Vendredi 3 juillet 2020

PATARA ET XANTHOS – Laissez-vous guider sur ces sites archéologiques

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 25/04/2016 à 22:02 | Mis à jour le 25/04/2016 à 17:16

Deux sites archéologiques se distinguent magnifiquement dans la province d'Antalya. À parcourir en simple promenade ou en quête d'Histoire, les sites de Patara et Xanthos font partie des incontournables de la région.

Entre Ka? et Fethiye, le bord de mer et les criques à flanc de colline invitent à s'adonner à la baignade dans l'eau claire. Toutefois, il serait dommage de ne pas délaisser la plage l'espace d'un instant pour profiter des sites de Patara et Xanthos. Malgré le passage des siècles, ils dévoilent chacun les trésors d'un passé qui exhibe encore des bribes concrètes d'Histoire. Certes, il faut apprécier les vestiges et marcher au milieu des pierres. Si l'on aime imaginer comment vivaient nos semblables autrefois et dans quel environnement se déroulait leur quotidien, on ne peut qu'être conquis.

Patara

Patara est une ancienne ville portuaire de la civilisation lycienne. Elle multiplie les légendes puisqu'on raconte qu'Apollon y serait né, ainsi que Saint Nicolas. Si aujourd'hui on n'y voit ni la maison du dieu ni celle du saint et aucune trace particulièrement divine, on peut par contre déambuler dans ce qui reste de la cité antique, sur un périmètre très étendu.

Photo ABG

Une fois la voiture déposée sur le parking, l'immersion peut commencer. Il est difficile de ne pas se diriger d'abord vers le splendide théâtre de l'époque romaine qui s'érige encore dans sa totalité. Certains pourront s'installer dans les gradins pendant que d'autres simuleront une représentation au centre de la scène afin de mesurer la portée de leur voix. Malgré la raideur des marches, il est indispensable de monter en haut du théâtre pour admirer l'ensemble du site. Ceux qui ne craignent pas les ronces pourront s'aventurer dans la colline derrière le sommet des gradins, qui mène à une vue imprenable sur la plage de Patara. Un seul coup d'?il devrait s'avérer séduisant et permettre d'établir le programme de la journée pour conclure la visite du site sur une note rafraichissante, si la saison le permet. Réputée pour ses 15 kilomètres de sable fin, la plage de Patara a aussi pour particularité d'accueillir une espèce de tortue protégée, la caretta caretta, qui vient s'y reproduire et enfouir ses ?ufs dans le sable.

Une fois quitté le monde des tragédies au cadre enchanteur, le parcours mène naturellement vers un long bâtiment dont la blancheur de la pierre laisse entendre qu'il a été restauré récemment. Une fois à l'intérieur, un deuxième amphithéâtre plus petit que le précédent se présente. S'il n'est pas impossible que des drames s'y soient déroulés, il ne s'agissait pas de fictions écrites d'avance. Cet hémicycle accueillait en effet des problématiques bien concrètes, puisque c'est là que le conseil de la cité se réunissait pour débattre et prendre les décisions pour la vie de la cité. La restauration ostentatoire peut toutefois permettre de soulever quelques questions quant à la protection des sites et leur mise en valeur.

L'exploration du reste du site permet notamment de découvrir des tombes et des restes de temples. Laissées à un état quelque peu sauvage, les ruines sont à la disposition des visiteurs qui peuvent s'en approcher du plus près qu'ils le souhaitent pour s'intégrer dans le paysage antique?

Xanthos

En se dirigeant au nord de Patara, sur la route de Fehtiye, on arrive sur le site de Xanthos. Datant également de l'époque lycienne, la ville tire son nom du fleuve qu'elle surplombe. Depuis 1988, le site est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Photo ABG

La visite se déroule en deux temps. À l'arrivée sur le site il est possible de se diriger sur le côté gauche ou le côté droit. Sur la droite, la promenade commence par quelques mètres sur une majestueuse voie pavée et bordée de colonnes sur laquelle on imagine aisément les chars s'élancer. Rapidement, la route mène sur des petits chemins escarpés qui s'enfoncent dans la colline. Au détour des virages et en bravant une végétation parfois un peu urticante, des tombes et autres ruines apparaissent. Le premier monument qui se dégage est celui des Néréides, à l'aspect d'un temple à colonne. Les Néréides originelles, statues de femmes disposées entre les colonnes, sont toutefois conservées au Bristish Museum de Londres.

Il n'est pas toujours évident de savoir quel sentier emprunter, mais un habitué des lieux rode à l'affût des visiteurs. Et lorsqu'il vous rencontre presque par hasard, il vous convainc de le suivre en vous promettant de vous mener à la tombe du lion, l'une des pièces maitresses du site. Il s'agit en effet de l'un des plus anciens monuments de la civilisation lycienne. Le guide vous conduira ainsi de tombe en tombe, sans manquer de vous demander un petit pourboire avant de vous quitter. Ainsi disséminés en pleine nature, les ruines prennent une dimension particulière, semblant à la fois abandonnées et entourées d'une aura spéciale.

Une fois revenus au point de départ, la deuxième partie du site s'offre à vous. Sur une surface beaucoup plus plane, on se promène dans les ruines de la cité. Les murs de pierre sont encore apparents, et en regardant attentivement le sol on peut apercevoir ici où là des morceaux de canalisations qui sembleraient encore presque actuels. Au bout du plateau, les restes d'une muraille se détachent de la falaise et la vue porte sur la nature alentour et notamment sur le fleuve Xanthos, désormais rebaptisé E?en Çay?. Il faut cependant envisager avoir à partager la visite avec les chèvres qui, à la recherche du moindre brin d'herbe, sauteront de rocher en rocher peut-être plus agilement que vous.

Amélie Boccon-Gibod (www.lepetitjournal.com/Istanbul) mardi 26 avril 2016

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