Du 19 au 25 octobre, la 14e édition du festival international d’animation Canlandıranlar réunit à Istanbul des films turcs, francophones et internationaux. En partenariat avec l’Institut français et le cinéma Beyoğlu, l’événement entend favoriser les rencontres entre créateurs et donner davantage de visibilité aux jeunes talents de l’animation.


Le festival a été lancé lundi 19 octobre dans les jardins de l’Institut français, avec la projection de Persepolis, le film d’animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. « C’était très émouvant de redécouvrir ce film », confie Vincent Bouvard, l’un des fondateurs du festival.
Blaise, le cinéma d’animation français à l’honneur
Cette édition accueille notamment Clémence Lebatteux, scénariste du long métrage d’animation français Blaise, adapté de la bande dessinée de Dimitri Planchon. Le film met en scène une famille dont les difficultés à communiquer donnent lieu à des situations burlesques. Après sa présentation à Cannes et son passage au festival d’Annecy, il doit sortir dans les salles françaises en février 2027.
« On s’attendait à un petit film projeté dans quatre salles à Paris, et la diffusion à Cannes a vraiment lancé le film », explique la scénariste. Pour elle, le succès du film tient notamment à l’universalité de son sujet : « On a tous nos difficultés à communiquer. C’est un sujet très universel, et il faut rire. On est contents que l’humour voyage bien. »
Clémence Lebatteux a également animé une masterclass consacrée au scénario, un aspect trop peu abordé dans les formations en animation. « Dans les écoles d’animation, on favorise l’image et on parle peu du scénario. Or, c’est la structure : ça s’apprend, c’est un artisanat plus qu’un art », souligne-t-elle.
L’Institut français accueille le festival depuis sa création. Pour Léa Cesena, attachée audiovisuelle au consulat de France à Istanbul, ce partenariat permet de faire connaître les productions françaises auprès du public turc. « La France est parmi les leaders de l’animation. C’est important pour l’Institut français d’offrir une plateforme qui puisse donner un écho aux contenus français en Turquie. »
L’animation turque, un secteur en développement
Créé en 2010 à la suite d’un programme destiné à de jeunes animateurs turcs, Canlandıranlar avait pour objectif initial de donner un espace de diffusion à leurs premiers films. Depuis, le festival s’est ouvert à l’international et s’attache à favoriser les échanges entre créateurs.Cette année, la présence de l’équipe de Gupi, une série d’animation turque diffusée sur Netflix, illustre les possibilités de diffusion internationale qui s’offrent aux productions locales.
Malgré ces perspectives, le secteur reste confronté à un manque de débouchés. « En Turquie, il y a un secteur relativement émergent, avec de nombreux talents, mais peu de débouchés », souligne Léa Cesena.
Des programmes de coopération cherchent à accompagner cette nouvelle génération. Le Black Sea Animation Workshop réunit notamment de jeunes créateurs de Turquie, de Géorgie, d’Ukraine et de Roumanie autour du développement de projets d’animation, avec le soutien de l'institut français. Grâce à des ateliers et à un accompagnement professionnel, ces initiatives visent à renforcer les compétences des participants et à favoriser les collaborations régionales.
Le festival remettra ses prix nationaux et internationaux le samedi 24 octobre au cinéma Beyoğlu, autre partenaire de l’événement.
Pour plus d'informations sur l'évènement, rendez-vous sur le site du festival.
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