı.

 

Nathalie Ritzmann_0

Nathalie Ritzmann

Venue de son Alsace natale il y a plus de 16 ans ; son objectif, faire découvrir la Turquie, son pays d'adoption, avec ses yeux... et son coeur.
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