L’association française Unu Mondo, créée en 2020 à La Rochelle, sensibilise les jeunes aux enjeux climatiques à travers une expédition unique. À bord du Northabout, voilier expert des mers polaires, ils relient science, éducation et engagement en escales clés comme la Guadeloupe et New York. Leur mission est d’éveiller les consciences et d’inspirer un avenir durable.


Début janvier 2025, l’équipage d’Unu Mondo quittait La Rochelle à bord du voilier polaire Northabout pour une expédition climatique transatlantique. Margot, chimiste bio-inspirée, Tobias, cofondateur engagé, Guillaume, bénévole passionné par l’océan, ont mené des ateliers scientifiques de Lisbonne à la Guadeloupe, avant une escale marquante à New-York, du 20 au 24 juin 2025. De retour à Brest, Guillaume revient sur les temps forts de cette odyssée climatique.

Pouvez-vous nous présenter l’association Unu Mondo et nous expliquer quel est l’objectif principal de votre expédition ?
L’association Unu Mondo a été créée en 2020 à La Rochelle, avec pour ambition d’agir concrètement auprès du grand public, et plus particulièrement des écoles primaires, sur les questions environnementales et climatiques. Notre objectif initial était de sensibiliser et de transmettre, en mêlant sciences, éducation et engagement, autour des enjeux liés aux océans et au climat.
« Cette année, notre expédition à bord du voilier Northabout s’inscrit dans cette démarche. Partie de La Rochelle courant janvier 2025, elle a pour but principal de créer un lien vivant entre les réalités du changement climatique et les jeunes générations. »

Sollicités par des étudiants de l’École normale supérieure (PSL) pour les accompagner dans une étude des mangroves en Guadeloupe, nous avons élargi notre action en organisant, à chaque escale, des ateliers pédagogiques destinés aux enfants de 6 à 14 ans. Ces ateliers se divisent en deux volets : d’une part, les « apprentis scientifiques », qui découvrent les grands équilibres climatiques et océaniques à travers des maquettes et des récits concrets ; d’autre part, les « apprentis explorateurs », qui s’immergent dans la vie à bord du voilier, avec ses contraintes de navigation, d’alimentation et d’énergie.

Pouvez-vous nous détailler le parcours de votre expédition et expliquer le choix de vos différentes escales ?
Notre expédition a démarré à La Rochelle, base de notre association Unu Mondo.. Après une escale stratégique à Lisbonne pour se réapprovisionner, nous avons traversé l’Atlantique via les Canaries, cruciales pour faire le plein d’eau et de vivres pour notre équipage.
« La Guadeloupe, cœur de notre mission, nous a permis d’appuyer une étude sur les mangroves tout en sensibilisant les jeunes aux effets concrets du réchauffement climatique : températures en hausse, blanchissement des coraux et montée des eaux menacent cet écosystème fragile. »
Du 20 au 24 juin 2025, notre escale à New York a été une étape symbolique où nous avons diffusé notre film pour élargir notre message.
Enfin, nous avons poursuivi jusqu’à Saint-Pierre-et-Miquelon, où nous avons projeté ce documentaire, renforçant encore ce lien entre mer, climat, culture et transmission.
« Chaque étape de ce parcours est une occasion unique de sensibiliser, d’apprendre, et de construire ensemble une vision plus claire et solidaire des défis climatiques qui nous concernent tous. »

Qu’est-ce qui rend le voilier Northabout si exceptionnel pour votre expédition ?
« Le Northabout est un voilier vraiment exceptionnel. C’est le seul bateau à avoir fait deux fois le tour de l’Arctique. »
Construit en 2020 par des professionnels passionnés, c’est un bateau de 15 mètres en aluminium, idéal pour résister et “fléchir” face aux glaces.

Son moteur fonctionne à 100 % au biocarburant, ce qui s’inscrit parfaitement dans notre démarche écoresponsable. Ce bateau est conçu pour l’exploration dans des conditions extrêmes, et son histoire unique en fait un véritable symbole de résilience et d’innovation pour notre expédition.

Comment organisez-vous votre quotidien à bord, notamment en navigation, pour gérer les différents climats et assurer une vie à la fois rigoureuse et respectueuse de vos engagements environnementaux ?
« À bord, notre quotidien est rythmé par un système de quarts très strict. La nuit est découpée en plages de deux heures, et chacun se relaie pour assurer la navigation. Ce rythme impose discipline et vigilance, indispensables en mer, surtout face aux changements de climat entre zones polaires et tropicales. »

En journée, la liberté est plus grande, mais l’organisation reste essentielle. Chacun a ses responsabilités, sinon rien ne fonctionne. Notre bateau est végétarien, sans viande ni poisson, et nous utilisons un carburant écologique, l’HVO, pour réduire notre impact. Cette rigueur s’inscrit dans notre démarche globale, que nous voulons montrer accessible et positive, loin de toute contrainte punitive. C’est cette philosophie que nous partageons avec les enfants et le grand public.

Comment se passe votre relation avec les populations locales lors de vos escales, notamment dans les Caraïbes ou en Nouvelle-Écosse ?
Nous avions quelques contacts francophones, des amis de la famille des membres de l’équipage, mais très vite, la curiosité autour du bateau nous a permis de rencontrer d’autres personnes. Dans ces petits ports, tout le monde se connaît, et l’arrivée du voilier suscite beaucoup d’intérêt.
« En Guadeloupe, nous avons réussi à organiser nos ateliers en allant à la rencontre des écoles, ce qui a été un vrai succès. »

Quel message aimeriez-vous transmettre à un public international concernant le réchauffement climatique et l’engagement écologique, notamment pour dépasser l’idée d’une écologie punitive ?
Il faut garder ces enjeux en tête, même s’ils semblent loin de notre quotidien. L’écologie, ce n’est pas seulement des contraintes ou des sacrifices, c’est aussi des gestes simples et accessibles qui font la différence. L’important, c’est de se demander ce qu’on veut vraiment préserver pour la planète.
« Il ne faut pas sombrer dans la déprime, car l’action collective et les rencontres redonnent de l’espoir. Mais sans engagement politique fort, le changement sera limité. Chaque petit geste compte, mais il faut aussi que les décisions publiques suivent. »
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