L’insulation, Siège 7A,Kim Ji-Young : D’un continent à l’autre, ces récits plongent les lecteurs dans des réalités différentes. À l ’occasion de la Journée mondiale du livre, qui a lieu ce mercredi 23 avril 2026, la rédaction propose une sélection de lectures coups de cœur.


Siège 7A, un thriller construit comme un compte à rebours, un huis clos glaçant signé Sebastian Fitzek
Dans Siège 7A, Mats Krueger, psychiatre installé à Buenos Aires, embarque pour Berlin avec l’espoir de renouer avec sa fille, dont il est éloigné depuis des années, à l’occasion de la naissance de son enfant. Mais quelques minutes après le décollage, il reçoit un appel glaçant : sa fille a été enlevée.

Pour la sauver, il doit manipuler psychologiquement une hôtesse (aussi une ancienne patiente) et provoquer le crash de l’avion. Pris au piège dans ce huis clos à plusieurs milliers de mètres d’altitude, Mats n’a aucune échappatoire. Chaque choix qu’il fait met en balance sa propre famille et la vie de centaines de passagers. Plus le vol avance, plus la pression monte, et plus les certitudes vacillent. Un avion, un ultimatum et aucune issue : l'auteur Sebastian Fitzek signe un thriller sous pression. Un thriller qui va à 900 km/h !
Née femme, obligée de vivre en homme : l’Enfant de sable, le roman déroutant de l’auteur franco-marocain Tahar Ben Jelloun
Sur une place de Marrakech, un conteur raconte une histoire qui intrigue autant qu’elle dérange. Celle d’Ahmed, élevé comme un garçon… alors qu’il est né fille. Pour préserver l’honneur de son père, son identité lui est imposée dès le départ, et avec elle, une vie entière construite sur un mensonge.
En grandissant, Ahmed finit par s’approprier ce rôle, jusqu’à aller trop loin : se marier, jouer pleinement ce qu’on attend de lui, quitte à se perdre complètement. Le récit devient alors de plus en plus flou, comme si même l’histoire ne savait plus vraiment où elle va (et c’est aussi ce qui fait sa force).

Mi-chemin entre conte et roman, Tahar Ben Jelloun plonge dans une société où les apparences comptent plus que tout, et où naître femme peut déjà être un destin. Un livre déroutant, parfois troublant, mais difficile à oublier.
L’insulation, Nouvelles de Singapour, recueil inédit de Julie Moulin et finaliste au Goncourt de la nouvelle
Avec L’insulation, Nouvelles de Singapour, sorti le 22 janvier 2026, l’auteure expatriée Julie Moulin transforme son quotidien singapourien et les expériences marquantes de ces dernières années en quinze nouvelles littéraires et fantastiques : “Je pars de la réalité quotidienne de Singapour mais ensuite je dérape. On glisse assez vite dans le fantastique et un sentiment d’étrangeté. Peut-être parce que beaucoup de choses nouvelles me paraissaient étranges, surtout au moment de la pandémie !” nous confiait Julie Moulin en mars 2026. L’auteure s’est aussi beaucoup inspirée de ses rencontres : “Pour la nouvelle “Le seuil de beauté”, que je dédie aux écrivains migrants de Singapour, un groupe de helpers que j’ai côtoyées, c’est vraiment leur vie et leur activité au sein de ce groupe qui m’ont inspiré ce texte.” Le livre est à découvrir absolument, d’autant plus que Julie Moulin figure parmi les 4 finalistes du Prix Goncourt de la Nouvelle… Résultat le 5 mai 2026.

Azadi, récit de la détention d’un Français au Liban
En pleine nuit, de violents coups résonnent contre la carrosserie de son van. En un instant, la vie de Benjamin, touriste français en voyage en Iran, bascule irréversiblement. Arrêté par les autorités de la République islamique, malmené lors d’un simulacre de procès, il est accusé d’espionnage puis plongé dans un isolement qui durera de longs mois.

Ballotté d’une prison à l’autre, coupé du monde par la barrière de la langue et privé de tout contact avec ses proches, Benjamin doit apprendre à tenir. Durant les trois années de sa détention, il s’accroche aux seules ressources qui lui restent : penser, imaginer, se souvenir.
Face à des conditions de détention inhumaines, proches de la torture, à l’isolement imposé, à l’absurdité d’un régime totalitaire et aux épreuves comme les grèves de la faim, son récit dépasse le simple témoignage. Il devient un hommage à ses proches, au peuple iranien, et une affirmation tenace de la liberté.
Libération de deux Français détenus en Iran, quatre autres toujours emprisonnés
Kim Ji-Young, née en 1982 : un roman féministe signé Cho Nam-Joo
Kim Ji-Young vit à Séoul avec son mari et leur fille. Un jour, elle parle avec la voix d’autres femmes. On la retrouve alors enfant, à peine née, et on la voit grandir à travers plusieurs étapes importantes de sa vie. Chacune de ces étapes (les débuts à l’école, l’université, la recherche de travail, l’arrivée de sa fille) sont ponctuées d’injustices sexistes, reflétant la place de la femme dans la société sud-coréenne.

L’autrice coréenne, Cho Nam-Joo dénonce un sexisme ancré dans la société et presque imperceptible, à travers des scènes du quotidien et l’expérience de plusieurs femmes. Paru en 2016 en Corée du Sud, il a été adapté en film en 2019. Ce roman aborde une cause en la rendant accessible à travers une histoire. Des chiffres ponctuent parfois le récit, apportant une touche de concret. Ce roman cherche à éduquer et à rassembler.


























