Le 29 octobre 2022, lors de la fête d'Halloween, 159 personnes meurent dans une ruelle d’Itaewon. Quatre ans plus tard, les costumes sont toujours là dans les rues de Séoul, malgré le traumatisme.


Samedi 31 octobre, 22 heures. Dans les rues de Hongdae, sorcières, zombies et personnages d’animé font la queue devant les clubs.
La fête n’a pas disparu. Elle a changé de visage.
Itaewon, capitale d’Halloween avant 2022
Halloween arrive en Corée par Itaewon. Le quartier, voisin de la base américaine de Yongsan, accueille depuis des décennies une population étrangère nombreuse. Les bars et les clubs y lancent la tradition. Dans les années 2000, elle gagne le reste de Séoul, puis le reste du pays.
Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes se déguisent et se retrouvent dans les ruelles d’Itaewon. Aucun organisateur ne pilote l’événement. La foule vient d’elle-même, de bar en bar.
Le drame d'Itaewon qui change les habitudes
Le 29 octobre 2022, environ 100 000 personnes se pressent dans le quartier d'Itaewon. Une ruelle étroite près de l’hôtel Hamilton devient un piège. Le bilan officiel s’élève à 159 morts, en majorité des jeunes de 20 à 30 ans.
« Je me souviens que j’étais censé aller à Itaewon ce soir-là, justement dans la rue où la bousculade a eu lieu. Mais heureusement, au dernier moment, on a changé de plan et on est allés sur une colline boire de la bière de riz. Quelques heures plus tard, on entendait les sirènes des ambulances résonner dans toute la ville. Ça ne s’arrêtait pas, ça résonnait comme ça pendant des heures. Là, j’ai compris que quelque chose de grave se passait. Dans les heures qui ont suivi, j’ai appris ce qui s’était passé. J’ai été sous le choc », confie H., un jeune américano-coréen habitué des soirées séoulites.
Le choc traverse le pays. Les autorités reconnaissent des failles dans la gestion de la foule. Depuis, la police et la ville renforcent la surveillance des quartiers très fréquentés : Hongdae, Myeongdong, Konkuk, Gangnam.
La fête se déplace d'Itaewon à d'autres quartiers
Malgré le traumatisme, la fête ne s’arrête pas. Elle se disperse. Hongdae et Seongsu deviennent les nouveaux centres du Halloween coréen, parfois avec des billets achetés à l’avance et des jauges limitées.
« Certaines personnes continuent de fêter Halloween à Itaewon, mais moi, plus jamais je n'irai là-bas ce jour-là. C'est pas vraiment que c'est maudit, mais je sais pas comment expliquer... Je préfère aller dans un autre quartier. », raconte un passant croisé à Hongdae.
Les fêtards adaptent leurs codes. Les groupes restent plus petits. Les lieux sont choisis à l’avance. La foule compacte de 2022 fait peur.
Le deuil garde sa place. Le 29 octobre, des proches des victimes et des anonymes se recueillent près de la station d’Itaewon.
Des enfants aux marques : Halloween s’installe
Halloween ne se limite plus aux noctambules. Les écoles et les hagwons organisent des fêtes costumées. Les parcs d’attractions et les marques en font un rendez-vous commercial.
La fête garde un ton propre à la Corée. Elle est plus festive que macabre : costumes, photos, soirées entre amis. Le porte-à-porte des enfants, lui, reste rare. Halloween sert de prétexte pour se retrouver, plus que de tradition de quartier.
À Séoul, Halloween survit au drame.
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