Avec les beaux jours, Istanbul se prête à la flânerie. Du musée du verre de Beykoz à la citerne de Zeyrek, jusqu’au pavillon de Tophane, trois visites à découvrir au fil de la ville.


Avec l’arrivée des beaux jours, l’envie de flâner dans Istanbul se fait plus intense que jamais. Voici quelques idées de visites pour en profiter pleinement…
Le Musée du verre et du cristal de Beykoz
Ce musée captivant mérite amplement le détour : il présente, en effet, une remarquable collection d’environ 1500 pièces de verreries. On y découvre des créations de l’Antiquité mises au jour lors des fouilles du Marmaray, des objets remontant au XIIIe siècle, à l’époque seldjoukide, ainsi que de nombreuses œuvres réalisées jusqu’à la fin du XXe siècle.
Le bâtiment à lui seul mériterait la visite car il se trouve dans les anciennes écuries en forme de « U », d’un dignitaire du sultan Abdülaziz, le pacha Abraham ; à en juger par la beauté des écuries, seul vestige actuel de la « ferme » de rêve que le pacha, passionné de botanique et de chevaux, s’était fait construire sur plusieurs hectares pour y cultiver des essences rares, on peut aisément imaginer le luxe d’antan, dont subsistent d’immenses jardins.

Quant au quartier de Beykoz, il devint très célèbre à partir du XVIIIe siècle, lorsque le sultan Selim III y fit édifier la première verrerie impériale, avec des artisans qu’il avait envoyé se former à Venise.
Ce fut ainsi que l’on créa « le verre de Beykoz », célèbre pour deux styles de productions : les opalines blanches ornées de fleurs ou rouges et bleues translucides, et le motif « çeşm-i-bülbül » ou « l’œil du rossignol », reconnaissable à ses rayures bleues. Les collections du musée comportent aussi de merveilleux vitraux traditionnels appelés « revzen », dont la particularité est un sertissage en plâtre.


On peut, en outre, y découvrir une multitude de verreries de Murano, de Bohème, d’Osler et de Baccarat, de somptueux candélabres de cristal confectionnés par les verriers européens pour les palais impériaux ottomans et le carrosse du sultan Mahmud II, décoré de plaques de verre multicolore, œuvre du verrier parisien Lelorieux.
Enfin, signalons que le musée possède un agréable café-restaurant en terrasse, où les enfants peuvent se divertir grâce aux lapins apprivoisés ou au paon qui passe en faisant la roue.

La citerne du Christ Pantocrator ou Zeyrek Sarnıcı
Sur la quatrième colline d’Istanbul se dresse l’un des plus prestigieux complexes byzantins parvenus jusqu’à nous, l’ensemble des trois églises composant le monastère du Christ Pantocrator, actuellement connu sous le nom de « Mosquée de Zeyrek », du nom du religieux qui opéra sa conversion. Or, ce sublime édifice posé sur un tertre dominant la Corne d’Or, comportait en contrebas plusieurs citernes dont la plus grande vient d’ouvrir au public.

Édifiée au XIIe siècle sous Jean II Comnène pour entreposer l’eau potable, elle fut utilisée jusqu’au XVIIIe siècle, date à laquelle elle se tarit pour une raison inconnue. Troisième de la ville par sa taille, elle se distingue par son enfilade de colonnes, mais surtout par l’originalité de son plafond, où subsiste un passage évoquant un ancien chemin de ronde, qui probablement, communiquait autrefois avec le monastère.
N’omettez donc pas de monter l’escalier et de vous engager dans ce dédale à peine restauré surmontant la citerne, caractérisé par des voûtes mais aussi des passages bas et étroits au sol de terre battue, qui, si vous êtes accompagné d’enfants, enflammera sans doute leur imagination par son atmosphère mystérieuse et fantomatique.

Le pavillon de Tophane ou Tophane Kasrı
Construit en 1852 pour le sultan Abdülmecit, cet édifice servait au souverain lorsqu’il venait visiter les installations militaires de Tophane ou à la réception des dignitaires étrangers arrivés au port de Karaköy. Par exemple, Abdülmecit y accueilla le grand-duc Constantin, frère du tsar de Russie, lors de la Conférence de 1897 et c’est aussi là que se réunit, après le Traité de Lausanne, la Commission Internationale des Détroits.

La beauté du bâtiment rectangulaire néo-classique, construit parallèlement à la mer, réside dans son décor de porte-à-faux baroques de couleur crème, surmontant les consoles du deuxième étage sur la façade vert d’eau. Quant à l’intérieur, ses cheminées de marbre, ses plafonds richement ornés de fresques et de stucs ainsi que son étage agrémenté de colonnes, laissent imaginer aisément ce que fut, même dans un bâtiment utilitaire, le faste qui caractérisait le quotidien des sultans.

La ville d’Istanbul n’a pas fini de surprendre, comme en témoigne le nombre croissant de lieux qui s’ouvrent chaque année au public. Ainsi que le rappelle un vieil adage à propos de la cité millénaire, « ses pierres et sa terre sont d’or »…
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