Les résultats de l’enquête internationale PISA 2025 ont été publiés mardi 8 septembre 2026. En France, les résultats du niveau d’éducation dans des matières comme les mathématiques, la lecture ou encore les sciences n’ont jamais été aussi bas depuis 2000.


L'enquête PISA ne publie pas de classement spécifique pour les écoles françaises à l'étranger. En effet, le classement concerne les systèmes éducatifs nationaux des pays participants, et non des réseaux d'enseignement particuliers hors de France, par exemple.
Tous les trois ans, L’OCDE, une organisation internationale publie l’enquête PISA. Un rapport qui évalue les compétences des élèves de 15 ans dans plusieurs pays, pour comparer les différents systèmes éducatifs. Pour cette édition, environ 6,500 élèves français issus de 289 établissements ont participé aux évaluations.
En mathématiques, la France obtient 458 points, contre 469 pour la moyenne des pays évalués par l’OCDE. Elle se classe ainsi à la 34ème place sur 91 pays. En compréhension de l’écrit, elle atteint 456 points et se situe à la 28ème place et en 27e position en sciences avec 483 points. Le recul est particulièrement marqué depuis 2022 : les résultats français ont diminué de 16 points en mathématiques, de 18 points en lecture et de 4 points en sciences. L’OCDE estime qu’une différence de 20 points correspond approximativement à une année de scolarité.
Les meilleurs élèves en mathématiques de moins en moins nombreux
Mais la baisse du niveau touche aussi les meilleurs élèves, de moins en moins nombreux. En mathématiques, seuls 5 % des élèves français atteignent les niveaux 5 et 6, considérés comme les plus élevés dans l’échelle PISA, contre 11 % en 2015.
Dans le même temps, la proportion d’élèves en grande difficulté augmente. Selon les données présentées dans l’enquête, des niveaux de maîtrise des niveaux sont classés pour évaluer les élèves français. Du niveau 3 à 5, les compétences sont globalement acquises. Dans le rapport de 2025, 36 % des élèves français se situent sous le niveau 2 en mathématiques, contre 16,6 % en 2003. La baisse touche également la compréhension de l’écrit. La part des élèves les plus performants est passée de 13 % en 2015 à 5 % en 2025. Pour Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE, les élèves français rencontrent notamment davantage de difficultés face aux exercices nécessitant de la concentration, de la réflexion et la lecture de textes longs.
Education: les résultats des élèves français au test Pisa n'ont jamais été aussi bas (OCDE)
Un recul qui interroge le système éducatif français
Ces résultats ne concernent pas uniquement les performances scolaires. Ils soulèvent également la question des moyens et du fonctionnement du système éducatif français. L’OCDE souligne notamment l’augmentation des établissements confrontés au manque d’enseignants : en 2025, 45 % des chefs d’établissement déclarent rencontrer des difficultés liées au manque de professeurs, contre 17 % en 2015.
L’implication des parents dans le suivi scolaire apparaît également en recul. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a de son côté évoqué une « alerte collective », en pointant notamment la consommation massive des réseaux sociaux, l’utilisation récréative du téléphone dans les établissements et le recul du suivi parental.
La France reste toutefois dans la moyenne de l’OCDE dans les trois matières évaluées. Mais la tendance demeure préoccupante : en dix ans, les performances françaises ont fortement diminué, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Une situation qui relance le débat sur les méthodes d’enseignement, l’accompagnement des élèves et la capacité du système scolaire à faire progresser à la fois les élèves en difficulté et les plus performants.

Les pays asiatiques dominent le classement
À l’échelle internationale, les pays et territoires asiatiques occupent les premières places du classement. Le score moyen des élèves de 15 ans en sciences à Singapour était de 560 points au test PISA. Le Japon (avec 538 points) et la Chine (avec la meilleure note de 597 points) figurent parmi les meilleurs élèves. Plusieurs autres pays ont d’excellents résultats tels que Taïwan, l’Estonie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande se distinguent aussi par leurs bons résultats.
À l’inverse, la France reste dans la moyenne de l’OCDE, mais se situe loin des pays les plus performants en mathématiques, avec une moyenne de 482 points contre 469 pour la moyenne de l’OCDE.
En mathématiques, la République dominicaine figure parmi les pays les moins performants avec 361 points en sciences, loin derrière la moyenne de l’OCDE. Les Philippines (avec 373 points en sciences) et le Kirghizistan (avec 363 points en sciences) figurent également parmi les derniers du classement.
La réponse du ministère de l'éducation face à la baisse du niveau des élèves
Face à ces résultats, le ministère de l’Éducation nationale a publié un rapport de l'enquête avec plusieurs mesures pour tenter d’améliorer le niveau d'éducation. Pour la rentrée 2026, l’objectif est de faire progresser la France de 20 points d’ici la prochaine enquête en 2029. Ce qui est l’équivalent d’une année d’apprentissage, pour revenir parmi les pays les plus performants de l’OCDE. Dès les vacances de la Toussaint 2026, les familles recevront un document d’une page présentant les principaux objectifs d’apprentissage pour que les enfants réussissent leur année.
Le ministère prévoit également de renforcer la formation des enseignants, avec 72 heures de formation entre 2026 et 2030, dont 24 heures consacrées aux mathématiques, 24 au français et 24 dans d’autres domaines, dont les sciences. Afin d’encourager l’ambition, le concours général du collège pour les élèves de troisième est mis en place, à partir de la rentrée 2026. Les élèves peuvent s’inscrire dans l’une des différentes matières individuelles (mathématiques, sciences, français et culture générale, histoire-géographie, arts plastiques et informatiques). Les prix seront remis dans chaque académie, et un palmarès départemental pourra être organisé. Pour la première année, le concours sera proposé aux collèges volontaires. Chaque collège peut inscrire jusqu'à 10 % de ses élèves de troisième.
Sur le même sujet





























