Samedi 28 novembre 2020
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Voters without borders : plus de droits pour les expatriés européens

Par Aurélie Billecard | Publié le 28/10/2020 à 18:00 | Mis à jour le 30/10/2020 à 08:58
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« Voters without borders » est une initiative d’étudiants internationaux demandant d’étendre les droits politiques des citoyens de l’Union européenne. Depuis le 1er septembre 2020, le groupe a un an pour collecter 1 million de signatures, pour que la Commission européenne examine leurs requêtes. 

D’où est venue l’idée de Voters without Borders ?

La fondation ECIT (European Citizens’ Rights, Involvement and Trust), ayant lancé l’initiative citoyenne européenne (ICE) est née dans le monde des « think-tanks » européens. L’idée de soumettre cette ICE est apparue en conclusion de la conférence annuelle sur la citoyenneté de la Fondation ECIT en 2019. 

Voters without borders a constaté que la démocratie, pourtant l’une des valeurs fondamentales de l’Union Européenne, n’est malheureusement pas une réalité pour certains de ses citoyens. Les pleins droits politiques de plus de 17 millions d’Européens, résidant dans un pays autre que celui dont ils sont citoyens, sont en jeu. Paradoxalement, la libre-circulation des personnes, une des quatre libertés fondamentales européennes, est entravée par les obstacles dressés contre l’exercice de ces droits politiques pour ces “citoyens mobiles”.

L’initiative a été lancée dans une période charnière, où les opportunités de succès sont grandes. En effet, en cette fin d’année 2020, la Conférence sur l’Avenir de l’Europe devrait enfin voir le jour, et si la démocratie venait à en être un des sujets discutés, nous aurions l’occasion de mettre en lumière les problèmes rencontrés par les citoyens mobiles et la nécessité de réformer les droits politiques en vigueur à l’échelle européenne. L’annonce récente de la Commission de vouloir réformer les Directives relatives aux droits de vote pour les élections locales et Européennes est un signe supplémentaire de l’intérêt représenté par notre Initiative.

Ainsi cette ICE pourrait être le facteur d’activation d’une réelle démocratie européenne en ouvrant le débat. Grâce à la récolte d’un million de signatures, l’initiative pourra être l’un des sujets à débattre dans la sphère européenne, permettant ainsi d’y engendrer un impact puissant et ouvrir à d’autres questions tout aussi importantes.

 

Il nous reste exactement 11 mois pour atteindre notre objectif : 1 million de signatures

 

Quels sont les objectifs de votre ONG ?

Notre premier objectif est de renforcer les droits de vote et d’éligibilité existants aux élections européennes et municipales pour les citoyens mobiles de l’UE, notamment en renforçant l’accès à l’information et en mettant en place une inscription sur les listes électorales de manière automatique.

Ensuite, notre ONG souhaite étendre ces droits de vote dans le pays de résidence aux élections régionales et nationales ainsi qu’en cas de référendums.

Si ces deux objectifs étaient atteints, cela entraînerait la reconnaissance automatique des citoyens de l'UE comme électeurs là où ils résident, et supprimerait les obstacles au vote et à la candidature aux élections transfrontalières. Le suffrage universel serait automatique renouvelé en tant que droit fondamental et valeur européenne. 

Nous menons des recherches pour estimer l’impact de ces mesures pour les citoyens de l’UE (récoltes de témoignages, conduites de consultation publiques…) et comment elles pourraient inclure les ressortissants des pays tiers résidant légalement dans un pays de l’UE.

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A quels droits politiques les Européens, résidant dans un autre pays, n’ont pas accès?

Le nombre de citoyens expatriés à l’échelle de toute l’Europe est considérable. Nous sommes 17 millions d’habitants dans un autre pays de résidence que notre pays d’origine, au sein de l’Union Européenne !

Un citoyen européen résidant dans un autre pays de l’UE que son pays d’origine peut voter et se présenter aux élections municipales et aux élections européennes.

Nous pourrions penser que tous les citoyens européens, s’ils n’ont pas le droit de vote pour les élections régionales et nationales dans leur pays de résidence, le conservent dans leur pays d’origine via le vote par correspondance. Or, ce n’est pas le cas. Certains se retrouvent déchus de leurs droits de vote dans leur pays d’origine après une certaine période de temps, alors même qu’ils n’ont pas non plus le droit de vote dans leur pays de résidence. Ils perdent alors toute représentation politique ! Les citoyens concernés sont les Allemands, Chypriotes, Maltais, Danois et Irlandais.

 

Cette ICE pourrait être le facteur d’activation d’une réelle démocratie européenne en ouvrant le débat

 

Vous avez un an pour atteindre 1 million de signatures, comme vous l’a demandé la Commission européenne, par rapport à votre Initiative Citoyenne Européenne. Combien en avez-vous aujourd’hui, et comment comptez vous atteindre votre objectif ?

Il nous reste exactement 11 mois pour atteindre notre objectif : 1 million de signatures. Nous avons récolté 3 400 signatures pour le moment, ce qui est loin d’être suffisant. Malheureusement, cette année exceptionnelle de crise sanitaire n’aide pas à promouvoir notre projet. Nous sommes donc très actifs sur les réseaux sociaux, fondant notre stratégie sur un système pyramidal. Nous enjoignons les personnes signant notre Initiative, à convaincre 4 autres personnes à également signer, qui en convaincront elles-mêmes 4. Si nous adoptons ce fonctionnement, le nombre de signatures va croître de manière exponentielle et nous n’aurions besoin “que” de 10 niveaux de signataires.

Nous participons également régulièrement à des webinars. Une conférence aura lieu aussi les 1er et 2 Décembre à Bruxelles dans le but d’expliquer notre initiative. Nous sommes également en contact avec la mairie de Paris pour organiser des événements, en collaboration avec les JEF (Jeunes Européens de France).

Nous continuons de nous battre en contactant un maximum de médias, de personnes influentes et d’organisations. Ils pourraient relayer notre initiative et nous aider à sensibiliser les citoyens de l’Union Européenne sur leurs droits fondamentaux de la liberté d’expression.

 

Après cette année de campagne, avez-vous d’autres combats que vous souhaitez mener ?

Nous allons bien évidemment mener d’autres combats. Celui de la citoyenneté européenne est pour nous une question fondamentale, qui doit absolument évoluer pour le bien être de l’Union Européenne et de ses citoyens. Néanmoins, d’autres causes nous semblent tout aussi importantes. La conférence annuelle de décembre sera l’occasion de définir nos prochaines priorités. Les discussions porteront sur les dimensions sociales, environnementales et relatives à la santé liées à la citoyenneté européenne. 

 

Si vous souhaitez signez la pétition, cliquez ici.

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Aurélie Billecard

Étudiante en management culturel et journalisme, fille d’expatriés en Asie et en Europe pendant une dizaine d’années, elle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale.
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