Suppression du corps diplomatique : Emmanuel Macron se défend devant les ambassadeurs

Par Maël Narpon | Publié le 02/09/2022 à 17:30 | Mis à jour le 07/09/2022 à 23:20
Photo : Elysée - YouTube
Emmanuel Macron à la conférence des ambassadeurs et ambassadrices 2022 à Paris

L’heure était hier au rassemblement pour les diplomates français du monde entier. A l’occasion de la conférence des ambassadeurs 2022, ces derniers ont été reçus à Paris par le président Emmanuel Macron qui a défendu sa réforme de la haute fonction publique tout en abordant le thème des relations avec la Russie.

 

Le président de la République Emmanuel Macron a défendu la très discutée réforme de la haute fonction publique devant les diplomates français réunis pour la conférence des ambassadeurs et ambassadrices 2022, le 1er septembre 2022. Tenue chaque année depuis 1993 à Paris, généralement à la fin du mois d’août, ce rassemblement n’avait pas pu avoir lieu ces dernières années en raison de la persistance de la pandémie de Covid-19.

 

Un discours d’Emmanuel Macron dans un contexte d’opposition des diplomates et de certains partis

Le long discours d’Emmanuel Macron face aux diplomates a ainsi porté en grande partie sur les conséquences de la réforme de la haute fonction publique qui avaient déjà suscité une vive opposition des principaux concernés en juin dernier. Celle-ci va entraîner la disparition de deux corps diplomatiques, forçant leurs membres à rejoindre un corps plus large (le corps des administrateurs de l’Etat) qui auront la possibilité de changer de ministère au cours de leur carrière. C’est notamment cette suppression du corps diplomatique pour 2023 qui a provoqué la deuxième grève seulement dans toute l’histoire du Quai d’Orsay.

 

Le président français juge de son côté cette réforme comme « bonne pour le Quai d’Orsay », assurant qu’elle aboutira sur une diplomatie « plus agile, plus experte, plus forte ». Il met également en avant la création d’un grand nombre de nouveaux emplois au ministère des Affaires étrangères, ce qui serait une première depuis 30 ans.

 

Les diplomates français ne sont pas les seuls mécontents de la teneur de cette réforme. Le Parti Socialiste s’y est également farouchement opposé et l’a fait savoir à travers un communiqué de presse du 1er septembre : « Il n'est pas nécessaire de casser la fonction publique, et donc les services publics pour favoriser la mobilité interministérielle, qui existe depuis des décennies au ministère des Affaires étrangères. La mobilité est inhérente aux métiers de la diplomatie. […] S’attaquer aux personnels de la fonction publique, c'est aussi affaiblir les services publics pour nos compatriotes à l’étranger. »

 

 

Dialogue avec la Russie, relations avec le continent africain, confrontation entre la Chine et les Etats-Unis… les autres thèmes abordés par Emmanuel Macron

Pas de réunion des ambassadeurs et ambassadrices sans dimension internationale. Le président maintient la priorité donnée au dialogue avec la Russie plutôt que la confrontation. Dans ce sens, il déclare ainsi qu’il faut « assumer de pouvoir toujours continuer à parler à tout le monde, […] surtout ceux avec qui nous ne sommes pas d’accord ». Son dernier appel en date avec le président russe Vladimir Poutine remonte au 19 août dernier. Même son de cloche lorsque sont évoquées les tensions en Indo-Pacifique, l’Europe et la France devant selon lui croître indépendamment de la confrontation entre la Chine et les Etats-Unis.

 

D’un autre côté, il a affiché une forte volonté de renouer de bonnes relations avec le continent africain et a enjoint les diplomates à réagir plus rapidement et plus efficacement pour éviter à certaines informations infondées de se propager. Cela a déjà pu être le cas en 2021 au Mali alors qu’un climat de tension régnait entre les deux pays. Une task force va ainsi être mise en place au ministère des Affaires étrangères. Son but : mieux gérer sa communication sur le continent africain afin d’y préserver l’image de l’Hexagone.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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