Édition internationale

Livres coréens et IA : Han Kang et Hwang Sok-yong parmi les auteurs concernés par l’accord Anthropic

La Literature Translation Institute of Korea (LTI Korea) a repéré 21 éditions anglaises d’auteurs coréens sur la liste des œuvres indemnisables dans le règlement de 1,5 milliard de dollars conclu par Anthropic, la société derrière Claude. Les éditeurs coréens en profitent pour réclamer plus de transparence sur les données d’entraînement des IA.

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Écrit par Philippe Dji-yon
Publié le 21 octobre 2026

Le 17 octobre, la LTI Korea a annoncé avoir identifié 21 éditions anglaises d’ouvrages d’auteurs coréens parmi les œuvres éligibles à une indemnisation dans l’affaire Bartz contre Anthropic. Le Prix Nobel Han Kang (trois titres, dont Human Acts) figure sur la liste, tout comme Hwang Sok-yong (The Guest), Kim Young-ha, Shin Kyung-sook, Kim Ae-ran, Kim Soom et Hwang Sun-mi. L’institut a prévenu les auteurs et dit vouloir les aider à obtenir une compensation, y compris par une action en justice si nécessaire.

L’origine du dossier Anthropic

En 2024, trois auteurs américains ont poursuivi Anthropic, l’accusant d’avoir téléchargé des livres depuis des sites pirates. La justice américaine a distingué deux choses : utiliser des livres pour entraîner un modèle relève du « fair use », mais conserver des copies piratées dans une bibliothèque centrale constitue une violation. L’affaire s’est réglée par un accord d’environ 1,5 milliard de dollars, validé définitivement en juillet. Il s’agit du plus gros règlement connu dans une affaire de droit d’auteur aux États-Unis, soit environ 3 000 dollars par œuvre.

Les titres de presse coréens parlent souvent de livres « utilisés sans autorisation pour entraîner » Claude. Ce qui est indemnisé, c’est le téléchargement pirate, pas l’entraînement lui-même. Certains auteurs et éditeurs, qui ont choisi de sortir de l’accord, poursuivent Anthropic séparément.

Les libraires coréens face à l'IA

En parallèle, le marché du livre coréen s’inquiète d’achats en gros suspects. Kyobo Book Centre affirme avoir reçu depuis début 2026 des demandes de dix entreprises étrangères, américaines et britanniques notamment, portant chacune sur environ 100 000 titres. Il les a refusées, faute de pouvoir exclure un usage pour entraîner des IA. Yes24 a été approché fin août par un distributeur américain voulant acheter des livres d’occasion en masse. Selon Newsis, Anthropic aurait acheté des livres papier auprès de distributeurs coréens pour les scanner, dans le cadre d’un projet baptisé « Projet Panama ». Les distributeurs ignoraient sans doute l’usage final.

"Sans livres, pas d'IA"

La Korean Publishers Association interroge libraires, distributeurs et maisons d’édition pour recenser ces demandes, puis prévoit de monter une coalition. La Korea Publishers Society a lancé un appel pour une « rémunération juste » : « Sans livres, pas d’IA », écrit-elle. Au 20 octobre, il avait recueilli le soutien d’environ 200 organisations et 570 personnes.

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