Il y a un peu plus d’un mois, l'Azerbaïdjan a mené une attaque éclair au Haut-Karabakh. 100.000 Arméniens ont alors fui la zone. Depuis, l’Azerbaïdjan se réapproprie l’enclave et les tensions demeurent toujours entre les deux pays.


Le 19 septembre dernier, l’Azerbaïdjan reconquiert le Haut-Karabakh et force la quasi-intégralité des Arméniens à quitter l’enclave séparatiste, berceau de leur civilisation. Les autres conflits mondiaux - en particulier la guerre entre Israël et le Hamas- ont rapidement éclipsé cet exode ethnique mais les problématiques persistent sur l’avenir des relations entre les deux pays.
Depuis quelques semaines, les Azerbaïdjannais retrouvent peu à peu des terres qu’ils avaient abandonnées il y a une trentaine d’années, lors de la première guerre du Haut-Karabakh entre 1988 et 1994, apprend-on dans un reportage de France Culture. Ainsi, l’Azerbaïdjan réinvestit les lieux, reconstruit jusqu’à quelques mètres du poste frontière au corridor de Latchine. Alors qu’il ne reste qu’une quarantaine d’Arméniens au Haut-Karabakh - des paysans reculés et restés à condition qu’ils prennent la nationalité du camp adverse - la crainte des Azerbaïdjans de devoir de nouveau partir de l’enclave est toujours présente.
L’Azerbaïdjan annonce, photo a l’appui, que le «processus de réintégration commence» pour des Arméniens qui auraient accepté de rester au Haut-Karabakh et de prendre la nationalité azerbaïdjanaise.
— Faustine Vincent (@faustvincent) October 1, 2023
Plus de 100 400 habitants ont fui en une semaine. L’enclave est quasiment vide. pic.twitter.com/JTZTOJmL50
La peur aussi du côté de l’Arménie
Petit pays situé entre la Turquie, la Géorgie, l’Iran et l’Azerbaïdjan, l’Arménie s’est retrouvée démunie face à l’offensive express de Bakou. Pour la première fois depuis trente ans, une mission humanitaire de l’ONU s’est rendue dans le Haut-Karabakh. Au vu de sa situation géographique, l’inquiétude d’un plus grand conflit pèse sur l’Arménie qui souhaite éviter un second génocide.
Dans un contexte tendu, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé le 23 octobre le début de manœuvres militaires avec la Turquie près de l'Arménie. Ces manœuvres, confirmées par la Turquie, mobilisent jusqu'à 3 000 soldats des deux pays, des dizaines de véhicules blindés, de l'artillerie et une vingtaine d'aéronefs, rapporte France Info.
En réponse, le Premier ministre de l’Arménie Nikol Pachinian “espère dans un avenir proche” la signature d’un “traité de paix” entre son pays et l’Azerbaïdjan. Une déclaration faite lors d’un forum international à Tbilissi (Géorgie), jeudi 26 octobre, deux semaines après une réunion quadrilatérale entre le président Aliyev, le président Emmanuel Macron et le président du Conseil européen Charles Michel à Prague le 6 octobre dernier. Ce jour-là, il était question de respect d’intégrité territoriale et d’attachement à la charte des Nations unies.
La France renforce sa relation de défense avec l’Arménie
En parallèle, le ministre des Armées de France Sébastien Lecornu et son homologue arménien Souren Papikian se sont rencontrés lundi à Paris. L’objet de la visite : la signature de contrats d’armement entre les deux pays, ainsi que l’envoi de militaires français pour la formation de troupes à Erevan. Cette coopération militaire fait suite à l’annonce Catherine Colonna du 3 octobre. La ministre des affaires étrangères avait affirmé que la France « avait donné son accord » à la « livraison de matériel militaire à l’Arménie pour qu’elle puisse assurer sa défense ».
Հայաստանի համար հարկավոր է պաշտպանվելու եւ իր բնակչության պաշտպանելու կարողություններ ունենալ:
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) October 24, 2023
Սիրելի Սուրեն, ուրախ եմ որ մեր պաշտպանական հարաբերություն 3 ուղղությամբ առաջադիմել է: pic.twitter.com/PiQ9yeIFaT
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