Le voyageur vit un véritable paradoxe : continuer à découvrir une planète dont le changement climatique menace précisément les paysages et les destinations qu'il vient admirer. Peut-on voyager autrement en 2026 ?


Alors, peut-on voyager autrement en 2026 ? La question n'est plus théorique. En 2025, les onze dernières années ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Et les prochaines années ne devraient pas marquer de pause : l'OMM estime à 80 % la probabilité qu'au moins une année entre 2025 et 2029 dépasse le record de chaleur établi en 2024.
Pour le tourisme, les conséquences sont déjà visibles. Vagues de chaleur, incendies, sécheresses, inondations, cyclones ou manque d'eau peuvent modifier l'expérience d'un séjour, perturber les transports ou rendre certaines zones temporairement inaccessibles. Mais le changement climatique ne signifie pas qu'il faudrait renoncer à voyager. Il oblige plutôt à faire évoluer la question « Où partir ? ». Voici six réflexes à adopter pour voyager autrement en 2026.
Choisir sa destination en fonction du climat… mais aussi de la saison
Avant de réserver, regarder les températures habituelles ne suffit plus. Il faut aussi s'intéresser aux risques d'incendie, aux épisodes de sécheresse, aux restrictions d'eau ou aux phénomènes météorologiques extrêmes. Des informations utiles et mises à jour - par pays - sont disponibles sur Conseils aux voyageurs du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Cherchez la période où les risques climatiques sont statistiquement les plus faibles. Vous voyagez avec de jeunes enfants ? La chaleur extrême peut devenir un critère déterminant. Vous partez faire de la randonnée ? Les incendies, les restrictions d'accès aux espaces naturels et la sécheresse doivent entrer dans votre réflexion. Vous rêvez de vacances balnéaires ? La température de l'eau, les tempêtes, l'érosion côtière peuvent être des éléments à surveiller. Ces nouvelles données dans l’équation des vacances peuvent conduire à décaler un voyage de quelques semaines, voire à partir au printemps ou à l'automne plutôt qu'au cœur de l'été.
Voyager en dehors des mois les plus chauds peut permettre de profiter davantage d'une destination tout en réduisant son exposition aux fortes chaleurs. Voici les conseils de l’OMS pour faire face justement à ces pics de chaleur.

Le « slow travel » a un avantage écologique évident....
Est-ce bien indispensable de se déplacer en avion ?
En France, l'ADEME indique que 79 % des départs en vacances des Français se font en voiture, contre 11 % en train et 6 % en avion. Mais en matière d'émissions de gaz à effet de serre liées aux transports touristiques, la voiture représente 53 %, contre 44 % pour l'avion. Maintenant que cette information est donnée, l’idée n’est pas de culpabiliser.
Train, transports collectifs, vélo ou marche : chaque fois que cela est réaliste, ces solutions permettent de réduire l'empreinte environnementale du voyage. Vous pouvez calculer l’impact carbone des moyens de transport. En France, les véloroutes sont disponibles ici. En France toujours, vous pouvez prendre de nombreux transports alternatifs comme le TER. On peut aussi privilégier le train lorsque cela est possible ou choisir une destination plus facilement accessible pour s’éviter des correspondances.
Sans avion, l'évasion responsable : les alternatives bas carbone pour vos vacances
Pour un Français installé à Shanghai, Montréal ou Buenos Aires, le voyage aérien peut être difficilement évitable pour rentrer en France ou retrouver sa famille. La question écologique ne peut donc pas être réduite à une injonction simpliste : « ne prenez plus l'avion ». Mais les habitudes peuvent évoluer comme faire un long voyage plutôt que plusieurs courts séjours…
+1 900 % de réservations : le train propulse ces destinations sous les projecteurs...

La règle du « plus loin, mais moins souvent »
Il est possible de réfléchir à la fréquence des déplacements et à leur durée. Un voyage de trois semaines dans une région, avec plusieurs étapes terrestres, peut remplacer plusieurs escapades aériennes de quelques jours. Le « slow travel » a un avantage écologique évident : mieux vaut parfois un seul voyage long que plusieurs escapades nécessitant chacune un transport longue distance.
L'ADEME rappelle que les transports font partie des postes importants de l'empreinte carbone individuelle et met à disposition un outil permettant de comparer les émissions selon les modes de déplacement. et quand le choix du transport n’est pas possible, il y a toujours celui de la fréquence.
Voyager pour dormir : paradoxe ou nouvelle tendance du tourisme ?

Respecter les restrictions locales, ne pas sous-estimer les risques
Lorsqu'une région interdit l'accès à une forêt ou limite certains usages de l'eau, il ne s'agit pas d'une simple contrainte administrative. Ces règles peuvent être essentielles à la sécurité des habitants et des voyageurs. Référez vous aux Conseils aux voyageurs au moindre doute. En Espagne par exemple le 24 juillet 2026 a été publié cette information :
“Les ressortissants français, résidents et de passage, sont invités à suivre les informations communiquées par l’agence nationale de météorologie - AEMET (https://www.aemet.es/fr/portada) - et les consignes des autorités, en particulier le ministère de l’Intérieur et la Protection civile (sur les réseaux sociaux @interiorgob et @proteccioncivil et le site internet https://www.proteccioncivil.es/). Ces réseaux sociaux et ce site internet contiennent également des recommandations sur la conduite à tenir en cas de canicule, afin de réduire les risques pour la santé. Il convient d’éviter les zones concernées par un incendie visibles en activant le filtre « Feux de forêt » sur Google Maps ainsi que sur le site https://incendiosespaña.es/ . En cas de danger, contacter le 112.”
Les plus grands incendies de l’histoire récente de l’Espagne
Un mégot, un barbecue ou une étincelle peuvent suffire à provoquer un départ de feu. En France, 9 feux de forêt sur 10 sont d'origine humaine et la moitié sont liés à une imprudence, rappelle Service-Public.fr. 80 % des feux de forêt et de végétation se déclenchent à moins de 50 mètres d’habitations. 90 % des maisons détruites lors des feux de forêt ne sont pas, ou sont mal, débroussaillées. Si vous êtes à l’origine de l'incendie d'un bois, d'une forêt ou de landes, vous encourez des sanctions pénales.
Pour les Français qui partent à l'étranger, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères recommande de consulter les Conseils aux voyageurs et de s'inscrire au Fil d'Ariane, qui permet de recevoir des alertes en cas d'événement majeur sur le lieu de séjour. Le Quai d'Orsay rappelle que ses recommandations sont actualisées en fonction de l'évolution des risques. Au delà des voyages, le climat va entrer dans la danse du choix de l’expatriation.
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