Çukurcuma ne ressemble ni à un marché ni à un bazar. Des vitrines ouvertes sur la rue, des chaises anciennes, des lampes suspendues, des portants de vêtements vintage. Le quartier se découvre en marchant, au fil des détails.


Un quartier qui se parcourt plus qu’il ne se visite
À Çukurcuma, dans le prolongement de Cihangir, au cœur de Beyoğlu, on avance sans vraiment savoir où aller.
Les rues descendent vers Tophane, remontent parfois, bifurquent sans prévenir. On passe d’une façade à une autre, d’une vitrine à la suivante. Faik Paşa Caddesi, avec ses maisons colorées et ses boutiques alignées, en donne un aperçu presque immédiat.
Rien n’attire franchement l’attention et pourtant tout retient le regard. Une chaise ancienne posée devant une boutique. Une lampe allumée en pleine journée. Un cadre laissé contre un mur. Les antiquaires sont là, dispersés dans les rues.
UN NOM DE QUARTIER DÉCRYPTÉ – Que signifie “Cihangir” ?
Entre antiquaires et vintage, au détour des rues
Un meuble ancien derrière une vitrine, quelques mètres plus loin des vêtements vintage suspendus à une porte, puis une boutique où s’accumulent cadres, miroirs, vaisselle. Rien n’est vraiment séparé, l’ancien et le plus récent se croisent.
Le quartier n’a pas toujours été associé à cette image. Le nom même de Çukurcuma, “le vendredi de la vallée”, rappelle cette géographie en creux, à l’écart des grands axes.
Peu à peu, antiquaires et boutiques se sont installés. Sans plan d’ensemble, sans véritable organisation. Le quartier s’est transformé par touches successives, au rythme des ouvertures, des fermetures, des reprises.
Aujourd’hui encore, rien ne semble figé. Les vitrines changent, les objets circulent, les styles se mélangent. Ce qui pourrait ressembler à un ensemble cohérent reste en réalité fragmenté, presque instable. C’est peut-être ce qui donne à Çukurcuma son allure particulière.
Une autre manière de chiner à Istanbul
Çukurcuma ne fonctionne pas comme les autres lieux de chine à Istanbul. Ici, pas de stands alignés. On est loin de l’effervescence d’un marché et des espaces entièrement consacrés aux antiquaires. Le quartier reste ouvert, traversé, mêlé au quotidien. On y passe autant qu’on s’y arrête.
Les vitrines prolongent la rue, les boutiques s’intègrent au quartier. Cette manière de chiner change le rapport aux objets. On regarde, on flâne.
Le temps en vitrine
À Çukurcuma, les objets ne sont pas seulement exposés, ils sont mis en scène. Rien n’est laissé au hasard. Une lampe allumée, un fauteuil placé de biais, quelques livres posés sur une table. Les vitrines ressemblent parfois à des intérieurs arrêtés, comme si quelqu’un venait de quitter la pièce. Les époques se mélangent sans chercher à se distinguer. Un miroir ancien à côté d’un vêtement plus récent, une pièce restaurée à côté d’un objet laissé tel quel.
À Çukurcuma, il n’y a pas de parcours à suivre. Le quartier se découvre en marchant, au fil des vitrines, des détails et des objets. Une autre manière de découvrir Istanbul.
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