À l’occasion du 8 mars, les sénatrices écologistes Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier alertent sur les difficultés rencontrées par les Françaises établies à l’étranger pour accéder à leurs droits. Accès à l’IVG, santé reproductive, lutte contre les violences : elles appellent le gouvernement à agir pour garantir une véritable égalité entre toutes les Françaises.


Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, est un jour de convergence mondiale des combats féministes. C’est l’occasion de parler des droits des Françaises établies à l’étranger.
Un peu plus de la moitié de nos 3 millions de compatriotes vivant à l’étranger sont des femmes, touchées par des difficultés particulières pour accéder à leurs droits dans les près de 200 pays où elles ont choisi de s’installer. Dans un monde où les droits des femmes restent inégalement protégés, quand ils ne sont pas directement piétinés par certains États ou gouvernements, il est temps de célébrer les victoires de ces dernières années, mais aussi de dresser la longue liste des combats qu’il nous reste à mener.
Un accès aux droits reproductifs toujours insuffisant
Tout d’abord, les femmes françaises vivant à l’étranger font face à des défis majeurs pour accéder à leurs droits reproductifs, d’autant plus que des reculs significatifs ont lieu dans le monde, notamment aux États-Unis. Aujourd’hui, 40% des femmes en âge d’avoir des enfants vivent dans des pays qui restreignent ou interdisent l’avortement. Deux ans après l’entrée du droit à l’avortement dans notre Constitution, la France doit user de son influence diplomatique pour que le droit à disposer de son corps et notamment de bénéficier d’une IVG soit accessible partout et pour toutes les femmes.
Cela suppose aussi de garantir ce droit pour les Françaises de l’étranger. C’est tout l’objectif de la proposition de loi que les sénatrices écologistes Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier ont déposé au Sénat pour faciliter la délivrance de soins aux Françaises de l’étranger pour des IVG médicamenteuses, créer des annuaires de praticien·nes pour chaque pays, ou encore inclure l’avortement dans les motifs sanitaires de rapatriement.
Au-delà de l’IVG, l’accès aux soins de santé reproductive demeure difficile pour de nombreuses Françaises expatriées. Une couverture insuffisante de la contraception, de la maternité et du suivi gynécologique, ainsi que l’inadaptation des assurances privées aux coûts locaux, exposent certaines femmes à des frais très élevés, voire à un renoncement aux soins. Cette situation crée une rupture d’égalité entre les femmes vivant en France et celles établies à l’étranger et un risque pour les enfants nés ou à naître. Garantir les droits reproductifs implique donc de renforcer la protection sociale afin qu’aucun parcours de santé ne devienne un risque financier.
Dans la même logique d’égalité des droits, la proposition de loi sur la procréation médicalement assistée (PMA) vient corriger une anomalie juridique qui pénalise particulièrement les couples de femmes. L’impossibilité de réaliser la reconnaissance de filiation depuis l’étranger crée de fait une discrimination inacceptable. La solution proposée par les Écologistes, permettrait d’effectuer cette démarche auprès des services consulaires au même titre que toutes les autres demandes de filiation.
Lutte contre les violences sexistes et sexuelles : des progrès à venir ?
En novembre 2025, grâce au combat des parlementaires écologistes, la Loi introduisant la notion de consentement dans la définition du viol a été définitivement adoptée. Malgré ce progrès, les Françaises de l’étranger restent particulièrement vulnérables aux violences sexistes et sexuelles comme en témoignent notamment de nombreux récits d’agressions et viols commis à l’étranger. Cela s’explique par des facteurs de risque spécifiques, tels que leur dépendance économique, leur isolement social, les barrières linguistiques et la méconnaissance du Droit local. Or, ces victimes à l’étranger ne disposent pas des mêmes ressources de protection et d’accompagnement par les autorités françaises que leurs compatriotes vivant sur le territoire national.
Pour faire progresser ces droits, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier ont déposé une proposition de loi afin de mettre en place des mesures spécifiques pour lutter contre ces violences conjugales, intrafamiliales, sexistes, sexuelles à l'étranger. L’objectif est notamment d’instaurer des équivalents dématérialisés des outils d’accompagnement qui existent en France, dont la formation des agent·es consulaires à l’accueil de victimes, la mise en place du dépôt de plainte dématérialisé, la création d’une plateforme d’écoute et d’information pour les victimes de violences à l’étranger, ou encore l’extension de l’aide financière d’urgence aux Français·es de l’étranger victimes de violences.
Nous demandons au Gouvernement d’Emmanuel Macron, lui qui avait fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause de son quinquennat, d’avoir le courage de mettre ces textes à l’agenda. Pour que nos responsables politiques répondent à notre appel, nous devons toutes et tous nous mobiliser en signant la pétition en faveur de cette proposition de loi.
Pour que les droits des femmes soient vraiment universels
Les droits des femmes doivent être défendus dimanche, mais aussi tous les autres jours de l’année. De même, le 8 mars est l’occasion, notamment par ces lignes, de mettre la lumière sur les luttes des Françaises de l’étranger, mais celles-ci doivent être portées au quotidien avec courage et ambition.
Les 50 premières signatures :
- Mélanie Vogel - sénatrice écologiste des Français·es établi·es hors de France
- Mathilde Ollivier - sénatrice écologiste des Français·es établi·es hors de France
- Laetitia Bert - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Canada
- Audrey Leclerc - conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger - Europe centrale
- Léa Charlet - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Belgique
- Charlotte Minvielle - candidate aux élections consulaires - Royaume-Uni
- Catherine Blanche - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Chili
- Margaux Isler - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Suisse
- Ana Saint-Dizier - conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger - Péninsule ibérique
- Catherine Libeaut - conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger - Benelux
- Marie-Ange Amico - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Italie
- Marion Herrera - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Norvège, Islande
- Lalla-Ilham Chadi - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Suisse
- Aude Guichard - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Tchéquie
- Stéphanie Lepczynski - déléguée consulaire - Belgique
- Océane Legrand - candidate aux élections consulaires - Suède
- Delphine Gozillon - candidate aux élections consulaires - Suisse et Liechtenstein
- Julie Cazier - candidate aux élections consulaires - Allemagne
- Hélène Hurteau - candidate suppléante aux élections consulaires - Nigeria
- Armelle Müller - candidate aux élections consulaires - Autriche, Slovaquie, Slovénie
- Claire Bourquard - candidate aux élections consulaires - Pays-Bas
- Armelle Champetier - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Brésil
- Catherine Burgeat - candidate aux élections consulaires - Suisse
- Anju Musafir - candidate aux élections consulaires - Inde, Bangladesh, Népal, Sri Lanka
- Saliha Ouammar - conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger - Europe centrale
- Caroline Brunel - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Australie
- Clémentine Blachère - candidate aux élections consulaires - Suisse
- Iulia Deltor - candidate aux élections consulaires – Roumanie
- Averil Huck - candidate aux élections consulaires – Tchéquie
- Camille Raffin-Weinlein - conseillère des Françaises et Français de l’étranger – Allemagne
- Zoé Bezpalko - candidate aux élections consulaires – États-Unis
- Marie Yılmaz - candidate aux élections consulaires – Turquie
- Daphné Repain - candidate aux élections consulaires – Équateur
- Marie-Emmanuelle Moquet - candidate aux élections consulaires – Danemark
- Xavière Farrer Hutchinson - candidate aux élections consulaires – Royaume-Uni
- Malika Rabia - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Costa Rica, Honduras, Nicaragua
- Nathalie Astruc - candidate aux élections consulaires – Canada
- Elsa Santander - candidate aux élections consulaires – Mexique
- Cindy Falquet - candidate aux élections consulaires – Suède
- Eugénie Tazé-Bernard - candidate aux élections consulaires – Pérou
- Natacha Blisson - conseillère des Françaises et Français de l’étranger - Norvège, Islande
- Barbara Bessac-Khelifi - candidate aux élections consulaires – Royaume-Uni
- Anaïs Marin - conseillère des Françaises et Français de l’étranger – Pologne
- Marie-Julie Jacquemot - candidate Volt aux élections consulaires – Allemagne
- Marion Giraldou - conseillère des Françaises et Français de l’étranger – Cuba, Jamaïque, Panama
- Ismérie Pajot - candidate aux élections consulaires – République dominicaine
- Laure Duquenoy - candidate aux élections consulaires – Danemark
- Armelle Baillan - candidate aux élections consulaires – Allemagne
- Géraldine Guillemot-Peacock - conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger – Asie, Océanie
- Angelina Martinez – déléguée consulaire – Espagne
- Laurence Penny - candidate aux élections consulaires – Irlande
- Marie Auriac - candidate aux élections consulaires – Irlande
- Léa Marco - candidate aux élections consulaires – Algérie
- Kathleen Day - candidate aux élections consulaires – États-Unis d’Amérique
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