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Manifestations au Pakistan : le sentiment anti-Français exacerbé

Par Adèle Hourdin | Publié le 21/04/2021 à 17:45 | Mis à jour le 21/04/2021 à 17:55
Manifestations anti-français au pakistan

Depuis plusieurs semaines, la campagne anti-Français s’est durcie au Pakistan. A l’issue des violentes manifestations répondant à l’appel du parti islamiste radical TLP, l’Ambassade de France a conseillé aux Français sur place de quitter le pays.

Le regain de tensions lié à la republication des caricatures de Mahomet en France, à l’octobre 2021, s’est intensifié ces dernières semaines. Plusieurs manifestations ont éclaté dans les grandes villes du pays, Lahore, Karachi et la capitale Islamabad, à l’initiative du parti islamiste radical Tehrik-e-Labbaik Pakistan (TLP).

 

Le parti Tehrik-e-Labbaik derrière le sentiment anti-Français au Pakistan

A l’origine de toutes ces tensions : la republication des caricatures de Mahomet à l’automne 2020, lors de l’ouverture du procès de l’attentat de Charlie Hebdo. Au Pakistan, pays où environ 95% de la population est de confession musulmane, se moquer du prophète est considéré comme un crime et peut même être passible de la peine de mort.

Le discours d’Emmanuel Macron en faveur de la liberté de blasphémer en France, après l’assassinat du professeur Samuel Paty en octobre 2020, est venu jeter de l’huile sur le feu : « Nous ne renoncerons pas aux caricatures » avait-il prononcé. Cette position, vécue comme un affront par de nombreux pays musulmans, a entrainé une vague de manifestations au Pakistan. A la tête de ces mouvements, Tehrik-e-Labbaik, un parti islamiste radical créé en 2015 afin de faire condamner les auteurs de blasphèmes dans le monde.

Pour regagner la paix lors des manifestations de l’automne, le gouvernement pakistanais avait promis de mettre en place un boycott des produits français et d’expulser l’ambassadeur français au Pakistan avant le 20 avril. A l’approche de la date, alors qu’aucune mesure n’avait encore été prise par le gouvernement, le TLP a appelé à manifester. Le gouvernement s’est décidé à interdire le groupe et à en arrêter le chef, Saad Rivzi. En réaction, de violentes manifestations ont secoué le pays avec pour bilan, quatre policiers tués, plus de 800 blessés et 11 policiers pris en otage.

La sortie de crise semble aujourd’hui lointaine pour Imran Khan, le chef du gouvernement, qui se retrouve pour l’instant coincé entre la pression exercée par le groupe islamiste, ainsi que l’impossibilité de toucher à cet ambassadeur sur lequel repose les bonnes relations du pays avec la France et l’Union Européenne. La décision a pour l’instant été repoussée au vendredi 23 avril et fera l’objet d’un vote au Parlement.


Les Français invités à quitter le Pakistan provisoirement

Le 15 avril, l’Ambassade de France au Pakistan avait conseillé aux ressortissants français présents sur le sol pakistanais de quitter « provisoirement » le pays, en raison de « menaces sérieuses ». 15 diplomates français ont été rappelés en France et les dispositifs de protection autour de l’ambassade de France et du Consulat ont été renforcés avec notamment la disposition de containers maritimes autour de ces lieux.

Seuls 445 Français sont inscrits sur le registre des Français résidant au Pakistan et une trentaine d’entreprises. La plupart d’entre eux n’ont pas suivi la recommandation des autorités et sont restés sur place. « Nous sommes en contact avec des gens de l’ambassade et des Français qui vivent sur place. Pour l’instant aucun de nos amis français n’ont prévu de quitter le territoire et nous ne le ferons pas non plus. Pour l’instant », ont expliqué sur leur compte Instagram Camille et Illiès, des youtubeurs français qui se trouvent actuellement au Pakistan. « De toute façon, on est habitués à faire profil bas ici », a commenté anonymement un Français au Pakistan à France Info, « On évite tous les lieux où il y a de la foule, tous les lieux notamment religieux. »

Le ministre de l’Intérieur Sheikh Rashid Ahmed s’est voulu rassurant lors d’une conférence de presse, affirmant que « tout est sous contrôle » et que « tous les Français sont en sécurité ici ».

 

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Adèle Hourdin

Adèle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale en janvier. Elle est diplômée d'un master de journalisme et a vécu deux ans au Sénégal pendant son enfance.
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